René Sadi, Amadou Ali, Mebe Ngo’o, Marafa... en route pour Etoudi ?
Succession au sommet de l’Etat. Paul Biya, maître à jouer?
A la veille de la dernière élection présidentielle du 9 octobre 2011, les observateurs extérieurs du jeu politique camerounais s’accordaient, tout au moins sur une chose : la victoire du candidat sortant, Paul Biya était acquise.
Paul Biya, semble encore tenir le coup. Encore pour longtemps ? Et, c’est la question au cœur des supputations qui reprennent du poil de la bête. L’avenir immédiat semblant détenu par l’héritier d’Ahmadou Ahidjo. Absence de structuration et de mobilisation véritable de l’opposition camerounaise, «virtualisation» progressive de la société civile locale et atonie de la société camerounaise dans son ensemble plaidant en faveur de nos analystes hexagonaux. Tout se jouerait donc au sein même du parti de Paul Biya.
Sous des formes multiples, les camarades de «l’homme lion» sont venus confirmer ces prévisions. Sous cape, des rumeurs (informations ?) savamment distillées,(....)Dans le dossier que Le Messager livre dans la présente édition, nous tentons d’évoquer, à la lumière des évocations récurrentes quelques dauphins putatifs de Paul Biya. Les noms des Amadou Ali, Laurent Esso, Edgar Alain Mebe Ngo’o, Martin Belinga Eboutou, Franck Biya et Marafa Hamidou Yaya sont souvent évoqués dans cette perspective. Vous dites supputations? Un débat qui a cours en raison, probablement, de l’arrestation de l’ex-Sgpr et ses sorties épistolaires qui sèment la pagaille dans le sérail.
Joseph OLINGA
Ces dauphins supposés de Paul Biya
Amadou Ali. Une si longue carrière
Mis au garage pour certains.(...).Dans le dernier remaniement du gouvernement du 9 décembre 2011, il garde son poste de vice-Premier ministre même s’il n’est plus au ministère de la Justice mais, le ministre délégué à la présidence de la République chargé des Relations avec les assemblées.
Après cinquante ans de carrière passée dans la haute administration, certains observateurs avertis y voient le signe d’une marque de confiance du président de la République à l’endroit de cet homme qui cultive une certaine discrétion. Autant qu’on garde à l’esprit les indiscrétions distillées en tout temps sur l’estime que Paul Biya a de l’homme. Probable président de la République ? (...)
Marafa Hamidou Yaya. Le dauphin en cage
Depuis son incarcération dans le cadre de l’affaire Albatros (l’affaire de l’avion destiné aux déplacements du président de la République), l’ancien ministre de l’Administration territoriale suscite la polémique. Les «Marafistes» y voient une alternative possible à la succession de Paul Biya tandis que ces détracteurs le présentent comme un opportuniste politique aux abois. Pour sûr, l’homme a toujours été présenté comme un dauphin potentiel à Paul Biya.
Des notes de renseignement rendues publiques, il y a quelques temps viennent conforter les articles publiés par la presse en son temps. La posture que conforte l’ancien Secrétaire général de la présidence de la République depuis son interpellation semble faire son effet dans le sérail. A 60 ans, cet ingénieur diplômé en pétrochimie est crédité d’un grand charisme. Ses détracteurs eux-mêmes reconnaissent sa grande maîtrise des dossiers d’Etat. Dans les milieux du pouvoir, ses anciens collègues du gouvernement lui prêtent de nombreux soutiens en hexagone. Le « dauphin en eau trouble » comme titrait l’hebdomadaire Jeune Afrique ne le nie pas.
René Sadi. Le mutant froid
Peu de Camerounais savent qu’il fait partie des rares hommes dans le sérail à avoir servi les régimes de Ahidjo et Paul Biya à des postes sensibles et stratégiques. A 63 ans, René Emmanuel Sadi a imprimé dans l’opinion l’image d’un homme peu affable et distant. Désintéressé pour ses supporteurs. L’hebdomadaire Jeune Afrique qui lui accorde sa grande Une « Afrique centrale » dans l’édition n°2683 du 10 au 16 juin dresse le portrait « d’un dauphin à Paul Biya ». (..).Un homme qui connaît bien le Cameroun et l’un des fins connaisseurs de la machine Rdpc. Conseiller technique et diplomatique de l’ancien président de la République Ahmadou Ahidjo et proche de Paul Biya depuis des lustres, Emmanuel Sadi fait certainement partie du cercle très restreint de ceux qui comptent pour Paul Biya. De là à lui soupçonner une ambition présidentielle ?
