Les Etats-Unis ont accusé mercredi 10 février le gouvernement du Rwanda de chercher à « déstabiliser » le Burundi voisin en recrutant des réfugiés burundais pour les enrôler dans une opposition armée contre le régime du président Nkurunziza.
La semaine dernière déjà, sur RFI,
Tom Perriello, l'envoyé spécial des Etats-Unis pour les Grands Lacs, avait fait
état de « rapports crédibles » sur le recrutement de combattants dans les camps
de réfugiés. Cette fois, c'est devant la commission des Affaires étrangères au
Sénat américain que cela s'est passé.
Les Etats-Unis n'avaient jamais été aussi clairs. Tom
Periello évoque non seulement des « informations crédibles sur le recrutement
de réfugiés burundais dans des camps de réfugiés au Rwanda », mais il explique
clairement que l'objectif de ces recrutements est de « participer à des
attaques armées conduites par l'opposition burundaise armée contre le
gouvernement burundais ». Autrement dit, Washington accuse Kigali d'être «
impliqué dans des activités déstabilisatrices » pour le Burundi voisin, selon
les termes de la secrétaire d'État adjointe pour l'Afrique, Linda Thomas
Greenfield.
Dès janvier, les services de renseignements militaires
congolais pointaient le rôle présumé du Rwanda dans la formation de nouveaux
groupes rebelles burundais. RFI l'avait révélé. Et la semaine dernière, une
note confidentielle rédigée par un groupe d'experts indépendants pour l'ONU
confirmait ces craintes sur la foi de témoignages recueillis auprès de 18
réfugiés burundais, dont six mineurs, dans le territoire frontalier d'Uvira en
RDC. Ils disaient avoir été recrutés dans le camp de réfugiés de Mahama dans
l'est du Rwanda en mai et juin 2015, puis avoir reçu un entrainement militaire
de deux mois dans un camp en forêt rwandaise, avec 400 autres recrues. Une
formation assurée en partie par des militaires rwandais, selon ces témoignages.
A l'époque, Kigali avait tourné en ridicule ces accusations
sur Twitter sans répondre précisément sur le fond. Dans un communiqué rendu
public ce mercredi, la principale plateforme d'opposition en exil, le Cnared,
prend la défense du Rwanda et estime que ces accusations ne sont qu'une
opération de communication pour chercher à déstabiliser Kigali.(rfi)

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Chers intervenants,
Vous qui réagissez sur ce site , êtes priés de respecter certaines règles ; pas de propos à caractères : racistes, tribaux, antisémites ,xénophobes et homophobes, provocant à l’encontre des autres
Le non-respect de ces règles conduira à des sanctions ; l’effacement des messages sans avertissement et exclusion définitive du site.