Il faut une loi électorale de compromis, si le régime veut éviter une insurrection populaire. C’est le message que « Sauvons le Togo » a voulu passer. Il a réussi. Les Togolais, massivement, ayant fait savoir, avec une admirable ténacité, qu’ils soutiennent le collectif, contre les malignes entreprises du pouvoir.
Peu s’en est fallu pour que le 12 juin 2012 soit un 5 octobre 1990. Depuis son palais, le tyranneau de village, Faure Gnassingbé, a dû sentir que les Togolais sont sortis de leurs gongs, que son pouvoir ne peut pas, indéfiniment, avoir le dernier mot. Le fondateur de UNIR, comme prévu, a réagi avec les méthodes du RPT, donnant une raison de plus aux Togolais de demander son départ.
Les événements qui secouent Lomé, depuis quelques jours, sont suffisamment graves pour que le chef de l’état s’exprime, tempère les ardeurs de ses troupes et rassure le peuple. Il ne sait pas le faire et il ne l’a pas fait. Par ignorance ou par mépris. Certainement, beaucoup plus par incompétence. Faure Gnassingbé, pour sauver le reste de son mandat( ?) et, peut-être sa peau, devra rapidement appeler à des assises nationales sérieuses, sincères, en raison de la gravité de la situation, des multiples écueils qui risquent de dégénérer et plonger le pays dans le chaos.(...)
Pour les Togolais, en tout cas, c’est une extrême affliction de constater que ça ne tourne pas rond dans la tête de leur président. Celui qui est parvenu, dans le sang, au sommet de la République par un douloureux accident de l’histoire et qu’on considère comme le premier coupable des crimes ayant endeuillé de nombreuses familles en 2005, allègrement, veut, sans aucune gêne, installer la peur qui lui permette de se tailler sur mesure, en octobre, une Assemblée Nationale. Tous les moyens sont bons : le manipulateur agréé, Bodjona, déroule, dans la foulée, l’idée du dialogue, le paravent que le système sait si bien planifier et alterner avec des actes de vandalisme et de terreur qu’il fait exécuter par ses propres miliciens : « on n’a jamais assez de dialogue ; le chemin vers la consolidation de la démocratie et de l’Etat de droit passe inévitablement par le dialogue ».
(..)Il y a besoin d’un leader de grandes qualités, un homme courageux et honnête, désireux de s’aménager une place dans l’histoire. Loin s’en faut, Faure n’est rien de tout cela. Il se confirme, au fil des ans, par les actes qu’il pose dans sa nocive capacité de prédateur de la démocratie et, plus dramatique encore, son avidité à faire verser le sang de ses concitoyens. Les Togolais ont raison de demander son départ. Poussons donc le tyranneau vers la sortie, ici et maintenant.(...)
Les Togolais ont trop souffert. Extrêmement ! Ayant épuisé toutes leurs attentes, ils n’en peuvent plus de rester passifs et voir, sans rougir, les mêmes manipulateurs, les mêmes fossoyeurs, les mêmes criminels leur imposer les règles du jeu politique. C’est pourquoi, cette fois-ci, ils veulent que les députés soient élus et non parachutés, c’est-à-dire des gens à qui l’exécutif, par d’habiles manipulations, arrange des sièges à l’Assemblée Nationale. (...)
« L’impossible n’est pas si impossible, si on reste fidèle à ses convictions, si on reste à l’écoute de ses instincts », nous enseigne le funambule américain, Nik Wallenda, qui vient de rentrer dans l’histoire en réalisant l’exploit de traverser, sur un fil, les chutes du Niagara. S’il y a un message à adresser au collectif « Sauvons le Togo », au peuple togolais et à tous ces jeunes opprimés avides de lumières, luttant contre l’obscurantisme, attachés à la démocratie, aux libertés publiques et aux droits de l’homme, c’est bien celui-là !
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