La confusion régnait samedi autour du sort de l'ex-chef de l'armée de Guinée-Bissau, l'amiral José Zamora Induta, qui a quitté son pays où son tombeur, le général Antonio Indjai, reste incontournable depuis le putsch du 12 avril dans ce petit pays à l'instabilité chronique.
"Les gens sont passés mais ils sont partis, ils n'ont pas été arrêtés", a confirmé une source à la gendarmerie locale.
Plus tôt samedi, une source sécuritaire avait affirmé que les quatre personnes avaient été interpellées dans la nuit de jeudi à vendredi à Ziguinchor, dans la Casamance frontalière de la Guinée-Bissau.
Un officier de l'armée bissau-guinéenne interrogé par l'AFP à Bissau a assuré que l'amiral Induta avait rejoint le Sénégal avec au moins deux personnes, le président de la commission électorale Desejado Lima Da Costa et le ministre de l'Intérieur du gouvernement renversé le 12 avril, Fernando Gomes, qui étaient réfugiés comme lui dans les locaux de l'Union européenne (UE) à Bissau.
Ils ont été "exfiltrés grâce à une complicité locale" et "des investigations sont en cours", a assuré une source militaire bissau-guinéenne.
Il n'était pas possible de savoir dans l'immédiat si l'ex-chef d'état-major bissau-guinéen et ses compagnons se trouvaient encore au Sénégal ou étaient déjà en Gambie.
Cependant, selon une source diplomatique à Bissau et un proche de Fernando Gomes, l'amiral Induta et l'ex-ministre de l'Intérieur seraient déjà arrivés en Gambie.
Un haut gradé gambien en poste à la frontière avec la Casamance a déclaré à l'AFP que des "officiers" venus de Guinée-Bissau "ont passé la frontière" et pénétré en Gambie. Il a assuré ne pouvoir en dire davantage "pour des raisons de sécurité".
L'amiral Induta avait été renversé en avril 2010 par son adjoint, le général Antonio Indjai. Il s'était réfugié dans les locaux de l'UE à Bissau le 18 mars dernier, au soir du premier tour de la présidentielle, craignant pour sa vie après l'assassinat du colonel Samba Djalo, ex-responsable des services de renseignements militaires.
600 hommes
Le général Indjai est considéré comme le cerveau du coup d'Etat du 12 avril. Des autorités intérimaires ont été récemment mises en place, dans le cadre d'un processus de transition largement décidé par l'ex-junte et auquel l'ancien parti au pouvoir ne participe pas.
Une force militaire ouest-africaine de quelque 600 hommes, composée de soldats du Burkina Faso, du Sénégal et du Nigeria, doit finir de débarquer dans le pays dimanche, afin de sécuriser la transition.
Le chef de la commission électorale et l'ancien ministre de l'Intérieur s'étaient réfugiés dans les locaux de l'UE à la suite du coup d'Etat du 12 avril survenu dans cette ex-colonie portugaise devenue depuis plusieurs années une plaque tournante du trafic de cocaïne entre l'Amérique latine et l'Europe
Lu sur Jeuneafrique

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