L’arrêt, en 2007, du vaccin obligatoire anti-tuberculose BCG a-t-il provoqué une augmentation du nombre de cas de cette pathologie? Au contraire, la tuberculose est même en légère diminution entre 2009 et 2010, selon l’Institut national de veille sanitaire (InVS) qui publie aujourd’hui un bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) entièrement consacré au sujet.
En 2010, le nombre de cas de tuberculose chez les enfants de moins de 5 ans (les seuls susceptibles de ne pas être vaccinés) est stable par rapport à la période 2000-2005, soulignent des chercheurs de l’InVS. Chez eux, près de 120 cas annuels ont été comptabilisés, contre 129 en moyenne sur la période 2000-2005. La part des cas de tuberculose pédiatrique sur le total de la population touchée en France reste autour de 2,3%. En ce qui concerne la population générale, les données témoignent quant à elle d’une baisse des cas déclarés en 2009 et en 2010, avec 5187 cas en 2010, soit une diminution de 1,7% par rapport à 2009.
On se fait encore piquer en Ile-de-France
En 2007, l’obligation de vaccination par BCG chez tous les enfants et l’adolescent a été supprimée, avec cependant une « forte recommandation » de vaccination pour les enfants considérés comme les plus exposés à la maladie (15% des enfants de l’Hexagone), notamment ceux résidant en Ile-de-France et en Guyane. A l’époque, certains spécialistes craignaient que cette recommandation ne soit pas suivie. Or il n’en est rien, puisqu’en Ile-de-France les petits continuent de se faire piquer. « La couverture vaccinale dans la région parisienne est de 79 à 80% à l’âge de 9 mois, ce qui est un bon résultat », commente Jean-Paul Guthmann, chercheur à l’InVS. En revanche, en région les enfants à risque (avec des antécédents familiaux de tuberculose ou ayant fait un séjour ou originaire d’un pays où la maladie est très présente comme en Afrique subsaharienne, en Asie) ne sont pas assez vaccinés (entre 32% et 62%, en fonction des études).
Des départements à surveiller davantage
Avec 37% des cas déclarés, la région parisienne est celle qui est le plus touché par la maladie. Si le nombre de malades reste stable par rapport à la période 2000-2005, on constate tout de même une légère augmentation dans certains départements franciliens entre 2009 et 2010 (Essonne, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne). Ainsi, au lycée Eugène-Delacroix de Maisons-Alfort un dépistage est en cours jusqu’au jeudi après la détection de dix cas au sein de l’établissement il y a quinze jours. Durant cette même période en revanche, le nombre de malades a diminué à Paris, en Seine-et-Marne et dans le Val-d’Oise. « Globalement, parmi les malades comptabilisés, il y a des enfants considérés à risques et qui n’ont pas été vaccinés », regrette Jean-Pierre Guthmann. Avant 2007, le BCG était administré 800000 nourrissons par an. Il était obligatoire en France depuis les années 1960 avant l’entrée en collectivité. Si la majorité des enfants de l’Hexagone ne seront jamais en contact avec cette maladie, le risque existe pour certains. « Il y a encore un effort à faire pour mieux les identifier », conclut Jean-Paul Guthmann.Le parisien

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