Parfois, un mot ou quelques lettres peuvent changer le sens d’une phrase, d’un texte ou dans ce cas-ci d’une journée entière.
En effet, le 8 mars n’est pas « la journée de la femme »,
mais plutôt « la journée des femmes », et même « la journée internationale des
droits des femmes ». Pour les militant(e)s, il s’agit précisément de « la
journée de lutte pour les droits des femmes ».
Même l’ONU, sur son site francophone, se trompe en désignant
la journée comme « journée de la femme ». Problème de traduction ? Il
semblerait que oui, car sur la version anglaise du site onusien, on parle bien
de « Women’s Day » en employant donc le pluriel.
Pourtant, désigner une seule femme plutôt que l’ensemble des
femmes serait réducteur et passerait à côté de l’enjeu réel de la journée, qui
n’est en aucun cas une fête et l’occasion de célébrer sa compagne. Mais bien
une journée de manifestations et de luttes.
Messieurs : pas de fleurs !
Le 8 mars n’est donc pas l’occasion de rappeler à votre
femme ou compagne qu’elle compte beaucoup pour vous en lui offrant un bouquet
de fleurs. Ce serait confondre cette journée de luttes avec la Saint-Valentin
des amoureux.
Cette date sonne plutôt comme un rappel du fait que
l’égalité des sexes, pour toutes les femmes, est encore loin d’être une
réalité. « Car tant que l’égalité entre les hommes et les femmes ne sera pas
atteinte, nous aurons besoin de la célébrer », clame haut et fort le site
officiel du 8 mars.info.
La légende du 08/03
Mais au fait, pourquoi a-t-on choisi le 8 mars plutôt qu’un
autre jour ? D’après la légende, il s’agirait du 8 mars 1857, jour d’une
manifestation des ouvrières américaines du textile. Petit hic : historiquement,
cette manifestation n’a jamais eu lieu ! L’origine de cette journée remonte par
contre aux luttes ouvrières et aux manifestations des femmes pour l’octroi du
droit de vote, de meilleures conditions de travail et pour l’égalité des genres
dans l’Europe du début du 20e siècle.
Ce n’est qu’en 1917 que la date du 8 est retenue, date à
laquelle, cette année-là, des ouvrières de Saint-Pétersbourg ont fait la grève
pour réclamer du pain et le retour de leurs maris partis à la guerre. Après
1945, cette journée devint une tradition dans de nombreux pays du monde.
La parité en 2030
Alors que la proposition d’une journée mondiale des femmes
est suggérée en 1910, elle n’est reconnue par l’ONU qu’en… 1977. Depuis, les
Nations Unies se sont investies dans beaucoup de domaines pour l’égalité entre
les sexes.
Cette année, le thème est « La parité en 2030 : avancer plus
vite vers l’égalité des sexes ». Au programme : l’éducation pour toutes, la fin
des violences et des discriminations, la fin des mutilations des parties
génitales, les mariages d’enfants, les mariages forcés… Et il y a encore
beaucoup de travail pour bien d’autres journées des femmes en perspective.(@ lesoir.be)

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