Le pays prend conscience qu'il faut agir pour enrayer le flot des violences faites aux femmes.L'Afrique du Sud est connue pour son fort taux de viols, l’un des plus élevés au monde. C’est également dans ce pays que se produisent des crimes violents en masse.
Pourtant, la nation Arc-en-ciel commence à réaliser
la gravité de la situation, rapporte le site d’analyse humanitaire Irin.
Cette prise de conscience collective est due à un crime
particulièrement brutal. Le 2 février 2013, Anene Booysen, une jeune fille de
17 ans, décède à l’hôpital après avoir été violée et violemment battue.
Cette agression sauvage a marqué les esprits de Bredasdorp,
une ville rurale de 27.000 habitants située à environ 200 kilomètres du Cap.
Symptomatique du problème des violences sexuelles en Afrique du Sud, cette
affaire a attiré l’attention des médias et des politiciens.
Ennui et malaise social
Selon la police locale interrogée, les agressions sont
principalement dues à l’alcool. Les habitants de Bredasdorp sont pauvres et
désœuvrés: ils trouvent un exutoire dans l’alcool et c’est dans ces conditions
que les pires dérives surgissent, souligne l’article.
Dans la plupart des cas d’agressions sexuelles recensés par
la police locale, la victime et l’agresseur se connaissent et sont tous deux
sous l’emprise de l’alcool. D’après Irin, les femmes sont réticentes à porter
plainte dans de telles circonstances, notamment lorsque l’agresseur est un
proche ou que la famille de l’agresseur a acheté leur silence. La police estime
donc que la majorité des cas de viol n’est pas portée à sa connaissance.
En plus du manque d’activité, qui pousse les garçons à
fréquenter les bars et autres lieux alcoolisés, Irin évoque également le
malaise social qui règne dans l'ensemble du pays. Le taux d’abandon scolaire
est très élevé, entre 60% et 70% car les perspectives d’emploi sont minces, les
familles monoparentales sont nombreuses…
Dans ces conditions, les jeunes hommes développent une
mauvaise perception de la femme: ils ont un père absent ou violent, dont ils
auront souvent tendance à reproduire le comportement. Le reportage d'Irin
évoque aussi un accès trop facile à la pornographie, qui véhicule une image
erronée des femmes.
Certaines ONG locales, comme Hands On, travaillent dans
l’optique d’offrir un accompagnement à ces jeunes désœuvrés, que ce soit pour
leur fournir une figure paternelle ou un plan pour poursuivre leur scolarité,
détaille l’article.
Changement de mentalités
Mais ces initiatives manquent encore de moyens. Il n’y a que
deux travailleurs sociaux pour toute la municipalité. Les ONG se plaignent de
l’insuffisance des fonds publics accordés au développement des jeunes et à la
prévention des abus, déplore Irin.
Mais la mort tragique d’Anene Booysen pourrait faire évoluer
la situation: un foyer d’hébergement pour les victimes de violences liées au
genre est en projet et le ministère de l’Enseignement supérieur a investi 10
millions de rands (environ 800.000 euros) dans un centre de développement et
d’acquisition des compétences, qui portera le nom d’Anene Booysen, en hommage à
la jeune fille assassinée.
En plus de ces actions positives, une responsable de la
municipalité de Bredasdorp sollicitée par Irin note surtout un changement de
mentalité: les victimes osent enfin parler, les citoyens s’impliquen t davantage dans la sécurité… Et de
conclure:
«Je crois que
Bredasdorp est devenue la conscience de l’Afrique du Sud»(Slateafrique)

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