Une dizaine de représentantes d’associations de femmes centrafricaines ont rencontré la ministre française déléguée chargée de la Francophonie, Yamina Benguigui, mardi 30 juillet, à Paris. Qui estime que la RCA doit revenir dans l'agenda diplomatique français.
C’est dans son bureau du Quai d’Orsay dans le centre de Paris, que la
ministre française déléguée chargée de la Francophonie, Yamina
Benguigui, a reçu une dizaine de femmes représentantes de plusieurs
associations centrafricaines, mardi 30 juillet. Pour la plupart issues
de la diaspora, c’est elles qui ont sollicité la rencontre. « Elles
m’ont contacté après mon déplacement au Burundi » [début juillet],
confie la ministre qui dit vouloir « mettre les droits des femmes au
centre de la Francophonie ».
Les représentantes d'associations se sont tour à tour exprimées.
Souvent émues, elles ont fait part de leur détresse, partagé leur
expériences, et relayé les
cas de violences quotidiennes dont sont victimes les Centrafricains
depuis l'arrivée de la coalition Séléka au pouvoir, fin mars. « Il y
a une semaine à Lobaye (sud-ouest), des hommes en armes ont ligoté
neufs enfants, réclamant une rançon pour chacun d’entre eux. Comme les
familles ne pouvaient pas payer, ils les ont tous tués », a ainsi
raconté l’une d’elles.
Cette rencontre, appuyée par le président François Hollande, était
également l’occasion pour la ministre de militer pour le retour de la
crise en Centrafrique
à son agenda diplomatique. « Cette crise, écrasée par les deux plus
gros conflits de la décénnie sur le continent africain (la RDC et le
Soudan), est un drame oublié. Il faut que la France monte au créneau
avec l'Union européenne. Nous devons être présents », estime-t-elle.
En tournée au Gabon, en RDC, au Burundi, au Congo-Brazzaville et en
Côte d'Ivoire du 6 au 12 juillet, « Yamina Benguigui a longuement évoqué
la situation centrafricaine avec Denis Sassou Nguesso et Ali Bongo
Ondimba », assure un de ses conseillers.
Aide logistique
Quel pourrait être l’engagement de la France, que les chefs d’États
d’Afrique centrale avaient déjà sollicité en mai ? Dans l’immédiat, il
devrait se limiter à une aide logistique aux troupes africaines, dans le
cadre de l'action européenne. Le Burundi, dont le président Pierre
Nkurunziza s’est dit prêt à envoyer 500 hommes dans le cadre de la force
de l’Union africaine, pourrait en être le premier bénéficiaire. « C’est
en discussion », assure le cabinet de la ministre. Pour Yamina
Benguigui, « la réunion du Conseil de sécurité de l'ONU en septembre à
New York sera un moment important ».
Au regard de l’attitude des autorités françaises depuis le début de
la crise, un engagement direct de la France est très peu probable. En
Centrafrique, pays symbole des dérives de la « Françafrique », Paris a
tenté d’appliquer sa nouvelle politique africaine. Lors des deux
offensives de la Séléka, François Hollande a refusé d’intervenir pour
sauver le régime de François Bozizé,
qui en avait fait la demande, et laissé le soin aux dirigeants
d’Afrique centrale, notamment à Idriss Déby Itno, de régler la crise.(Jeuneafrique)

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