Marginalisation : Le pouvoir de Yaoundé évite la ville de naissance de la réunification du Cameroun

La date du 1er octobre 1961, qui progressivement est ignoré de la jeune génération, reste le repère de l’histoire d’un Cameroun occupé, divisé et retrouvé. 


Ces retrouvailles ont été bâties dans le cadre de la conférence de Foumban, chef lieu du département Bamoun de l’époque ; et aujourd’hui le Noun.

Comment comprendre que les cérémonies marquantes les cinquantenaires d’un Cameroun uni ne soient pas organisées dans cette ville ? Peut-on imaginer que le président de la république n’y est pas pensé ? Certainement pas. Surtout que le bâtiment qui a accueilli la réunion ayant débouché à la réunification du Cameroun existe toujours, avec des murs encore bien solides. Quelles seraient donc les raisons qui auraient fait que Paul Biya ignore cette ville mythique de l’histoire du Cameroun ? En annonçant la célébration du cinquantenaire de la réunification à Buéa, Paul Biya a à coup sûr non seulement tronqué l’histoire du Cameroun mais il a aussi confirmé la haine du pays dont il dirige à l’endroit de ce peuple. Or, il est connu de tous que l’histoire est une science basée pour l’essentiel sur des faits du passé. Pour le cas en question, les faits, têtus comme on les connait, jusqu’ici indiscutables ; démontrent que c’est dans la ville de Foumban, notamment au lycée qui porte le nom de la ville cité artisanale, qu’a été consacré l’acte de la réunification du Cameroun. Essayons de comprendre davantage les causes internes au département du Noun de cet acte du chef de l’Etat. 


Dissidences

En premier chef, on peut relever la fidélité constante du peuple Bamoun envers son roi et son pouvoir qui a été détruit par l’avènement de l’Udc, dont le fondateur président doit tout au régime Ahidjo-Biya ; tout ce qu’il a été : fils du ministre Njoya Arouna, ami de Amadou Ahidjo qui a occupé des postes importants (ministre de l’intérieur, ministre de la justice, et grand chancelier). Ce qui a permis à son fils (Adamou Ndam njoya) d’avoir une bourse pour aller étudier à l’extérieur. A son retour au pays, il est tour à tour : premier camerounais directeur de l’Iric par décret d’Ahidjo ; préparé par Paul Biya alors secrétaire général à la présidence. Vice premier ministre des affaires étrangères, ministre de l’éducation, et ministre chargé du contrôle supérieur de l’Etat dans un gouvernement où Paul Biya est premier ministre. Cette rupture a dû toucher au plus profond le président Biya. Ce dernier n’aurait pas à cet effet accepté être reçu par Ndam à Foumban en tant que Maire lors du cinquantenaire de la réunification. Selon une source digne de foi, la célébration de cette fête dans le Noun serait conditionnée au préalable par la nomination d’un délégué du gouvernement à la tête de la ville de Foumban afin d’éviter tout contact entre Biya et Ndam. Ce dernier ayant refusé plusieurs fois la main tendue du chef de l’Etat. On a perçu des éléments du géni-militaire sillonné la vill


premier trimestre de l’année dernière pour des études en vue du lancement des travaux du cinquantenaire selon des témoins.

Si dans sa hargne pour restituer cette fidélité, Ibrahim Mbombo Njoya alors ministre, en remplacement numérique de Ndam Njoya au sein du gouvernement et plus tard Sultan roi des Bamouns n’a souvent pas développé des stratégies intelligentes ramenant ainsi la bataille politique à un conflit personnel entre lui et son cousin éloigné ; il n’en demeure pas moins vrai que ce combat de titan a coûté très cher au peuple Bamoun et au département du Noun. Classé de manière palpable comme le département le plus hostile au régime Biya. Qui plus ait, Adamou Ndam étant devenu maire ; combattant violent du régime Rdpc (les événements de 90-91 à Foumban), aurait-il accueilli la république après avoir invité le peuple camerounais à descendre dans la rue après l’élection présidentielle d’octobre 2011 ? Et… hélas, une élite Bamoun déboussolée, désunie, intrigante, égoïste et politiquement fragile, n’a pas pu résoudre une situation qui n’a que trop durée.

Comble de malheur

Quand bien même la conférence de Foumban vaudrait tout son pesant d’or, il est compréhensible que la capitale du Cameroun occidentale de l’époque qui avait acceptée de se rallier à ce Cameroun réunifié soit remerciée d’avoir été nationaliste. Surtout en ce moment où certaines velléités sécessionnistes se sont manifestés dans la région de manière permanente.

Il revient donc aux populations du Noun de faire une lecture de ce grand échec. Car, si déjà ils ont raté la capitale fédérale ; du fait qu’en principe, la ville de Foumban aurait pu être désignée comme siège des institutions. Yaoundé et Buéa, restant les capitales des deux Etats fédérés. Sous Njoya Arouna alors ministre de l’intérieur, père de l’actuel maire de Foumban. La voici qui vient encore de rater la cérémonie du cinquantenaire de la réunification ; Adamou Ndam Njoya fils de Njoya Arouna, dissident au régime est maire. Alors question, n’ont-ils pas leur part de responsabilité ? Imaginons un peu ce que le géni-militaire allait aménager à Foumban comme route, éclairage public, et autres infrastructures, sans compter les retombés indirects de tout bord de cette célébration. Surtout qu’on connait l’état de délabrement avancé du réseau routier actuel et de l’éclairage public de la ville de Foumban.

L’histoire interpelle les fils du Noun et plus particulièrement cette élite désemparée, politiquement vide et incapable de prendre une décision qui puisse ébranler à la fois le roi et Ndam Njoya. Il est tout de même curieux qu’en dépit de cette hostilité de ces deux décennies contre Paul Biya, celui-ci a manifesté de manière constante son attachement au peuple Bamoun par la nomination de ses ressortissants à la tête des ministères et autres grands postes de responsabilité. 

Camerounlink


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