1. Le lien avec la BelgiqueDans son discours au cimetière militaire américain de Waregem, le président américain a loué la Belgique comme « partenaire fort et fiable », rappelant les deux guerres mondiales et les interventions en Afghanistan et en Libye.
Barack Obama a qualifié notre pays d’un des « partenaires
les plus proches des États-Unis ». C’est une phrase toute faite qu’il a souvent
prononcée dans d’autres pays, encore lundi aux Pays-Bas, mais il est vrai que
ces dernières années les relations entre Bruxelles et Washington se sont
améliorées après quelques « crises », notamment l’opposition du gouvernement
Verhofstadt à l’invasion de l’Irak en 2003.
En outre, Obama a prouvé qu’il connaît notre histoire.
Ainsi, il a évoqué le courage de « Brave little Belgium ». Le terme historique
remonte à la Première Guerre mondiale quand le roi Albert Ier a refusé
l’ultimatum de l’empereur allemand pour revendiquer le statut neutre belge.
Par ailleurs, le président a remercié le personnel du
Flanders Field American Cemetery and Memorial (situé en territoire américain)
et le peuple belge de prendre soin du cimetière.
Enfin, Obama a commencé son discours au Bozar par une
salutation dans les trois langues et une plaisanterie sur « la facilité d’aimer
le pays connu pour sa bière et son chocolat ».
2. Pas de place pour la Flandre
La visite éclair d’Obama s’adressait clairement à la
Belgique et aux institutions européennes. Il n’y avait pas de place pour les
états fédérés dans le programme. Mardi soir, le président américain a été
accueilli à Zaventem par le premier ministre Elio Di Rupo (PS) et le roi
Philippe. Hier, ce sont eux qui ont guidé Obama au Flanders Fields American
Cemetery and Memorial à Waregem. Au grand dam de plusieurs politiques flamands,
le ministre-président flamand Kris Peeters (CD&V) n’a pas été convié à la
cérémonie.
3. Coopération avec l’Europe
Que Bruxelles ait dû attendre si longtemps la visite
d’Obama, président depuis plus de cinq ans, est considéré par de nombreux
observateurs comme preuve du déplacement de l’attention de Washington vers le
Moyen-Orient – surtout la Chine et l’Inde. Obama semble à présent désireux de
changer de stratégie.
Après le sommet américano-européen, le président a couvert
l’Union européenne d’éloges. « L’Europe est le partenaire proche des
États-Unis, l’UE est la pierre angulaire de l’engagement américain dans le monde
» a déclaré Barack Obama.
Il a encore ajouté qu’il avait pleinement confiance en la
réussite des négociations sur l’accord de libre-échange entre les États-Unis et
l’Europe destiné à favoriser la croissance économique des deux côtés de l’Océan
Atlantique.
Il a même tenté de rassurer les critiques de l’accord de
libre-échange. « Personne ne doit s’inquiéter des provisions pas encore
reprises dans les textes. Nous ferons tout pour ne pas affaiblir, mais au
contraire renforcer la protection du consommateur et de l’environnement ».
Cet accord permettrait à L’Europe d’importer de l’énergie
meilleur marché depuis les États-Unis et par conséquent de réduire sa
dépendance au gaz russe.
4. Avertissement à Poutine
Par ailleurs, le conflit avec la Russie occupait une place
importante dans l’agenda. Près de 80 pour cent du contenu des discours d’Obama
tenus dans notre pays traitait de ce qui s’est passé en Ukraine ces derniers
mois. L’Union européenne et les États-Unis confirment qu’ils ne reconnaissent
ni n’acceptent l’annexion de la Crimée par Moscou. Les deux partis ont menacé
d’isoler la Russie diplomatiquement et économiquement si elle ne change pas de
cap. Obama : « On peut arriver à une désescalade par voie diplomatique, mais si
la Russie continue à agir comme elle le fait, elle se retrouvera encore plus
isolée ».
Dans son discours au Bozar, Obama a également fustigé
Poutine. « Aucune quantité de propagande ne compense ce dont le monde sait que
c’est une erreur ».
5. Son côté humain
Si Obama est l’homme le plus sécurisé de la planète et que
son programme chargé laissait peu de place à la détente, il a pris le temps de
s’entretenir plus longuement avec certaines personnes, entraînant un retard
dans son programme.
Impressionné par sa rencontre avec Obama, le bourgmestre de
Waregem Kurt Vanryckeghem (CD&V) était une de ces personnes. « C’était une
rencontre cordiale. Le président s’est montré intéressé et nous a remerciés
pour les bonnes relations entre la ville de Waregem et le cimetière militaire
». Di Rupo a également déclaré qu’Obama était « facile de contact ». « Il est
très sympathique et me fait un peu penser à Bill Clinton. Lui aussi était très
à l’aise avec les gens » a ajouté le premier ministre.
Laura Hemmati du département européen de Leadarise, une
organisation qui forme des jeunes femmes à devenir des leaders, a eu l’honneur
d’introduire le discours du président américain. « Avant de monter sur le
podium, elle m’a dit de ne pas être nerveux » a plaisanté l’homme le plus
puissant du monde.(levif.be)

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