Six personnes ont été tuées mercredi sur le campus d'une université à Kano, la deuxième plus grande ville du Nigeria. Il s'agit du quatrième attentat suicide mené par une femme en moins d'une semaine dans la ville.
Trois mois après l'enlèvement des lycéennes de Chibok, au nord-est du Nigeria, le groupe islamiste Boko Haram utilise une nouvelle arme de guerre : les femmes kamikazes, une première dans le pays.
Six personnes ont été tuées, mercredi 30 juillet, sur le campus d'une université au cours du quatrième attentat suicide mené par une femme en moins d'une semaine à Kano, la plus grande ville du nord du Nigeria. Cet attentat semble confirmer le rôle croissant dévolu aux femmes qui sont, selon le porte-parole de la police, Franck Mba, "généralement moins soupçonnées" que les hommes.
Kano, située au cœur du nord musulman, a été la cible de six attentats en cinq jours et a dû annuler les célébrations associées à l'Aïd-El-Fitr, qui marque la fin du mois de ramadan.
Mercredi vers 14H30 (13H30 GMT), une femme kamikaze s'est fait exploser sur le campus de l'institut polytechnique de Kano. L'explosion s'est produite au milieu d'un groupe d'étudiants, "éclaboussant le sol de leur sang", selon un témoin. La police et l'armée ont été dépêchées sur les lieux de l'attentat. Selon le porte-parole du gouvernement, Mike Omeri, qui a confirmé que le kamikaze était une femme sans préciser son âge, le bilan est de six morts et de six blessés.
Une fillette de 10 ans avec une ceinture d'explosifs
Dimanche déjà, une jeune femme avait été interpelée par la police alors qu'elle se dirigeait vers l'entrée d'un autre campus de la ville. Elle s'était fait exploser au moment de son interpellation, blessant cinq policiers.
Et lundi, deux jeunes femmes décrites comme des adolescentes ou à peine plus âgées ont mené deux attentats suicides contre une station essence et un centre commercial de Kano, des attaques qui ont fait au moins trois morts et 13 blessés.
Mike Omeri a également annoncé que les forces de l'ordre avaient arrêté mardi trois "membres présumés" de Boko Haram dans une voiture dans l'État de Katsina, voisin de l'État de Kano, parmi lesquels un garçon et deux filles, l'une de 18 ans et l'autre de 10 ans, qui portait une ceinture d'explosifs.
Le groupe islamiste armé Boko Haram, dont l'insurrection a fait plus de 10 000 morts dans le pays depuis cinq ans, a encore intensifié ces dernières semaines le rythme effréné de ses attaques, multipliant les massacres de civils, les attentats sanglants et les enlèvements dans le nord-est, son fief historique, mais aussi dans le reste du pays.
Un fonds destiné aux victimes du terrorisme et de l'insurrection
Abubakar Shekau, le chef de Boko Haram, qui a revendiqué l'enlèvement des lycéennes de Chibok – dont 219 sont toujours portées disparues – a menacé d'en faire des esclaves, provoquant une vague d'indignations au Nigeria et dans le reste du monde.
Les autorités nigérianes ont répété, à plusieurs reprises, savoir où se trouvent les otages, et le président Goodluck Jonathan ainsi que des responsables de l'armée ont plusieurs fois affirmé qu'elles seraient libérées bientôt.
Selon le bureau présidentiel, Goodluck Jonathan doit lancer jeudi à Abuja un projet de fonds destiné à aider "tous ceux qui sont victimes du terrorisme et de l'insurrection". Ce fonds devrait être doté de 500 millions de dollars en un an, venant de donateurs privés.
Source : Jeuneafrique

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