Ghana - Après Atta-Mills, la symphonie des "John" se poursuit au Ghana


Telle une main invisible qui prend soin d’un ordre soigneusement établi depuis que le Ghana s’est ancré dans l’ère démocratique, un nouveau John va y prendre la place d’un autre ! L’histoire des John au sommet du Ghana est peut-être une pure coïncidence ; mais derrière elle, il existe bel et bien une élégante continuité dans la gestion des affaires étatiques. 

 



Depuis 1992, le Ghana est rentré de plain-pied dans l’ère démocratique, grâce essentiellement au courage et à la vision politiques de John Jerry Rawlings, capitaine d’aviation de son état qui a organisé une présidentielle libre et ouverte à la pluralité des expressions. M. Rawlings venait de "balayer" une série d’officiers véreux qui s’étaient illustrés jusque-là dans une mauvaise gouvernance criarde. Si le Ghana est aujourd’hui un modèle sur le plan politique et économique dans toute l’Afrique noire, c’est en gros à partir des bases jetées par ce métis ghanéen. Depuis 1992 aussi, l’histoire politique du Ghana détonne en Afrique en étant intimement liée aux « John ».

Après la gouvernance Rawlings (1992-2000), a suivi l’ère Kufuor (2000-2008) ; un nouveau John qui aura eu le mérite de taper du poing sur la table fin 2008-début 2009, quand un quiproquo a failli naître autour des résultats de la dernière présidentielle ghanéenne en date. Président sortant à l’époque, M. Kufuor n’avait pas hésité à rappeler à l’ordre Nana Akufo Addo (le candidat de la Cpp, son parti) en sifflant la fin de la contestation électorale par les perdants (Cpp) et en appelant tous les Ghanéens à regarder dans la même direction : celui du développement. Avec M. Kufuor, le Ghana a accru en huit ans son parc routier et en infrastructures de base. Un renforcement indirect des acquis socio-politiques du passage de Jerry Rawlings au « Presidential Palace ».

Cap fut alors mis par le peuple ghanéen sur la gouvernance Atta-Mills, le troisième « John » chef de l’exécutif dans cet Etat de l’Afrique occidentale. Sous la férule de M. Mills, professeur de droit, le Ghana est rentré dans l’ère de la production de l’or noir, sans pour autant enfanter les malédictions et divisions ethniques nées de l’exploitation de cette ressource minière, comme dans plusieurs Etats d’Afrique occidentale.

Une somme d’héritages qui a bâti la réputation du Ghana auprès de multiples multinationales panafricaines ou occidentales et qui devrait être protégée par le quatrième « John » de cette symphonie politique : John Dramani Mahama, ancien vice-président du regretté Mills, élu sur le ticket présidentiel en 2008 en même temps que le chef de l’exécutif qui vient d’aller ad patres… A quand le prochain « John » ?
Par Edem Gadegbeku-© 2012 Afriquinfos

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