Les secours sont toujours à pied d'œuvre dans le sud de l'Italie avec une intense mobilisation des services de l'Etat au large de l'île de Lampedusa. L'épave du navire qui a sombré jeudi 3 octobre gît maintenant par 47 mètres de fond.
On dénombre 111 morts ce vendredi mais le bilan devrait
s'alourdir au fil des heures car des centaines de personnes sont encore portées
disparues. Seuls 117 migrants ont pu être sauvés. Un deuil national a été
décrété par les autorités italiennes et plusieurs responsables politiques sont
attendus aujourd'hui à Lampedusa
Seule une poignée de migrants a pu être sauvée comme le
raconte cette navigatrice qui se trouvait sur zone au moment du naufrage :
«Nous étions sur le bateau, pour passer la nuit, la mer était belle et à un
moment mon compagnon m'a dit qu'il a entendu des cris... Nous sommes sortis sur
le pont et la mer était pleine, pleine de gens, dont les têtes émergeaient
comme des poissons... Nous avons essayé de les sauver au plus vite, et nous en
avons sorti 47 de l'eau... 46 hommes et une femme... Ils étaient tous vivants,
sains et saufs. Nous leur avons donné de quoi se vêtir, nous leur avons donné
nos vêtements, nous leur avons donné du lait... Il a fallu faire un massage
cardiaque à certains... En même temps nous avons appelé les secours, nous avons
lancé un SOS... Et puis les secours sont arrivés et ont fait le reste.»
Ce vendredi est «jour de pleurs» en Italie, comme l’a
déclaré le pape François en déplacement à Assise ce vendredi matin, d'autant
que les sauveteurs ont peu d'espoir désormais de retrouver des survivants,
confiait un porte-parole de la police à la mi-journée. Le pape a déploré
l’indifférence à l’égard de ceux qui «fuient l’esclavage et la faim pour
trouver la liberté, et trouvent en fait la mort comme à Lampedusa» rapporte
notre envoyé spécial à Assise Antoine-Marie Izoard. Plus largement, c’est
«l’esprit du monde» que le pape a fustigé à Assise, demandant en particulier à
l’Eglise de se dépouiller de la «mondanité spirituelle».
Plusieurs officiels se succèdent sur l'île, comme a pu le
constater notre correspondante, Anne Le Nir. Parmi ces personnalités, la
présidente de la Chambre des députés, Laura Boldrini, ancienne porte-parole en
Italie du Haut commissariat des Nations unies aux réfugiés, parmi d'autres
représentants du gouvernement et des institutions. Elle va se recueillir dans
le hangar de l’aéroport transformé en chapelle ardente et s’adresser ensuite à
la population.
Trois bateaux de pêcheurs suspects
Des témoins affirment que jeudi matin très tôt, trois
bateaux de pêche ne se seraient pas arrêtés au large de l’île de Lampedusa pour
porter secours aux migrants en détresse.
Une enquête a été ouverte. Il est possible que les pêcheurs
aient eu peur de poursuites judiciaires, car sur ce point il faut rappeler que
la loi sur l’immigration adoptée en 2002, encadre très strictement l’entrée des
étrangers et prévoit des sanctions lourdes pour ceux qui favorisent
l’immigration illégale.
Mais concernant l’île de Lampedusa et ses habitants, il faut
insister sur le fait qu’elle représente un exemple précieux d’engagement
solidaire envers les plus démunis.
D’ailleurs, depuis ces dernières heures, les sites Internet
des quotidiens italiens se font le relais de l’appel lancé par un reporter de
l’hebdomadaire l’Espresso, pour que le Prix Nobel de la Paix soit attribué à
l’île de Lampedusa.(rfi)
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