Depuis deux semaines, le vainqueur des législatives, le leader nationaliste flamand Bart De Wever, a bien du mal à trouver une coalition gouvernementale.Bien sûr, il sera difficile de faire aussi bien – façon de parler - que la dernière fois, en 2010-2011, quand il avait fallu 541 jours pour former un gouvernement.
Mais la Belgique craint d’être face à une nouvelle crise institutionnelle qui pourrait la paralyser pendant de longs mois encore.
La journée d’aujourd’hui devrait donner un aperçu des difficultés à surmonter dans les semaines à venir. Ainsi le grand vainqueur des législatives qui se sont tenues le 25 mai, le leader nationaliste flamand Bart De Wever, se présentera tout à l’heure devant le roi Philippe.
Ce dernier lui avait donné la main il y a deux semaines, lui demandant de chercher les conditions de la formation d’une coalition gouvernementale. Quatorze jours plus tard, on ne peut pas dire, à entendre les éditorialistes du pays, qu’on ait beaucoup progressé sur le chemin de cette fameuse coalition gouvernementale. Certains se demandent même si on n’a pas au contraire reculé, au vu des derniers développements de la très compliquée vie politique belge, qui rendrait presque simple à côté le fonctionnement de l’Union européenne.
Un petit résumé des forces en présence s’impose. La N-VA, le parti nationaliste flamand de Bart de Wever, a un but affiché : former une grande coalition des droites flamandes et wallones, pour chasser du pouvoir son ennemi désigné, le PS francophone d’Elio Di Rupo. Ce dernier, sentant le vent mauvais, a tenté de reprendre la main en annonçant jeudi dernier une alliance au niveau régional avec le parti du centre francophone, le CdH, que la N-VA draguait au niveau fédéral. Au niveau régional ?
C’est là qu’on arrive au point où les maux de tête arrivent : comme si les choses n’étaient pas assez compliquées, les partis politiques belges négocient en effet au même moment non seulement au niveau national, mais aussi au niveau des Régions qui ont gagné des pouvoirs très importants au fil des différentes réformes institutionnelles belges.
Avant le scrutin du 25 mai, le consensus général était qu’on essayerait de discuter en même temps à ces deux niveaux, afin de faciliter les choses. Le mouvement tactique du PS wallon a changé la donne, et la N-VA a annoncé dans la foulée une alliance pour le gouvernement de Flandres avec les chrétiens démocrates de la CD&V. Si bien que la Belgique se retrouve complètement polarisée au niveau politique : au nord du pays, une alliance de droite avec la N-VA à sa tête, et au sud une alliance de centre gauche menée par le PS, le meilleur ennemi des nationalistes flamands.
Au moment où une grande partie du pays est en rouge-jaune-noir pour encourager l’un des rares symboles d’unité du pays, l’équipe de football nationale, le fossé politique paraît lui au contraire se creuser entre les deux régions du pays. Il faut espérer qu’au moins la Coupe du monde se passe bien pour les Diables rouges.(RFI)

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