Interview: Ecobank - Arnold Ekpe : "L'Afrique est notre stratégie" Arnold Epke Directeur général d'Ecobank

Entretien avec Arnold Ekpe, patron emblématique du groupe panafricain Ecobank qui passera la main à la fin de l'année. À quelques mois du terme de son mandat, il détaille un certain nombre de pistes pour l'avenir d'Ecobank et nous livre son regard sur le développement du secteur bancaire et financier du continent africain.


«Ça y est, maintenant, je m'habitue à recevoir des ordres. » Malgré le ciel pluvieux qui plombe Londres, Arnold Ekpe a le mot pour rire. La boutade, adressée au photographe qui lui dit où se placer, est celle d'un patron qui s'apprête à passer la main. Dans quelques mois, le Nigérian accueillera l'Ivoirien Thierry Tanoh à ses côtés avant de lui céder sa place de directeur général d'Ecobank Transnational Incorporated (ETI) en fin d'année. Douze ans à la tête de la principale banque subsaharienne en termes d'implantations : de quoi se forger une vision précise de la finance africaine et de la réalité du capitalisme sur le continent.

Jeune Afrique : Depuis 1996, et à l'exception de la courte période durant laquelle vous avez dirigé le nigérian United Bank for Africa, vous êtes le numéro un d'Ecobank. Alors que vous vous apprêtez à passer la main, de quoi êtes-vous le plus fier ?
Arnold Ekpe : Avec les membres de cette institution, nous sommes fiers d'avoir bâti la première vraie banque panafricaine. Nous avons rassemblé des Africains de différentes nationalités pour construire un groupe qui couvre l'ouest, le centre, l'est et le sud du continent.
Existe-t-il un véritable capitalisme africain ?
Le capitalisme africain doit être analysé dans son contexte. L'Afrique est un continent relativement jeune si on se limite à la période postcoloniale. Certains marchés ont montré plus d'entrain à développer l'esprit d'entreprise, mais il faut aussi souligner le problème de l'insuffisance de capitaux - exception faite de certains pays comme l'Afrique du Sud, le Nigéria, le Maroc ou l'Egypte. L'enjeu est de mobiliser ces capitaux.
L'Afrique subsaharienne francophone est-elle en train de prendre du retard par rapport à la partie anglophone ?
Il y a plus d'hommes d'affaires de premier plan en Afrique anglophone, et les gouvernements y favorisent davantage l'entrepreneuriat. Mais tout cela est simpliste. Je crois que l'Afrique francophone finira par développer des entreprises majeures. Elle doit prendre exemple sur le Nigeria ou le Kenya.
Le paysage bancaire, lui aussi, a beaucoup changé depuis 1996. Quelles sont les évolutions qui vous ont le plus marqué ?
Il y a eu l'émergence de banques régionales et la consolidation entre les banques. La concurrence s'est également accrue, et la régulation est devenue plus stricte. Le développement du secteur a été positif.
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