A la tête d’un pays post-conflit et président en exercice de la Francophonie et du Comesa, le Raïs congolais aurait mieux fait de se trouver parmi ses pairs, soutiennent les observateurs.
C’est hier mardi 02 avril 2014 que s’est ouvert à Bruxelles,
capitale de la Belgique, le quatrième sommet entre l’Union européenne et
l’Afrique où treize pays de l’UE et douze pays du continent noir étaient
attendus. Pour leur part, le président français François Hollande et la
chancelière allemande Angela Merkel sont depuis hier sur place à Bruxelles.
Cette réunion est co-présidée par le président François Hollande, le président
du Conseil européen Herman Van Rompuy et le président mauritanien Abdel Aziz,
qui est également président en exercice de l’Union africaine.
Qu’est-ce qui est au centre du Sommet UE/Afrique à Bruxelles
? « J’ai proposé une alliance entre nos deux continents, autour de trois enjeux
: la sécurité, donc la paix, mais aussi le développement, donc la croissance,
et enfin l’environnement, donc le changement climatique », indique François
Hollande. Les africains, quant à eux, même s’ils veulent bien parler de tout
(sécurité, de prévention des crises, d’immigration), mais ils voudraient
surtout que l’Europe augmente sensiblement ses investissements en Afrique. La
République centrafricaine pourrait bénéficier de l’aide supplémentaire pour
l’empêcher de sombrer encore plus dans la violence.
KABILA LE GRAND ABSENT A BRUXELLES
Si, pour les présidents sud-africain, zimbabwéen et
soudanais, on ne se faisait guère de doute que leurs chaises soient vides,
c’est surtout l’absence du président de la RD Congo, Joseph Kabila, qui
surprend au sommet de Bruxelles. Car, jusque hier soir, rien ne renseignait sur
son voyage en Belgique. C’est finalement tard dans la nuit que des sources
confiaient à Forum des As que le Raïs ne serait pas présent au Sommet de
Bruxelles où il serait représenté par le ministre des Affaires étrangères et de
la Coopération internationale Raymond Tshibanda déjà sur place. Ce dernier
avait même pris part à la réunion des ministres de l’UE/Afrique.
Outre Joseph Kabila, l’absence de trois autres chefs d’Etat
africains était déjà connue. Il s’agit du sud-africain Jacob Zuma, du
zimbabwéen Robert Mugabe et du soudanais du nord Omar El-Bechir. « Il est temps
qu’on arrête de nous traiter comme des sujets et qu’on nous dise qui peut venir
et qui ne doit pas venir » , indiquait Zuma le week-end dernier au sujet de la
polémique sur la liste des invités. El-Bechir étant sous mandat d’arrêt
international lancé par la Cour pénale internationale c’est quelqu’un d’autre
qui a reçu l’invitation. Pour sa part, Robert Mugabe, comme pour donner sa
position, avait déjà appelé au boycott du sommet UE/Afrique.
LA RDC RATE UNE BELLE OPPORTUNITE A BRUXELLES
Pourquoi n’a-t-il pas fait le déplacement de Bruxelles,
s’interroge l’opinion tant nationale qu’internationale s’agissant du président
de la RDC doublé de président en exercice de la Francophonie (OIF) et du Comesa
(un marché commun de libre échange en Afrique australe et orientale). Sans être
dans le secret de Dieu, on peut tout de même dire que le chef de l’Etat rd
congolais a d’autres impératifs d’Etat, un agenda qui ne lui permet pas de
prendre part au sommet UE/Afrique qui se clôture ce jeudi 03 avril 2014 à
Bruxelles, capitale du Royaume de Belgique. Il ne pouvait en être autrement.
Toutefois, de l’avis de bon nombre d’observateurs, la
présence de Joseph Kabila, dans le contexte actuel, serait requise pour lui
permettre de faire passer son message. Non seulement en sa qualité de la RDC,
un pays post-conflit qui doit en finir avec les groupes armés écumant l’Est,
mais aussi en sa double qualité de président en exercice de la Francophonie et
du Comesa, sans oublier que la RCA est voisine à la RD Congo qui y a envoyé un
contingent militaire. Surtout que, dans des rencontres comme celle de Belgique,
les contacts des coulisses constituent aussi des atouts en dehors de la
grand-messe parce qu’ils permettent de discuter avec le dieu plutôt qu’avec ses
anges.
LES ATTENTES DE L’EUROPE ET DE L’AFRIQUE A BRUXELLES
Apparemment, Européens et Africains ne semblent pas du tout
parler le même langage au Sommet de Bruxelles. « Nous ne sommes pas venus
mendier à Bruxelles… mais pour explorer avec nos partenaires les pistes pour
vite nous développer et eux, mieux résister à la crise », affirmait hier un
chef d’Etat africain. En réaction à cette déclaration, le président du Conseil
européen a préféré, quant à lui, répondre par un proverbe « si tu veux aller
vite, vas tout seul… si tu veux aller loin, allons ensemble ». Tout un message
face aux attentes des Africains s’appuyant sur le dernier sommet tenu à
Tripoli, en Libye.
Pour Alpha Condé, le président guinéen, ce Sommet doit faire
passer le message que l’Afrique « a plus besoin de coopération économique et
d’investissements que d’aide ». Car, le Sommet de Libye avait débouché sur une
stratégie de partenariat et un plan d’action avec l’ambition d’accroître les
investissements, les échanges commerciaux et les projets économiques conjoints.
Mais, indique-t-on, sa mise en œuvre a été lente, en partie à cause des
troubles nés des printemps arabes puis du terrorisme qui s’est installé dans
nombre de pays.( mediacongo)

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