BEAC: Entre modernité et défis

L’institution a annoncé un plan de modernisation sur les deux prochaines années, mais de nombreux défis semblent relayés au second plan
Le gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) a annoncé l’adoption d’un plan de modernisation de cette institution lors d’un déjeuner offert à la presse le 08 février 2012 dernier.

«Afin de poursuivre les réformes nécessaires en vue d’asseoir la bonne gouvernance et les bonnes pratiques des meilleures banques centrales à la BEAC, un nouveau plan dénommé Plan de réforme et de modernisation de la BEAC-Horizon 2013 a été élaboré et adopté par le conseil d’administration lors de sa session du 12 juillet 2011», a fait savoir Lucas Abaga Nchama. Le plan qui a été adopté après consultation du Fonds Monétaire International (FMI), un des partenaires de l’institution, porte sur les activités principales de la BEAC. Il s’agit notamment du renforcement des systèmes d’information comptable et de gestion budgétaire, la mise en place d’une véritable fonction d’audit interne, du développement d’un nouveau cadre et de nouveaux instruments de politique monétaire, du renforcement de l’expertise de la Banque en matière de gestion des réserves de change et enfin de l’amélioration des services offerts au secteur financier et aux trésors nationaux, notamment en matière de systèmes de paiement et de transferts hors de la zone d’Afrique centrale. Dans le même temps, en vue de sauvegarder la stabilité du système financier la BEAC semble prête à réformer sans tarder le cadre macro prudentiel et réglementaire et corriger rapidement les problèmes des banques d’importance systémique en difficultés, une prescription du FMI lors de sa mission d’évaluation effectuée en avril 2011

Malgré ces perspectives notables d’avancées, la BEAC doit cependant encore faire face à de nombreux défis pour prétendre occuper sa place de choix dans les orientations économiques de la sous-région. Certains des objectifs du plan de modernisation sont des réponses à ces défis. La formation des cadres à la gestion des réserves de change notamment peut être classée dans cette catégorie. Cependant les importants changements que l’institution a connu ces deux dernières années, cachent mal certaines limites. Le dernier rapport relatif à la situation de prix sur le marché camerounais montre à souhait que la politique monétaire reste solide vis-à-vis des indicateurs de performance, mais doit encore faire face à la volatilité des prix, ce qui est contraire à l’objectif recherché de la stabilité des prix. En 2011 fait savoir l’institut national camerounais de la statistique (INS), l’inflation au Cameroun a approché les 3% à 2,9%, le taux de convergence sous régional. Or le marché camerounais représente presque la moitié du marché sous régional. Cette situation qui ne semble pas inquiéter outre mesure est pourtant le fait d’un autre défi majeur de la BEAC, l’élargissement de l’octroi du crédit à l’économie. Certes l’octroi de ces crédits a augmenté pour atteindre en 2011 4 617 milliards de FCFA en 2011. Mais deux choses sont à remarquer, seuls de grosses entreprises parfois à capitaux totalement ou majoritairement étrangers, bénéficient de la grosse part de ces crédits. Les secteurs informels agricoles et non agricoles qui concentrent l’essentiel de la population active se trouvent lésés et condamnés à rester fermés dans un environnement peu productif, contraignant pour l’accumulation d’une épargne de longue durée et par conséquent rendent inefficace la politique monétaire de la BEAC sur la stabilisation des prix. Le gouverneur Lucas Abaga Nchama a promis une réflexion sur l’ensemble de ces sujets, à l’occasion de la célébration du quarantième anniversaire de l’institution. Une évolution à suivre.

Africapresse




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