Cameroun : Code électoral - Le pouvoir se rétracte

Après des débats vifs avec les parlementaires, l’exécutif a retiré son projet de texte pour le proposer en session extraordinaire, en principe, jeudi. 
La journée d’hier n’a pas été de tout repos pour le gouvernement et pour les députés de la majorité. Dans la matinée, le groupe parlementaire du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) et certains ministres ont échangé au Palais des congrès de Yaoundé au sujet du projet de loi portant code électoral, lequel a été déposé lundi, c`est-à-dire à 48h de la fin de la session ordinaire de mars. Sans particulièrement entrer dans le fond, les parlementaires du Rdpc, de sources concordantes, ont signifié au gouvernement qu’il n’était pas possible d’examiner et d’adopter le texte proposé en si peu de temps. 

Mais, soulignent des élus de la majorité, « ce texte présente beaucoup d’incongruités qui méritent d’être corrigées ». les points de frictions identifiés « en première lecture » sont l’instauration du mandat impératif, « en contradiction avec la Constitution » et le montant des cautions qui semble faire l’affaire des riches, même si un député Rdpc rapporte que « deux camps se sont affrontés sur cette question, parmi les députés ». 

La tenue de cette rencontre au Palais des congrès et le volume des divergences qui ont résulté ont repoussé à plus tard l’examen du texte par la commission des lois constitutionnelles. Cet examen qui devait débuter à 16h a commencé trois heures plus tard au Palais de l’Assemblée nationale. C’est après le passage du ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation, René Emmanuel Sadi, devant les députés de cette commission, eu égard aux réserves soulevées par les députés, que le gouvernement décidera de retirer le projet de loi sur le code électoral, officiellement pour des contraintes de temps, pour le proposer en session extraordinaire. Une session qui pourrait être convoquée, sauf changement ultime, pour le jeudi 5 avril prochain. 


Mais déjà, demain à 10h, l’on annonce la séance plénière de clôture de la session ordinaire de mars. La question fondamentale est maintenant de savoir si le gouvernement n’a pas confondu vitesse d’exécution et précipitation dans l’introduction de ce texte de loi attendu depuis 20 ans par la représentation nationale ? Doit-on penser que le gouvernement a voulu tenter le passage en force et que les députés, qui gardent encore en travers de la gorge le maintien du délai de prorogation de leur mandat de six mois renouvelable, ont tenu à prendre leur revanche. En un mot comme en mille, les deux parties semblent dorénavant s’épier au gré de leurs intérêts. 
Source:Camerounlink

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