Le célèbre chanteur congolais a été condamné à trois mois de prison avec sursis pour coups et blessures volontaires sur son producteur. Reportage09h00. A l’entrée du tribunal de paix de la Gombe, une commune de Kinshasa, des photocopieurs attendent les premiers clients.
Peu avant, une radio a diffusé un flash info:
Koffi Olomidé est notamment jugé
pour «coups et blessures volontaires» sur son producteur Diego «Music» Lubaki,
un Congolais résidant à Paris qui lui devait plusieurs milliers d’euros.
«S’il y a eu coups et blessures,
il faut que cela puisse se matérialiser», tranche Pierrot, un avocat stagiaire.
Puis il oublie le droit, se livre corps et âme.
Dans la même salle où Koffi
Olomidé a comparu la veille, le secrétaire d’un cabinet d’avocats patiente en
attendant de donner une procuration pour une autre affaire. Dominique n’a que
faire du procès de l’artiste, qui reprend dans la matinée:
Dominique a surtout été marqué
par le tabassage, il y a quelques années, d’un caméraman de la chaîne RTG@
imputé aux gardes du corps du chanteur. Jimmy, qui va lui assister au procès,
s’en souvient aussi: «Nul ne peut se faire justice à soi-même. C’est la justice
qui a la violence légitime...»
Un prévenu confiant
Après une nuit de détention
préventive, la star internationale se présente, accompagnée d’une quinzaine
d’avocats. Apparence: sereine, confiante, détendue même. L’accusation arrive en
retard… et sans son client.
«Il a eu le temps de réfléchir
mûrement seul devant sa conscience. (...) Il a souhaité se désister pour
privilégier la paix sociale et rétablir la paix entre lui et celui qu'il
appelle son "grand frère" depuis ce matin», justifie l'un de ses
avocats.
L’accusé «mérite un châtiment qui
est dû à son rang.»
Le prévenu, ajoute-il, «est le
port étendard de la République démocratique du Congo, le port étendard de la
démocratie en dehors de la République démocratique du Congo. (…) La société lui
donne beaucoup, il doit donner beaucoup à la société. (…) Le comportement de
Koffi Olomidé a un impact terrible sur la société, sur la jeunesse. Il doit
mériter un châtiment qui est dû à son rang.»
«Ayez la certitude de mon
innocence»
Deux toges noires avancent qu’il
y a eu «légitime défense» et «échange de coups», sous-entendant que l’artiste
et le producteur sont à parts égales coupables de coups et blessures —un
argumentaire qui fragilise la plaidoirie, axée sur le fait qu’aucun des témoins
n’a spécifiquement vu leur client frapper Diego Lubaki.
Pour sa part, Koffi Olomidé
décèle «non seulement un acharnement mais une espèce de haine» du procureur à
son encontre.
«Je suis innocent. (...) Je
voudrais que vous ayez une certitude, celle de mon innocence», conclut-il.
Verdict. Le tribunal de paix a
«établi en fait et en droit l'infraction de coups et blessures volontaires (…)
et le condamne à une servitude pénale de trois mois, assortie d'un sursis de
trois mois», explique le juge.
«Je suis très contente», lâche
tout sourire Daya, une Sénégalaise installée en RDC et fan de Koffi Olomidé
depuis 25 ans. Aurait-elle préféré un acquittement? «Oh, ça va comme ça!»
Pendant que la vedette quitte le
tribunal sous les ovations, d’autres se désolent: pour eux, un tour en prison
aurait été une bonne leçon.
Habibou Bangré, à Kinshasa - slateafrique

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