La capitale congolaise accueille mardi et mercredi un sommet des chefs d’Etat de la CEMAC aux enjeux complexes pour l’avenir de l’intégration sous-régionale.
Sans que la numérotation indique nécessairement un ordre
hiérarchique, le premier dossier est relatif aux modalités de facilitation de
la mise en œuvre du principe de rotation par ordre alphabétique. Pour dire la
réalité plus simplement, il y a lieu de rappeler que le sommet des chefs d’Etat
de la CEMAC à Bangui en janvier 2010 avait mis fin au consensus de Fort-Lamy
adopté en 1963. Celui-ci fixait les sièges des institutions et répartissait les
responsables par Etat. Exemple : siège de la BEAC à Yaoundé ; gouverneur de la
BEAC , un Gabonais.
La décision de Bangui entrée aussitôt en vigueur, c’est un
Equato-Guinéen qui est devenu gouverneur de la BEAC , pour un mandat de sept
ans non renouvelable. Quant aux autres institutions de la CEMAC, il ressort de
la décision prise à Bangui une harmonisation des mandats pour cinq ans.
Toutefois, les chefs d’Etat ne se sont pas prononcés explicitement sur le
caractère renouvelable ou non des mandats.
Au cours de la réunion du conseil
des ministres, les participants auraient eu des interprétations diverses,
chacun y allant de sa compréhension et en fonction de ses intérêts. De source
digne de foi, en fonction de l’interprétation, un déséquilibre résulterait ou
non de la répartition des responsabilités, mettant ou non à l’écart certains
Etats de la gestion des grandes institutions communautaires suivantes : la
Commission, la BEAC, la BDEAC , la COSUMAF ou commission de surveillance des
marchés, la COBAC, la Cour de Justice, la Cour des Comptes.
Le second dossier concerne la compagnie aérienne Air CEMAC.
L’on se rappelle que les négociations avec les précédents partenaires
pressentis, à savoir SN Bruxels puis South African Airways ont échoué. Ces
partenaires voulaient Douala comme siège et hub. A Bangui, les chefs d’Etat ont
accordé le siège à Brazzaville. Et l’on vient d’apprendre qu’un nouveau
partenaire, Air France effectue son entrée. Mais Selon des sources informées,
ce nouveau partenaire poserait comme condition primordiale une réforme de la
régulation du transport aérien en Afrique centrale. Plus simplement, les
compagnies nationales ne pourraient plus effectuer le transport à l’intérieur
de la CEMAC. Camair-Co ne pourrait plus voler de Douala ou Yaoundé vers
Brazzaville par exemple. Un problème délicat.
Le rapprochement des places boursières de Douala et de
Libreville est un troisième dossier. A Bangui en 2010, les chefs d’Etat avaient
pris des décisions allant dans le sens de l’harmonisation et même de la fusion
des deux bourses. Mais, selon de bonnes sources, les solutions actuellement
proposées pénaliseraient plutôt l’efficacité, le développement d’un grand
marché financier sous-régional et l’intégration de la CEMAC. Le problème du
passeport CEMAC , sans suite palpable jusqu’à présent, serait aussi à l’ordre
du jour.
Cependant les grandes articulations du programme officiel
sont connues : aujourd’hui arrivée des chefs d’Etat jusqu’en mi-journée et
cérémonies d’accueil ; dans l’après-midi cérémonie de lancement du magazine
Forbes Afrique. Mercredi,cérémonie officielle d’ouverture, huis clos des chefs
d’Etat, conférence de presse et clôture du sommet
ESSAMA ESSOMBA -www.cameroon-tribune.cm

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