48 heures après la censure qu`il a subie à Canal 2 International, dans le cadre de l`émission de grande écoute «L`Arène», Sam Mbendè n`a pas hésité à se confier au Messager. «Depuis 2004, nous sommes dans une sphère de déséquilibre régional et qui dit déséquilibre régional, je pèse mes mots, on prépare de plus en plus une guerre civile au Cameroun.»
48 heures après la censure qu`il a subie à Canal 2 International, dans le cadre de l`émission de grande écoute «L`Arène», qui n`a finalement pas été diffusée dimanche 1 er avril, à l`heure habituelle et où il était annoncé à grand renfort de publicité, Sam Mbendè n`a pas hésité à se confier au Messager. Dans un entretien à bâtons rompus, le président de la Cameroon music corporation (Cmc), dont le mandat à la tête de cette structure a expiré, revient en détails sur les vrais mobiles de la déprogrammation malheureuse d`un rendez-vous télévisuel qui focalise l`attention de nombreux téléspectateurs et les accroche de facto. Le père de «Rosita», dans sa verve habituelle, passe en revue la situation «chaotique» du droit d`auteurs au Cameroun, ses activités à l`Alliance panafricaine des auteurs compositeurs de chansons (Pacsa) dont il est par ailleurs, le porte-parole et à la Confédération internationale des sociétés d`auteurs et compositeurs (Cisac) où il est membre et unique représentant du Cameroun.
En fin observateur du landernau sociopolitique du triangle national, Sam Mbendè dit ce qu`il pense de l`avènement de la biométrie, de la refonte des listes électorales, de l`institution des bulletins uniques. Au passage, il assène un coup de massue sur le tribalisme au sommet de l`Etat qui renvoie aux calendes grecques, le fameux «équilibre régional». L`artiste né en 1960, estime que l`ère du «déséquilibre régional» qui sévit au Cameroun est porteuse des germes d`une guerre civile, de déstabilisation dans un pays jusque-là béni et pacifique. Last but not least, la carrière artistique de Sam Mbendè est revisitée à l`aune du silence qu`il fait délibérément perdurer dans le marché du disque. En rappel, après la sortie en 1999 de «Oh mama» contenant le tube «Rosita», Sam a annoncé à plusieurs occasions la parturition de «Glamour» qui finalement, si Dieu endurcit davantage le cœur de l`artiste courroucé par l`environnement «bordélique» du marché du disque, ne verra jamais le jour, et si tant est que, le statu quo ou le chaos persiste dans le microcosme du show biz camerounais.
Avec du recul vous avez sûrement compris pourquoi votre passage à l`émission L`Arène sur Canal 2 n`a pas été possible dimanche dernier?
Permettez-moi de dire que je pense que c`est un épiphénomène. Vous avez parlé dans votre journal de ce lundi (2 avril 2012, Ndlr) de colère. Mais en réalité quand vous m`avez appelé, il s`agissait plutôt d`une indignation puisque je ne comprends pas qu`on puisse manquer autant de professionnalisme. On ne peut pas passer les spots, annoncer en grande pompe une émission et puis c`est à la veille, à 24 heures de l`émission, qu`on vous annonce que l`émission est sanctionnée ou reportée quelles que soient les raisons. Deuxième chose, je n`ai pas demandé à passer à cette émission. Je ne fais pas une communication politique. C`est depuis janvier ou février que le présentateur Martial Bissog, me demande de passer à cette émission. C`est seulement au mois de mars que j`ai eu la disponibilité et j`ai programmé cela. J`avoue quand même que j`ai du mal à comprendre. C`est avec beaucoup d`indignation que j`observe un tel amateurisme. Je n’ai jamais vu ça de ma vie.
Vous pensez un seul instant que le contenu de ces échanges au cours de ce programme télévisuel aurait pu être de nature à créer un problème au près de qui que se soit dans ce pays?
Il y a quelque chose qui m`étonne. Je pense qu’à la veille avant que je ne passe à cette émission, il y a des opposants au régime de Paul Biya qui passent à l`émission tout le temps. Paul Biya et son épouse n`ont jamais pris le téléphone pour mettre la pression sur qui que ce soit pour que les personnes ne passent pas à la télé. Vous remarquerez qu`il est l`homme le plus critiqué du Cameroun et il laisse le mouvement démocratique se faire, que chacun s`exprime. Maintenant si vous êtes indexé dans une émission, il y a ce qu`on appelle droit de réponse, vous pouvez le demander; et puis cette émission à la limite, j`en suis l`un des géniteurs puisque je suis le premier à être passé à l`Arène avec Jules Domche. Nous voulions une émission courtoise, sans complaisance ou vous êtes dans l`arène. C`est un débat sur des problèmes qui vous concernent et non pas qui concernent les autres. Donc je ne viendrais pas à la télévision pour parler des autres et d`ailleurs je n`ai jamais parlé des autres. J`ai beaucoup de tares. Vous comprendrez que je suis incompétent en matière d`injures et d`invectives. Malheureusement je n`ai pas ce monopole-là. Ceux qui ont le monopole de la plaisanterie sont ceux qui ont peur que les autres s`expriment. Je m`exprime sur tous les sujets et librement. Je ne suis pas un acteur du droit d`auteurs ou de la culture du Cameroun. Je ne m`exprime pas dans cette optique-là. Donc l`émission censurée n`était pas une émission focalisée sur les problèmes de la culture encore que ma petite expérience que j`aurais à apporter et ma petite contribution étaient pour la résolution des problèmes qui concernent le Cameroun. Posons le problème de manière franche et proposons des solutions. Je pense pour ma part que j`ai le profil, j`ai des compétences et l`expertise à apporter dans le domaine de la culture au Cameroun. Personne ne pourra m`empêcher de parler et personne ne va me bâillonner.
Qu`est-ce que Sam Mbendè a sur le cœur et qu`il aurait aimé cracher dans L`Arène?
Il n`y a rien à cracher dans L`Arène puisque je ne savais pas qui serait en face de moi et les questions qu`on allait me poser. Vous ne venez pas dans L`Arène avec des prédispositions d`une guerre fût-elle intellectuelle. A la limite, c`est un débat qui se veut citoyen. Même s`il est fracassant, on veut la vérité. Les Camerounais veulent comprendre. Les téléspectateurs qui vous regardent veulent comprendre et veulent vous connaître, donc je ne viens pas avec des à «priori». Nous sommes en République et la République est une et indivisible. On nous dit que le Cameroun est un Etat de droit. On voulait débattre, mais malheureusement, il y en a qui veulent ramer à contre-courant. Les gens ne comprennent pas que le Cameroun a changé, et les actes que pose le chef de l`Etat ces derniers jours témoignent à suffire que nous sommes à la fin d`un processus. Il y a une forte urgence d`une nouvelle classe politique et qu`on le veuille ou non, le changement est irréversible.
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