Rwanda - Olivier Nduhungirehe : "La RDC et la Monusco n'ont plus d'excuses pour ne pas neutraliser les FDLR"

Après la défaite du Mouvement du 23-Mars (M23) dans l'est de la RDC, le Rwanda appelle l'armée congolaise et la Monusco à s'attaquer "en priorité" aux éléments des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR). Un "groupe armé pas comme les autres", selon Olivier Nduhungirehe, représentant permanent adjoint de Kigali au Conseil de sécurité de l'ONU. 



Vu de Kigali, le problème dans les Grands Lacs est essentiellemnt causé par la présence des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) dans l'est de la RDC. Olivier Nduhungirehe, représentant permanent adjoint du Rwanda au Conseil de sécurité, explique à Jeune Afrique comment son pays interprète la nouvelle donne qui se dessine dans la région après la défaite du Mouvement du 23-Mars (M23). Une rébellion que certains, notamment des experts onusiens, soupçonnaient de bénéficier du soutien de l'armée rwandaise. Ce que les autorités de Kigali ont toujours démenti.

J.A : Comment le Rwanda perçoit-il les derniers développements de la situation sécuritaire dans l’est de la RDC ?

Olivier Nduhungirehe : Le Rwanda a accueilli favorablement la fin des hostilités entre le gouvernement congolais et le M23. Car ce qui nous importe à Kigali, c’est une paix durable dans les Grands Lacs. Il est temps maintenant que la Monusco, dotée d’un mandat offensif, s’attaque, en priorité, aux FDLR pour que cette force négative soit également éradiquée dans la région.

Que répondez-vous à ceux qui considéraient le M23 comme une sorte de rempart mis en place par le Rwanda dans l’est de la RDC pour se protéger contre une éventuelle menace des FDLR ?

Durant les 18 mois d’existence du M23, nous avons démontré que ces soupçons n’avaient aucun fondement. On a toujours accusé le Rwanda sans qu'aucune preuve ne soit fournie par le gouvernement congolais, et encore moins par les ONG qui se contentaient de témoignages anonymes. Qu’à cela ne tienne, ce problème du M23 est résolu, la traque des FDLR nous paraît donc aujourd’hui la question la plus importante.
Il est primordial que la Monusco s’attaque d’abord aux FDLR.

Une fois le M23 défait, le gouvernement congolais a annoncé que l’armée, appuyée par la brigade d’intervention des Nations unies, allait s’attaquer "en priorité" aux FDLR. Est-ce un engagement qui vous satisfait ?

Le Rwanda reste sceptique quant à la volonté réelle de la RDC et de la Monusco à traquer les FDLR. Ces 13 dernières années, malgré leur mandat de protection des civils, les Casques bleus n’ont rien fait lorsque les FDLR multipliaient des exactions contre les populations civiles dans l’est de la RDC. Pourtant, les FDLR ne doivent pas être considérées comme les autres forces négatives qui pullulent dans l’est de la RDC. C’est un groupe armé qui a commis le génocide au Rwanda et qui porte en lui l’idéologie du génocide. Et au Kivu, il existe aujourd'hui des mouvements armés qui se sont créés à cause de la présence des FDRL. Il est donc primordial que la Monusco s’attaque d’abord aux FDLR.

Le déploiement sur terrain de 3 000 hommes de la brigade d’intervention des Nations unies ne rassure-t-il pas non plus Kigali sur la volonté de l’ONU de neutraliser les FDLR ?

Le Rwanda a soutenu l’adoption de la résolution 2098 du Conseil de sécurité qui a mis en place la brigade d’intervention destinée à neutraliser les groupes armés dans l’est de la RDC. En son temps, nous avions même démontré que la traque des FDRL devait être une priorité de la nouvelle brigade onusienne. Mais, ces huit derniers mois, tous les efforts ont été concentrés sur le M23 uniquement alors que les FDRL menacent un pays voisin, le Rwanda. Aujourd’hui, le M23 défait, l’armée congolaise et la Monusco n’ont plus d’excuses pour ne pas neutraliser les FDLR.(Jeuneafrique)

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