Une conférence sur les investissements du secteur privé, tenue à Kinshasa les 24 et 25 février, est la première matérialisation du volet économique de l'Accord-cadre pour la Paix, la Sécurité et la Coopération pour la RDC et la région des Grands lacs signé par 11 pays en février 2013. Un rendez-vous qui en appelle d'autres. Reportage.
« Business
for peace ». Aider l’entreprise pour bâtir la paix. Avec le sens de la formule
qui le caractérise, Saïd Djinnit, l’envoyé spécial des Nations-Unies dans la
région des Grands lacs, résume parfaitement l’objectif de la Conférence sur les
investissements du secteur privé dans la sous-région, organisée à Kinshasa les
24 et 25 février, et dont il est l’un des principaux initiateurs avec les
responsables de la Conférence internationale sur la région des Grands lacs
(CIRGL).
« Un
véritable succès », n’hésite pas à revendiquer dès le lendemain le diplomate,
puisque cette rencontre à attirer plus de 500 participants, dont une forte
majorité de dirigeants d’entreprises en provenance des treize pays membres de
la CIRGL*.
Pour
l’occasion, Ban Ki-Moon, le secrétaire général des Nations-Unies, a profité de
sa tournée dans la sous-région, pour assister à la cérémonie d’ouverture,
présidée par le chef de l’État congolais, Joseph Kabila, en compagnie des
vice-présidents angolais et burundais, du Premier ministre du Rwanda, de
différents membres de gouvernements et ambassadeurs des pays de la région,
ainsi que des représentants de l’Union africaine (UA), de nombreux organismes
de financements multilatéraux présents en Afrique et du secteur privé.
Créer du
lien régionalement
« L’occasion
était belle pour les patrons de tisser des liens au-delà de leurs frontières »,
explique Alain Rubuye, l’un des responsables de la Fédération des entreprises
du Congo (FEC), l’organisation patronale congolaise, qui s’est beaucoup
investie dans cette conférence.
Créer du
lien, c’est l’un des principaux buts recherchés lors de ce rendez-vous par le
bureau régional de l’ONU, qui a vu la constitution d’une plateforme de dialogue
régulier entre secteurs privé et public pour promouvoir l’investissement et
identifier les opportunités.
Vingt-cinq
projets dans sept secteurs prioritaires (l’Agriculture, les Infrastructures,
les Mines, l’Energie, les Technologies de l’Information et de Communication, le
Tourisme et les Finances) ont été présentés pour illustrer le potentiel de la
sous-région.
« Je forme
l’espoir que cette conférence permettra de parler désormais de la région des
Grands lacs, non plus sous le prisme déformant et dramatique de l’instabilité,
mais plutôt en termes d’opportunités d’investissements », a insisté le
président Kabila dans son discours inaugural.
Pérenniser
l’événement
Encore
faut-il pérenniser l’événement et que les investissements envisagés se
matérialisent. Saïd Djinnit compte pour cela sur le Forum des investisseurs de
la sous-région, qui a vu le jour en janvier 2014, à Addis-Abeba lors de la
seconde rencontre du Mécanisme régional de Suivi de l’Accord-cadre pour la
Paix, la Sécurité et la Coopération pour la RDC et la région des Grands lacs.
Ce dernier a été signé le 24 février 2013 par onze pays africains avec
l’ambition de ramener la paix dans la partie est de la République démocratique
du Congo, en proie à des groupes armés.
« C’est à
lui de prendre le relais et d’instaurer un rendez-vous régulier entre
partenaires privés et publics », espère le responsable onusien, dont le bureau
est prêt « à apporter tout son soutien ».
Cette
conférence se place en effet dans le long processus entamé en 2013. Si les
volets politiques (transparence électorale, problématique des réfugiés,
neutralisations des groupes armés…) avancent très lentement, l’aspect
économique vient donc de se matérialiser avec cette première initiative
congolaise. Qui en appelle d’autres.
* Afrique du
Sud, Angola, Burundi, Congo, Kenya, Ouganda, République centrafricaine,
République démocratique du Congo, Rwanda, Soudan, Sud-Soudan, Tanzanie et
Zambie.(@jeuneafrique)
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