ON NE DEVIENT PAS RICHE EN CHOISISSANT D’ÊTRE SALARIE - EN AFRIQUE LES FAMILLES PAYENT DES FORTUNES POUR FAIRE ENTRER LES ENFANTS DANS LES ÉCOLES AUSSI PRESTIGIEUSES SOIENT-ELLES, MAIS D’OÙ ILS SORTIRONT DE PARFAITS SALARIES (esclaves).

Qu'est-ce qui a bien pu se passer dans la tête des camerounais qui dépensent 5.000.000 F pour corrompre des fonctionnaires pour que leurs enfants passent le concours d'entrée dans une école, d'où ils sortiront des fonctionnaires ? Trouver une place dans l'administration publique est le rêve de presque tous les jeunes camerounais.








Sauf que l'Etat n'a pas vocation à recruter les 10 millions de la population active camerounaise. Qu'importe, trouver une place au soleil comme fonctionnaire est un rêve.
Sauf qu'un jour la mauvaise nouvelle finira par tomber. C'est-à-dire qu'un salarié, fut-il un haut fonctionnaire de l'administration, ne peut pas devenir riche. Et c'est ici que commence la première salve de la confusion entre les caisses de l'Etat et celle de celui qui croyait avoir gagné la loterie nationale en devenant haut fonctionnaire. Mais jusque là, cela ne peut pas suffire pour toutes les dépenses que le rêve de devenir haut cadre avait fait germer et consolider comme un acquis auprès des proches et familiers. Et petit à petit, on devient "éperviable" parce qu'on n'aura pas compris une chose simple depuis le début de l'aventure professionnelle, c'est qu'un salarié reste un salarié et demeure le seul opérateur économique qui détruit tout son capital tous les mois. Et donc, ne peut pas devenir riche.
Je suis donc hautement surpris que dans un pays encore en construction, avec des opportunités interminables, pour le seul fait que rien ou presque n'a encore été construit et donc qu'il faut tout faire de zéro, qu'il y ait des jeunes qui passent des nuits sans sommeil pour trouver l'argent pour aller corrompre un autre frustré comme eux, qui a pris le bureau de l'Etat pour son centre personnel de recrutement.
La solution doit être radicale. Si à ce jour nous ne l'avons pas adoptée c'est parce que nous nous basons uniquement sur le modèle français où être fonctionnaire c'est une consécration et où aucun juge ne peut enquêter sur le train de vie des citoyens sans une requête de l'administration fiscale centrale, sans une requête venant du ministre de l'Economie et du budget.
Ailleurs dans le monde, de la Corée du Sud en Italie, en passant par la Suisse qu'on croit laxiste en matière fiscale, j'ai vu des brigades financières se poster sur l'axe centrale d'une route prise au hasard. Et stopper toutes les grosses berlines et voiture 4 x 4. Si le dernier revenu déclaré par son chauffeur ne permet par d'acheter une telle voiture, il descend et rentre chez lui à pied. Et démarre une enquête sur tout le train de vie de l'individu.
C'est la seule solution immédiate pour combattre les incivilités de certains frustrés qui confondent les caisses de l'Etat et leur compte bancaire. Dans certains pays, comme la Chine, il y a une solution encore plus radicale. Si un fonctionnaire est condamné pour corruption, tous ceux qui lui avaient donné de l'argent perdent immédiatement leur poste. Il est bien entendu qu'il est obligé de donner les noms de tous ceux qui l'ont corrompu, sinon, il est condamné à mort. Et ça marche.
Sur un autre plan, il faut tout faire pour que l'argent soit investi dans le pays. Et on peut donc traquer des individus pour les pousser à plus de patriotisme. Par exemple, il fut un temps où on nous annonçait pompeusement qu'un homme d'affaire chinois a acheté une bouteille de vin à l'aéroport de Paris à 25.000€. Mais ça, c'était avant. Désormais, les chinois sont encouragés à investir d'abord chez eux pour créer des emplois. Et lorsqu'il y a une telle dépense hors du pays, on est certain qu'on recevra la visite du fisc. Et du coup, ce genre de folie, tend à disparaitre.
Revenons en Afrique, au Cameroun avec nos fonctionnaires. La question fondamentale est : est-ce que les citoyens qui sont censé faire tourner la machine administrative ont un train de vie qui correspond à leurs revenus officiels connus ? Si tel n'est pas le cas, c'est que c'est la Mafia qui s'installe.
Quand un salarié paye 20.000 $ (10.000.000 FCFA) par semestre les études de son enfant dans une prestigieuse école à l'étranger et qu'à aucun moment personne ne lui demande d'où vient l'argent pour payer une telle somme durant tout le cursus universitaire, il est évident qu'on encourage les comportements frauduleux. Les incivilités ne se combattent pas seulement en punissant, mais en anticipant, en prévenant qu'elle ne débutent pas, et ce par des contrôles dissuasifs sur le porte-monnaie de chacun dès lors qu'il y a des dérapages.
Sans cela, le fonctionnaire se transforme en un dangereux prédateur, puisqu'il doit tirer sur tout ce qui bouge pour trouver les 10 millions de Francs tous les 6 mois. Et donc, il nuit terriblement au climat de sérénité dont ont besoin les vrais créateurs d'emplois, les industriels.
Dans tous les pays du monde, seule l'industrie crée et garantie les emplois de masse. Mais l'industriel plus que qui conque a besoin d'un climat serein. A la différence du commerçant, qui aussitôt le contenu de ses conteneurs vendus, peut prendre son argent et recommencer n'importe où, l'industriel a des installations lourdes et est donc là pour longtemps.
Voilà pourquoi, il est le plus frileux à s'installer dans un pays, surtout lorsqu'il a la moindre impression qu'il est en face des prédateurs qui sous prétexte d'un contrôle fiscal ne sont là que pour escroquer. Et du coup, on a beau faire la publicité sur les télévisions nationales et internationales pour vanter l'image du pays et attirer ou encourager les investisseurs d'abord nationaux, sans savoir que ce qui va compter aux yeux de ces potentiels investisseurs c'est l’honnêteté des personnes qui sont chargées d'administrer et entretenir avec eux les relations au quotidien.
En conclusion,
L'administration fiscale camerounaise, plutôt que de traquer les créateurs d'emploi dans ce pays, doit s'évertuer à traquer au préalable ses propres fonctionnaires. Un industriel peut cacher une partie de son argent, c'est normal. Mais comme on le fait dans le monde entier, des lois d'amnistie sont spécialement votées non pas pour les punir encore plus, mais pour les encourager à rapatrier leur argent et les pousser investir dans le pays. Il faut donc éviter de se tromper de cible et depriorité de cible. La première cible doit être de former un appareil étatique irréprochable et ceci ne sera jamais possible sans passer par une brigade spéciale si on veut, capable de traquer non pas les comptes bancaires, mais les trains de vie de chaque fonctionnaire. Il faut que le message soit clair et dissuasif : si on veut s'enrichir, ce n'est pas dans l'administration publique. Il y a le privé pour cela. Ainsi, on passera à nos jeunes le vrai message que leur objectif ne doit pas être de trouver un emploi, mais d'en créer eux-mêmes, de devenir des patrons, parce que c'est la seule et unique voie pour devenir riche.
Douala le 09/04/2015

Jean-Paul Pougala

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