Cameroun : Kah walla: La refonte, une opportunité uniquement si les camerounais/ses s`impliquent

La candidate du Cameroon people’s party (Cpp) sera reçue ce lundi au siège d’Elecam. Nous allons ce jour rencontrer Elecam dans le cadre de ses consultations avec les partis politiques. Il faut dire que nous consentons à participer à cette consultation dans l’intérêt de faire avancer la reforme du système électoral camerounais, mais que c’est une démarche qui nous semble inapproprié, voir inefficace, face à l’enjeu qu’est cette reforme. 
Aussi il nous emble important d’interpeller les camerounaises et les camerounais à ce moment crucial de notre vie politique.
L’annonce de la refonte par Elecam est une fenêtre qui s’ouvre sur une reforme potentielle du système électoral, mais elle ne deviendra une opportunité réelle pour la r2qlisqtion d’élections libres et transparentes, que si les camerounaises et camerounais de tous les différentes sphères de notre société s’impliquent.
Les partis politiques, le secteur privé, les médias, les organisations confessionnelles, les associations des femmes et des jeunes, la société civile dans son ensemble ; tous, nous souffrons de mauvaises élections organisées depuis le début de notre histoire en tant que nation, tous nous avons le devoir de faire de cette fenêtre qu’ouvre Elecam une véritable opportunité pour faire avancer notre démocratie camerounaise.
Il est important que nous nous rendions compte que nous avons à la base, un seul problème dans notre pays, celui de la gouvernance. Vanessa Tchatchou et Darlyse Nkolo, Enoh Meyomesse, les travailleurs d’Hevecam, de Cameroon Tea Estate, du Port Autonome de Douala, de la Camair-co et on ne sait combien d’autres, la gestion catastrophique de nos écoles de la maternelle à l’université, le manque d’emploi pour notre jeunesse, le système de santé qui n’arrive plus à apporter même des soins de base aux malades, les routes…. la liste est interminable. Tous ces maux desquels nous mourront individuellement et collectivement à petit feu, ont pour cause un élément clé : une gouvernance inefficace et corrompu qui ne tient pas compte des besoins de la population et qui ne se sent nullement obligée de rendre compte à celle-ci.
Le premier pas pour arriver à une gouvernance améliorée est très certainement la possibilité de véritablement choisir nos dirigeants. D’où l’importance capitale de cette fenêtre ouverte, aussi maladroitement qu’il soit par Elecam.
Ce que nous pouvons et que nous devons faire, c’est de réclamer chacun, chaque association, chaque parti, chaque église et mosquée, chaque individu, nous devons réclamer notre droit de participer à ce processus de reforme et le faire jusqu’à ce que nous obtenons les éléments clés suivants.
Une démarche systématique de dialogue et de travail pour la reforme
Pour aboutir à un système électoral transparent et efficace qui installe la confiance au sein de la population camerounaise, il est important de mettre en place un véritable système de dialogue et de travail. Les «consultations» de quelques minutes qu’offre Elecam sont très insuffisantes et peu efficace comme méthode.
Le groupe de travail: Nous avons besoins d’un groupe de travail, de 20 à 30 personnes, représentant les différentes composantes de notre société et expérimentées sur la question électorale qui s’engagera de manière régulière pour faire un travail approfondie avec Elecam sur la base d’un agenda de reforme claire.
Un agenda de reforme sérieux
Il est beaucoup trop facile d’annoncer une refonte sans parler de comment, quand et par qui elle sera faite. Les partis politiques et la société civile ont certes revendiqués une refonte de la liste électorale, mais dans des conditions bien spécifiques :
=L’utilisation de la biométrie ou tout autre forme de technologie permettant d’éliminer les doublons, de délivrer immédiatement la carte électorale et de rendre accessible par internet et d’autres voies, l’ensemble du fichier à tous les camerounais.
=Le véritable fonctionnement des commissions électorales mixtes, avec frais de transport et indemnités pour tous les membres afin de s’assurer d’une réelle représentativité au sein des commissions et d’un contrôle réel dans le processus d’inscription
De plus, la refonte seule est insuffisante pour garantir les élections libres et transparentes. Aussi les différents points qui ont été mille et une fois revendiqués par l’ensemble des acteurs doivent aussi figurer sur l’agenda de réforme. Nous pouvons citer :
•Le calendrier électoral : permettant à chaque camerounais/e d’avoir un calendrier clair pour ce processus qui est primordial pour la vie de chacun
•Le code électoral unique : rassemblant et harmonisant toutes les lois qui régissent les élections
•Le bulletin unique : qui permettra d’éliminer une partie importante de la fraude et de la corruption le jour du vote
•Le découpage électoral équitable : mettre en place des véritables critères pour le découpage électoral qui assureront l’équité en matière de représentation, notamment au niveau de l’assemblée nationale
•La majorité électorale à 18 ans:Vu le fait que la population camerounaise est majoritairement jeune, il serait important de ramener la majorité électorale à 18 ans afin que cette frange de la population puisse participer au choix des dirigeants sachant qu’à cet âge le jeune est jugé capable de porter les armes pour son pays au Cameroun.
Un Elecam qui est indépendant et efficient pour inspirer la confiance des camerounais
•L’Efficacité : La mise en place et la gestion des ressources au sein d’ Elecam nous rend perplexe. Il sera important de doter cette institution de véritable moyens pour faire un travail qui méritera la confiance des camerounais/es.
•Le personnel : les critères de recrutement et de performance ont besoin d’être revus. Il est nécessaire de mettre en place un programme de formation complet pour ces employé/es leur dotant effectivement des capacités pour faire leur travail
•La technologie : Il est inconcevable et inexcusable aujourd’hui qu’ Elecam soit encore à l’ère pré-ordinateur. Il est nécessaire de concevoir un système informatique adapté aux besoins de la gestion du système électoral, de mettre en place l’équipement nécessaire et de former le personnel afin de pouvoir gérer le système.
•La crédibilité : Il a été dit et redit. La configuration actuelle d’ Elecam n’inspire pas la confiance des camerounais. Bien que ces 18 personnes ne soit pas le seul facteur pour la mise en place d’un système électoral crédible, un conseil d’ Elecam indépendant et notamment ayant véritablement les pouvoirs de contrôler l’action de la direction générale donnera un signal fort au camerounais/es quant à la réelle volonté de ce gouvernement à mettre en place un système électoral libre et transparent.
Cher/es Camerounais/es,
Nous devons tous nous mettre à revendiquer par toutes les voies possibles : pétitions, réunions avec Elecam, interventions dans les médias, actions de protestations non-violentes, etc. un système électoral digne de ce nom.
Surtout, nous devons insister qu’aucun report des élections n’est souhaitable si ce report n’est pas accompagné d’un agenda et d’un calendrier clair et consensuel pour la reforme globale du système électoral. Notre pays est de plus en plus invivable. A nous d’agir pour faire de cette fenêtre une véritable opportunité pour changer le système électoral au Cameroun. Nous avons la capacité. Agissons !

Camerounlink

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