Cameroun : Paul Biya ou la gouvernance par le mépris ?

La récente affaire « Vanessa Tchatchou » qui a secoué le landerneau médiatique ces derniers jours est à bien des égards symptomatique des tares dont souffre le Cameroun d’aujourd’hui.
L’affaire « Vanessa Tchatchou » qui secoue le landerneau médiatique ces derniers jours est à bien des égards symptomatique des tares dont souffre le Cameroun d’aujourd’hui. De l’irresponsabilité politique de quelques fonctionnaires grabataires passant leur temps à pérorer sur des projets qui ne voient jamais le jour à la déchéance sociale de nos concitoyens qui n’autorise visiblement plus l’indignation collective, les faits divers de ce pays ne sont plus que la métaphore d’une société en voie de dislocation.
Cette décrépitude générale s’est tellement développée dans le corps social qu’elle s’est banalisée. Les Camerounais la vivent mais ils ne la voient plus. Ils la subissent mais ils ne la sentent plus, donnant l’impression d’être parés d’une armure qui leur permet d’affronter les hérésies du quotidien avec l’indifférence d’un enfant qui peine à croire en l’avenir. Que ce soit Vanessa Tchatchou, terrée à l’hôpital de Ngousso depuis 6 mois ou Bibi Ngota, mort dans les geôles de la prison de Kondengui, les affaires qui font la une des médias au Cameroun démontrent surtout d’une chose, fondamentale : le mépris total affiché par nos dirigeants pour les revendications populaires.


Quand les médias dévoilent une affaire de détournement de fonds ou des actes deconcussion, le gouvernement reste généralement de marbre. Un marbre empreint de dédain. Du dédain quand un journaliste meurt en prison dans des conditions discutables, qu’aucune responsabilité n’est engagée et que le Ministre de la communication peut déclarer, sourire hagard à la télévision, « il est mort du sida ». Du dédain encore quand une jeune femme, mineure, de 17 ans, se fait voler son enfant dans un hôpital et que la Ministre des affaires sociales, dans sa seule intervention sur le sujet, peut affirmer sans vergogne qu’« il n y a pas d’enfant volé ». Et du dédain, toujours, quand le Cameroun s’embrase en février 2008 à cause d’aspirations légitimes au mieux vivre, que des jeunes camerounais meurent sous les balles du BIR et que le chef de l’État, sans adresser de condoléances aux familles, n’y voit que des « délinquants » à la solde d’ « apprentis sorciers tapis dans l’ombre ».
Source:Bonaberi

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