Dans le village natal de Laurent Gbagbo, Mama, l'ambiance est à la méfiance. Passé le transfert à la CPI de l'ex-président et les législatives, les tensions s'apaisent. Mais restent bien présentes. Reportage.
À Mama, berceau de l'ex-président Laurent Gbagbo, à une trentaine de kilomètres de Gagnoa, dans la nouvelle région de Gôh (Centre-Ouest), Bertin Ouraga Kouassi, le chef du village, a trois obsessions : le retour en Côte d'Ivoire du « président Gbagbo », le départ des Dozos - une confrérie de chasseurs d'origine sénoufo - et la restitution de ses véhicules, que des militaires des Forces républicaines de Côtes d'Ivoire (FRCI) lui auraient pris lorsqu'ils ont « envahi » le village, le 30 mars 2011.
Les dernières législatives ? Il n'a pas voté, suivant ainsi les consignes du Front populaire ivoirien (FPI). Volontairement dans son cas. Quant aux autres Bétés du village ou de la circonscription électorale, difficile de savoir s'ils se sont abstenus spontanément. « Les militants du FPI étaient postés près des bureaux de vote. Une manière de dissuader ceux qui auraient eu envie d'y entrer », confie un habitant de la commune de Ouaragahio, à laquelle sont rattachés Mama et dix autres villages. Reste que si nombre de Bétés regrettent leur ex-président, ils ne soutiennent pas tous le FPI.

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