Laurent Esso. Le magistrat muet
La poursuite et l’implémentation de l’opération Epervier lui incombe depuis le réaménagement gouvernemental du 9 décembre 2011. Son départ du Secrétariat général de la présidence de la République pour le ministère de la Justice sonne chez les connaisseurs des méthodes Biya comme une mission de haute importance. A 70 ans, Laurent Esso trouve même là son ancienne maison. Ce magistrat a connu l’essentiel des ministères.
Entré le 16 mai 1988 au gouvernement comme Secrétaire général adjoint de la présidence de la République, «L’homme muet » comme le surnomme certains a connu le cabinet civil, le ministère de la Justice, ceux de la Santé publique, de la Défense et des Affaires étrangères. (...)
Edgar Alain Mebe Ngo’o. Une posture d’aristocrate
(..) Dans les pronostics d’alternance les plus fortes, nombre de personnes pariaient sur ce fils de la région du Sud comme un potentiel choix de Paul Biya en vue de sa succession. Les arguments en sa faveur plaident régulièrement en faveur de sa jeunesse et la volonté supposée ou réelle de l’actuel chef de l’Etat de céder le pays aux jeunes.
A 55 ans, Edgar Alain Mebe Ngo’o a connu une ascension peu commune sous le Renouveau. Dès sa sortie de l’Ecole normale d’administration (Enam), en 1985, il est conseiller économique auprès du gouverneur de la province de l’Est (appellation de l’époque). Trois ans plus tard, ce cadre d’administration devient secrétaire général de la province du Nord. Dès 1991, il est successivement préfet dans les départements de l’Océan (Kribi), de la Mefou et Afamba (Mfou) et du Mfoundi (Yaoundé). Directeur du cabinet civil de la présidence de la République en 1997 puis Délégué général à la Sûreté nationale ( cumulativement avec son poste de Dcc. Ministre délégué à la présidence de la République chargé de la Défense depuis le 30 juin 2009. Edgar Alain Mebe Ngo’o semble être des hommes de Paul Biya.
Franck Biya. Le fils du père
Franck Emmanuel Olivier Biya peut-il succéder à son père? Pour les observateurs de la vie politique nationale, la question se poserait en termes de «Franck Biya a-t-il le potentiel pour succéder à son père?» Une éventualité peu probable pour ceux qui pensent que son «désintéressement» de la chose politique serait une réponse claire aux supputations qui vont bon train. Une éventualité fort probable pour ceux qui, aussi nombreux, voient en cette attitude une «ruse» déjà usitée par son géniteur de chef d’Etat.
Auquel cas, Paul Biya embrayerait alors dans le sillage de Omar Bongo Ondimba donc le fils trône à la tête de l’Etat depuis son décès. Probabilité faisable dans le microcosme politique camerounais ? Rien n’est garanti. Biya prendrait-il le risque de livrer sa progéniture aux batailles de positionnement qui sévissent dans le sérail ? Arguments recevables même si la détermination du fils du père à se forger en diplomatie et en Sciences politiques depuis quelques années intrigue dans le pouvoir. D’autant que sa présence, auprès de son père, lors de la dernière campagne électorale dans le courant de l’élection présidentielle d’octobre 2011 n’est pas passé inaperçue. Aussi déterminant pour abhorrer un manteau de chef d’Etat ?
Martin Belinga Eboutou. La bouche et les oreilles du président
La mouvance sociopolitique actuelle tend à rappeler que l’actuel directeur du cabinet civil, Martin Belinga Eboutou n’est pas un figurant dans l’entourage du président de la République. Les exégètes de la pratique administrative ont d’ores et déjà enfourché la trompette de la critique mais « l’homme des situations » comme d’aucuns l’appellent sous cape vient de rappeler au bon vouloir le fonctionnement réel de la République.
Le directeur du cabinet civil de la présidence de la République annonce «au gouvernement» une évaluation de leurs feuilles de route au mois d’août 2012. Un ministre donnant des ordres à sa hiérarchie, cela peut étonner sous d’autres cieux, mais le «Cameroun c’est le Cameroun». Et, l’ascendant de ce natif de Nkilzok dans la région du Sud est confirmé par tous les habitués des cercles du pouvoir au Cameroun. Ami d’enfance du président de la République, ce diplomate de formation fait et refait les carrières.
Quoique peu cité parmi les potentiels successeurs de Paul Biya, en cas de transition voulue par lui, Martin Belinga Eboutou est perçu comme tel dans les cercles restreints du pouvoir. Une position qui lui est reconnue même à l’extérieur du Cameroun. D’ailleurs, l’hebdomadaire Jeune Afrique, dans son édition du 26 avril au 9 mai 2009 ne manque de le présenter comme faisant partie des 50 personnalités qui comptent au Cameroun.
Source:Camerounlink

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