Conférence de presse de Luis Ocampo Moreno/ Luis Ocampo : “J’ai des preuves extrêmement importantes et fortes contre Gbagbo”


Avant de quitter la Côte d’Ivoire, après un bref séjour à Abidjan, le procureur de la Cour pénale internationale a animé une conférence de presse, samedi dernier. Il est évidemment et abondamment revenu sur le procès de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, actuellement détenu à La Haye pour répondre des crimes que lui reproche la CPI. 

Nous vous proposons l’intégralité des échanges entre Luis Ocampo Moreno et la presse.
Propos liminaires :
« Je suis en train de passer les deux dernière semaines de mon mandat en tant que procureur de la Cour pénale internationale. Le dossier ivoirien est le dernier que j’ai eu à traiter. Nous sommes venus ici pour parler avec la Côte d’Ivoire, les populations de Côte d’Ivoire, les autorités ivoiriennes ainsi que les partis de l’opposition. Nous remercions le Président Ouattara pour ce qu’il a fait dans le passé et ce qu’il envisage de faire dans le futur. Nous avons rencontré le FPI, nous avons discuté des procédures à venir. Nous avons parlé de l’impartialité et de l’Independence de la cour. Nous leur avons aussi parlé des facilités qui leur seront accordées pour être à la Haye et suivre le procès du 18 juin. Pour être clair, le 18 juin est la date de la confirmation des charges. Le procureur qui prendra en charge cette procédure, sera le nouveau procureur, madame Fatou Bensouda de la Gambie. Elle va prêter serment le 15 juin. Le 18, elle sera présente en salle d’audience pour présenter les charges retenues par le procureur et par le bureau du procureur contre l’ancien président Laurent Gbagbo. Nous avons trouvé des charges suffisantes, comme quoi l’ancien président a tué, a organisé des meurtres, des attaques généralisées pour rester au pouvoir. Ce sont les charges que nous avons retenues contre lui. Au moment où je vous parle, jusqu’à la date de l’audience, l’ancien président Gbagbo est toujours innocent, il jouit de la présomption d’innocence. Il sera à l’audience avec ses avocats. Il a le droit comme le prévoit le droit et les procédures de présenter ses arguments de défenses. Les trois juges vont entendre les deux parties : le procureur et ses éléments en charge et l’ancien président Gbagbo avec ses éléments de défenses. Seuls les juges trancheront. Je veux être clair. Il n’y a aucun acteur politique, institutionnel ou étatique qui rentre dans le jeu. C’est une procédure judicaire. Il n’y a ni Nations unies, ni Ban-Ki-Moon, ni aucun Etat, ni aucun gouvernement qui sera en salle d’audience pour influencer les parties ou faire quoi que ce soit. C’est une procédure judicaire. Ce sera un procès équitable, où les faits seront juste présentés, où le bureau du procureur et le procureur vont présenter les charges qu’ils ont retenues contre l’ancien président et les éléments de preuve. L’ancien président Gbagbo aura la responsabilité et le droit de défier, de contre-attaquer et de prouver que ce que nous avançons n’est pas fondé. Ce sont des juges totalement indépendants qui prendront la décision et qui vont arbitrer entre les deux positions. Si la décision est rendue, seule la chambre d’appel peut départager le bureau du procureur et l’ancien président, selon la décision qui sera rendue.
Source:news.abidjan.net 

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