L'espace Schengen pourrait être remis en cause en cas de fortes pressions migratoires en direction de l'Union européenne. Une mesure extrême qui sera soumise à des conditions très strictes, selon les dirigeants européens.
Il
s'agit d'une "mesure extrême, dont la mise en oeuvre est
soumise à des conditions très strictes", assurent les
dirigeants français et allemands qui l'ont réclamée.
"Nous
avons accepté le compromis présenté par la présidence danoise car
il permet de faire face à des situations graves qui peuvent
arriver", a expliqué le ministre français de l'Interieur
Manuel Valls, citant en exemple les possibles conséquences de la
crise en Syrie.
"La
situation à la frontière gréco-turque montre que l'on a besoin
d'un mécanisme d'action très claire dans l'espace Schengen", a
pour sa part souligné la ministre autrichienne de l'Intérieur
Johanna Mikl-Leitner.
Les
Etats ont déjà la possibilité de rétablir temporairement des
contrôles à leurs frontières nationales pour des raisons de
sécurité et d'ordre public. La Pologne vient de le faire pour
l'Euro-2012 de football.
Mais
rien n'était prévu en cas de pression migratoire incontrôlable
entraînant une défaillance dans le contrôle d'une frontière
extérieure de l'Espace, comme c'est le cas actuellement en Grèce.
L'accord
déplait à la commissaire européenne en charge des Affaires
intérieures Cecilia Malmström. "Ce n'est pas un mécanisme
européen", a-t-elle dénoncé. "Cet accord nous met à la
merci de pressions populistes" dans les Etats, a-t-elle ajouté.
Le P arlement européen a égalementdénoncé la décision "unilatérale" des ministres de
l'Intérieur. "La libre circulation dans un espace sans
frontière intérieure est un des piliers de l'UE", a affirmé
le président du Parlement européen, Martin Schulz.
"Face
à des situations de crise, à des situations exceptionnelles, les
Etats membres de Schengen doivent pouvoir retrouver leur
souveraineté", a répondu le ministre français. Il a également
souligné que "dans de tels cas, les Etats doivent décider
ensemble, pas de manière unilatérale".
"L'accord
donne à la Commission le rôle qui doit être le sien, faire des
propositions, et il préserve les compétences des Etats dans des
domaines qui sont très sensibles", a-t-il ajouté.
"La
décision finale reste aux Etats membres, parce que nous sommes
responsables de la sécurité de nos citoyens. C'est très important
pour tous les ministres de l'Intérieur", a pour sa part insisté
le ministre de l'Intérieur allemand Hans-Peter Friedrich.
L'accord,
dont l'AFP a obtenu copie, prévoit un mécanisme d'évaluation pour
prévenir les crises et la possibilité pour les Etats membres de
Schengen de rétablir des contrôles à leurs frontières nationales
"pour une durée de six mois pouvant être prolongée de six
mois supplémentaires", "lorsque le contrôle d'une
frontière externe de l'Espace n'est plus assuré à cause de
circonstances exceptionnelles".
"Cela
doit être en tout dernier ressort, une fois que tout ce qui a été
tenté pour remédier à la situation a échoué, et il doit s'agir
de circonstances exceptionnelles", a insisté Mme Malmström.
Manuel
Valls, socialiste, a déploré l'instrumentalisation de ce débat par
le précédent gouvernement. La proposition de rétablir de façon
temporaire les frontières intérieures avait en effet été réclamée
par l'ancienne majorité de droite pour lutter contre "l'Europe
passoire" .
Cet
argument a constitué un des axes de campagne de l'ancien président
conservateur Nicolas Sarkozy, qui a demandé à pouvoir agir
unilatéralement et menacé de faire sortir la France de Schengen
s'il n'obtenait pas satisfaction.
Source:France24

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