Le Boston Consulting Group vient de publier une étude sur le rôle joué par plus de 150 entreprises dans la riposte contre Ebola en Afrique de l'Ouest. Le rapport préconise d'optimiser le soutien apporté par le secteur privé, afin d'en faire un levier efficace dans la gestion des futures épidémies.
Dans un
rapport publié le 5 juin, dans le cadre du World Economic Forum on Africa
organisé au Cap (Afrique du Sud), le cabinet international de conseil en
stratégie Boston Consulting Group analyse l’apport du secteur privé aux
initiatives publiques dans la lutte contre l’épidémie d’Ebola en Guinée, en
Sierra Leone et au Liberia.
L’étude se
concentre sur 200 initiatives « publiques-privées » répertoriées par les
Nations Unies et le groupe d’entreprises privées The Ebola Private Sector
Mobilization Group (EPSMG). Menacées économiquement par la perte d’activité
causée par l’épidémie, plusieurs entreprises se sont imposées comme des acteurs
de premier plan dans la gestion de la crise sanitaire.
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Voir aussi – Ebola : la mobilisation des bailleurs de fonds s’accélère
Selon les
statistiques fournies par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires
de l’ONU (OCHA) et EPSMG, citées dans ce rapport, plus de 150 entreprises ont
participé à la riposte contre l’épidémie depuis son déclenchement, au début de
l’année 2014. Le soutien apporté par le secteur privé s’est traduit à 75 % par
des financements et des dons de matériel. D’après les données de l’ONU
rassemblées par le BCG, les entreprises commerciales auraient fait don de 100 à
200 millions de dollars pour lutter contre la maladie à des ONG qui
répercutaient ces dons aux gouvernements. Une participation non-négligeable qui
gagnerait néanmoins à être optimisée.
Partenariat
public-privé
Le rôle des
entreprises dans la gestion des risques liés aux épidémies ne doit pas se
limiter à celui de donateur, estime le rapport qui cite en exemple les initiatives
menées par le sidérurgiste ArcelorMittal, au Liberia, pour informer et
sensibiliser les populations. Le groupe a également mis à contribution son
matériel pour construire des centres de dépistages et de traitement du virus
Ebola. À leur manière, des géants mondiaux tels que FedEx et Orange ont
contribué à l’effort contre Ebola, relève le BCG, qu’il s’agisse du transport
de palettes de médicaments ou dans la localisation des foyers infectieux à
travers l’analyse des données mobiles.
« Les 100 à
200 millions de dollars de dons [des entreprises privées] doivent être
multipliés 3 à 6 fois pour représenter la réalité de l’investissement des
entreprises pour endiguer la maladie, explique dans un courriel Mathieu
Lamiaux, directeur associé senior du BCG et co-auteur du rapport. Au-delà de
l’argent, les acteurs privés ont surtout apporté une aide en termes
d’expertise, de services rendus ou d’infrastructures mises à disposition à
l’échelle locale. Une aide qui représenterait finalement 20 % de l’aide totale à
Ebola ».
Le secteur
privé jouit d’une large gamme d’atouts (expertise, capacités logistiques, liens
avec les communautés locales) capables d’appuyer le travail du secteur public,
ajoute le rapport de BCG. Mais bien souvent, les gouvernements et organismes
d’interventions ne sont pas conscients du potentiel que représentent les
partenariats avec le secteur privé local.
Insistant
sur les apports d’un renforcement de la coopération entre les acteurs de ces
deux secteurs, le rapport préconise la mise en place de mécanismes de
collaborations préventifs dans les pays à risque. En optimisant ainsi leur
capacité à se coordonner, les opérateurs augmentent leurs chances de résister
économiquement en cas de crise sanitaire.
Source : Jeuneafrique

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