Pourquoi Marine Le Pen fait peur aux Africains


La présidente du Front national prétend défendre le continent face aux «tentations néocoloniales» de la France. Mais pour le dramaturge Eric Essono, les Africains doivent craindre le populisme de la fille de Jean-Marie Le Pen.

Mise à jour du 18 juin 2012: Marine Le Pen a été battue de justesse dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, lors des législatives françaises. La présidente du Front national a obtenu 49,89 % et le vainqueur, le socialiste Philippe Kemel, 50,11 %, soit 118 voix d'écart.
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En Europe, où des pédagogies pour le moins innovantes se font jour, on s’est mis en tête d’apprendre aux petits Français que l’expression garçon manqué est un solécisme, puisque c’est chacun qui choisit son sexe, et que ce que l’on a entre les jambes à la naissance, c’est con, cela ne compte pas, tant qu’on n’a pas choisi. C’est une leçon assez facile à faire passer par l’exemple. Prenons à tout hasard un spécimen, Marine Le Pen, la fille de Jean-Marie. A part d’inaudibles e muets dans son nom, qu’elle a expurgé de toutes les voyelles féminines qui auraient pu trahir son genre, rien ne dit qu’il s’agit d’une femme, congénitalement parlant.
Le Pen est en effet un nom qui rappelle ce mouton noir de la politique française qui a fait de la xénophobie un courant politique comme un autre, au point de faire accroire, grâce notamment au soutien du comique (assez pathétique sur le coup!) Dieudonné, que le racisme pouvait être une forme d’humour, avec toujours le fameux alibi de la grille d’interprétation: c’est du trente sixième degré!
Quoi qu’il en soit, Marine Le Pen, pour exister, devait encore choisir un métier. Elle a fait du droit et a été admise au barreau sans coup férir. Seulement, le métier d’avocat est trop facilement féminin, on y porte une robe, même si l’on se fait appeler de façon fort virile (maître). Marine n’a pas en conséquence porté la robe bien longtemps, elle a, comme on l’enseigne en France, choisi son genre une bonne fois pour toutes: elle a décidé de faire de la politique en pantalon. On voit d’ici, au-delà du patrimoine génétique transmis à son insu par son illustre père, la promesse tutélaire dont celui-ci lui a rebattu les oreilles durant toute son enfance: «Tu seras un homme, ma fille!» Génétiquement programmée pour ceci, on l’a politiquement déprogrammée pour être cela. Cela s’appelle, suivant les manuels français, l’environnement supposé déterminer le choix du genre.
Tout le monde sait en Afrique qu’une femme ne succède pas à un homme, cela ne s’est vu nulle part! Alors, il a fallu pour succéder à son père faire le choix radical mais efficace d’être un homme. Notre opinion, là-dessus, est faite: si, il y a quatre ans, lors du débat télévisé de l’entre-deux tours de la présidentielle, Nicolas Sarkozy, au lieu de Ségolène Royal qui s’était contentée de pointer un doigt accusateur sur lui, avait eu Marine Le Pen en face, c’est une pichenette qu’il aurait reçue en pleine figure. Comme dit l’aphorisme latin Mala malus mala mala dat  (mauvais pommier produit de mauvaises pommes): elle a été formée à bonne école. Son père se bagarrait dans la rue avec des quidams qui l’insultaient, le moins qu’elle eût fait, c’eût précisément été d’envoyer valser un candidat qui l’aurait contrarié, par une chiquenaude bien placée. 
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