Cammeroun - Affaire du bébé volé / Un an après, Vanessa Tchatchou s`en remet à Dieu !

Le 20 août 2011, un enfant a été volé au service néonatalogie de l’hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Ngousso. Des suspects ont été appréhendés. Ils sont même passés aux aveux, disant le bébé mort. Mais, la jeune mère reste convaincue du contraire.

 


Évocation: Un an après, Vanessa s’en remet à Dieu

Aux premières heures du samedi 20 août 2011, Vanessa Tchatchou, enceinte de sept mois, entre en travail. Dans la panique, Sylvie Jueyep la mère et le compagnon de la jeune fille la conduisent au dispensaire non loin de leur domicile, au quartier Tsinga village à Yaoundé.

L’infirmière de garde leur annonce que la venue au monde du bébé de l’adolescente est imminente. Sylvie Jueyep, qui craignait une fausse couche, est surprise. L’accouchement survient bien plus tôt que prévu. Mais, ce n’est pas le seul problème.

En fait, Sylvie Jueyep se souvient que, deux jours plus tôt, de retour de sa dernière visite prénatale à l’hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé, Vanessa Tchatchou lui a fait savoir que le médecin lui a recommandé de se rendre dans cette formation hospitalière en cas de problème, quelle que soit l’heure. C’est ainsi que Sylvie l’y transporte. Il est environ 6h lorsqu’elles arrivent à l’hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Ngousso.

Couveuse ou pas couveuse?

A 7h53 ce 20 août 2011, Vanessa Tchatchou accouche d’une prématurée de 1,7 kg. Aussitôt après sa venue au monde, la petite fille est au centre d’un débat. Faut-il la mettre en couveuse ou non? Un infirmier accoucheur est d’accord pour que l’enfant soit rendu à sa famille, contrairement à certaines de ses collègues, qui estiment que la survie de ce nouveau-né dépend de son admission en néonatalogie. L’avis de la pédiatre doit départager les deux parties. Mais, elle ne se trouve pas dans son bureau au moment où l’infirmier accoucheur va lui poser le problème.

C’est ainsi que la mère de Vanessa campe sur l’idée de rentrer avec sa petite-fille. En fait, le souci de Sylvie Jueyep est d’ordre financier. L’accouchement de Vanessa Tchatchou l’a surprise. L’argent dont elle a pu disposer dans la matinée ne lui permettait pas de couvrir les frais d’hospitalisation du nouveau-né. Pour se dédouaner de toute responsabilité relative aux conséquences de cette décision, les infirmières demandent à Sylvie de signer un engagement. Alors qu’elle s’y attèle, une infirmière porte le bébé et le conduit en salle de néonatalogie. Lorsque celle-ci revient, elle fait savoir à Sylvie Jueyep que ce n’est plus la peine de signer le document, étant donné que l’enfant est déjà pris en charge, sous réserve du
paiement des frais. Peu après 9h30, on ne parle plus de ce problème. Sylvie Jueyep a déjà ouvert le dossier du nouveau-né, qui ne porte pas encore de nom.

De son côté, Vanessa Tchatchou est admise en salle n°2 de la maternité, où une perfusion lui est administrée. Les heures passent. Sylvie Jueyep et Issa Ousséni, le père du bébé, se succèdent au chevet de Vanessa. Vers 14h15 le même jour, sa mère fait la file à la pharmacie de l’hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Ngousso. Issa est à ses côtés. C’est alors qu’une infirmière, Béatrice Nde Mba, vient lui annoncer que son bébé a disparu. Pis, l’infirmière soutient mordicus que c’est Sylvie Jueyep qui l’a volé. Mais, lorsqu’elle se rend compte que celle-ci n’est pas sortie de la formation hospitalière, elle pointe un doigt accusateur sur Mirabelle, la belle-sœur de Sylvie qui l’accompagnait ce matin-là. Sauf que Mirabelle a quitté l’hôpital à 8h. C’est qu’en fait, l’infirmière essaye de faire oublier la négligence dont elle a fait preuve. En effet, la salle de néonatalogie est fermée et strictement interdite d’accès. La preuve, plus tôt dans la matinée, cette même
infirmière a refusé que le copain de Vanessa entre dans la salle des couveuses pour voir sa fille. Par la suite, cette infirmière dit à Issa Ousséni qu’elle dormait quand l’enfant censé se trouver dans une couveuse a été enlevé.


Qui a volé le bébé?

C’est à ce moment qu’on découvre qu’en fait, le nouveau-né de Vanessa Tchatchou se trouvait sur une table radiante depuis près de cinq heures. Qui a donc kidnappé le bébé de Vanessa ? A l’époque, le Pr Doh Anderson Sama, alors directeur de l’hôpital mis en cause, répondait que l’auteur était une inconnue qui aurait déjoué l’attention des infirmières, puis, accompagné d’un homme, aurait emprunté un chemin détourné débouchant sur l’entrée du camp des Chinois. La voleuse aurait fait croire au vigile qu’elle allait enterrer son bébé mort. Celui-ci leur aurait ouvert le portail, sans poser plus de question.

Depuis cette sombre journée, Vanessa Tchatchou n’a plus vu son enfant. Elle n’en n’a gardé que le souvenir de son premier cri de naissance. Sa détermination à le retrouver n’y a rien fait. Sept mois de siège à l’hôpital, une violente expulsion et quatre suspects qui disent son bébé mort. C’est ce que Vanessa Tchatchou aura vécu pendant un an. Hier, à l’occasion de ce triste anniversaire, la famille a décidé de s’en remettre à Dieu, en demandant une messe à la paroisse Christ-roi de Tsinga à Yaoundé. Des prières pour oublier, pour tourner la page mais surtout, pour garder espoir.
Source :  Camerounlink 

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