Cameroun: Des étudiants écrivent au ministre de la Justice

Les étudiants abusés à la mini-cité Fashion de la Zone de Résidence universitaire de l’Université de Yaoundé I dans la capitale camerounaise sont en colère. Ils ont écrit ce jour 6 février 2012 une lettre au délégué à la Sûreté nationale Martin Mbarga Nguele et au ministre de la Justice, Garde des Sceaux Laurent Esso pour "Plainte et dénonciation des pratiques antirépublicaines". Voici dans son intégralité la plainte des étudiants.

Monsieur le Ministre,
C’est avec une réelle douleur, mais avec un insigne honneur que nous venons par la présente auprès de votre bienveillante personnalité. Nous voudrions tant vous épargner une tracasserie supplémentaire, compte tenu de votre agenda que nous savons certainement très surchargé. Cependant, le supplice que nous endurons ne nous laisse pas de choix, ce d’autant plus que notre avenir académique et même socioprofessionnel est fortement entamé.
Permettez, Monsieur le ministre, que nous vous fassions brièvement le rapport de notre situation afin que vous puissiez apprécier par vous même la profondeur des blessures qui sont les nôtres.
En effet, nous sommes des étudiants, qui, ayant sollicité de manière individuelle la location d’une chambre dans la mini-cité FASHION (située en Zone de Résidence Universitaire), avons été arnaqué par le concierge de la dite mini-cité ; le nommé EBOTETAH Pascal ENOW avec la complicité de son petit frère EBOTETAH Peter et du bailleur EBOT John. En réalité, Monsieur EBOTETAH Pascal ENOW nous recevait individuellement dans la mini-cité en question et faisait croire à chacun de nous qu’une chambre était sur le point d’être libérer; cependant, pour être assuré de la primeur de l’attribution de la chambre une fois libre, il était question pour les demandeurs que nous étions, de lui verser la totalité, soit un an de loyer, ou encore une forte avance pour ceux qui ne pouvait verser la totalité. Grâce à cette ruse, EBOTETAH Pascal ENOW a ainsi réussi, avec la complicité de son petit frère, qui signait en tant que témoin sur les reçus de versement qu’il nous délivrait, à spolier environ deux millions cinq cent soixante douze mille francs (2 572 000Fcfa) à une trentaine d’étudiant avant de prendre la clé des champs.
Nous avons alors entrepris de porter plainte auprès du Commissariat du 5ème arrondissement, contre EBOTETAH Pascal ENOW, EBOTETAH Peter et le bailleur pour escroquerie et abus de confiance.
Les dites plaintes ont abouti à l’arrestation de EBOTETAH Peter qui, après neuf jour de garde à vue, a été « élargi », pour reprendre l’expression de l’enquêteur en charge de l’affaire, le 28/01/2012. Aussi, le bailleur, EBOT John, après avoir versé la somme d’un millions (1 000 000Fcfa), que nous n’avons
jamais touché, car insuffisant par rapport à la somme revendiquée, a lui aussi été mis en garde à vue, puis libéré le même jour que EBOTETAH Peter, après seulement une nuit et un jour de détention.
Il faut préciser, monsieur le ministre, que EBOT John a été libéré après avoir pris l’engagement sur procès verbal, en notre présence, dans les locaux du commissariat du 5ème arrondissement, qu’il nous rembourserait la totalité de ce qu’il nous doit au plus tard le vendredi 03/02/2012. Ce délai est dépassé et les choses semblent évoluer au gré de Monsieur EBOT John, qui ne se fait pas prier pour nous rappeler qu’il connait personnellement le Procureur de la République et qu’ils sont bons amis. Mieux encore, il y a des raisons de croire, en examinant l’évolution de la situation, que la corruption aurait pris le pas sur la justice. Car, à l’heure qu’il est, une source au sein du commissariat du 5ème arrondissement nous apprend que la plainte qui était encore en instruction, est désormais entre les mains du procureur. Donc le bailleur au lieu d’user du temps libre que lui a été laissé pour trouver la somme restante, s’est évertué à secouer ses réseaux comme il nous l’avait promis. Telle est l’une des raisons pour lesquelles nous avons jugé opportun de saisir votre autorité, afin que la lumière soit faite et la justice rendue sur cette situation délétère dont nous n’en sommes, au demeurant, que les meilleurs perdants. Perdant parce que, nous sommes désormais sans domicile fixe, et l’on n’a certainement pas besoin d’être érudit pour comprendre combien une telle situation est préjudiciable pour les étudiants que nous sommes.
Par conséquent, nous réclamons le remboursement sans délai de notre argent afin que nous puissions nous mettre dans les conditions idoines pour sauver ce qui reste de notre année académique. Aussi et surtout, que les mis en cause réparent les préjudices à nous commis.
Convaincu que vous saurez accorder une attention particulière à notre sollicitation, veuillez agréer, monsieur le ministre, l’expression de notre plus grand respect.
.J. : Liste non exhaustive des étudiants abusés à la mini-cité FASHION
Ampliations:
SG/PR
PRIMATURE
MINESUP
DGSN
DGRE
ADDEC
Liste non exhaustive des étudiants escroqués à la mini-cité FASHION
1. KUEFOUET Maurice Calvin (70 000 Fcfa)
2. TCHIMTCHOUA NGANMOUE Champlain (50 000 Fcfa)
3. MBANG NDONGO Prisca (130 000 Fcfa)
4. GWANMESIA Claude BABILA (168 000 Fcfa)
5. TCHAKOUNTIO Emmanuel Richepin (80 000 Fcfa)
6. KANA TADESUE Christelle (50 000 Fcfa)
7. AYUK EBAI Solange (150 000 Fcfa)
8. NJIMOKE TIJANI AHMADOU TIGANA (169 000 Fcfa)
9. MAFOTSING Stéphanie Larissa (80 000 Fcfa)
10. MEYENGONO MINLO Anne Irene(144 000 Fcfa)
11. TANYI EBOT ETTA Bruno (50 000 Fcfa)
12. FOUETION DONGMO Corinne Grace (90 000 Fcfa)
13. FEUDIO TEGOUFO Léopold(80 000 Fcfa)
14. EMEDACK NGAKO Everais Gaél(100 000 Fcfa)
15. TCHOUPE KAMOUA Eric Berenger(100 000 Fcfa)
16. MANGA MANGA Luc Parfait (95 000 Fcfa)
17. NGUETSOP Carine Lynda (144 000 Fcfa)
18. ATEDONGTSA Stella (144 000 Fcfa)
19. NANFACK NOUMEY Alex (90 000Fcfa)
20. MUMBAD Valentine (50 000Fcfa)
21. NDEPE KAMGA Nelly (169 000Fcfa):
22. DZOKOUO DZOYEM Camille Ulrich (169 000 Fcfa)
23. YOUPOUO NJAYOU VALERY(100 000 Fcfa)
24. GNOMBOUOWO PANGHEUPKO Michel (100 000Fcfa)
25. KAMDEM TÉGUIA Thiery Stephane(110 000Fcfa)
Total: 2 572 000Fcfa
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