Le Premier ministre syrien Riad Hijab a fait défection lundi 6 août. Il aurait fui en Jordanie. Quelques heures plus tard, un attentat contre le siège de la télévision nationale à Damas a fait plusieurs blessés.
Le régime syrien de Bachar al-Assad s'affaiblit de jour en
jour. Lundi 6 août, le Premier ministre Riad Hijab a fait défection. De son
côté, la télévision d'État a assuré que M. Hijab avait été démis de ses
fonctions.
Cette défection représente le coup le plus dur contre le
régime après 16 mois d'une révolte sans précédent contre le président Bachar
al-Assad, dont le principal outil de propagande, la télévision officielle, a
été la cible d'un attentat à l'explosif lundi matin.
Deux mois à peine après sa nomination, sur fond de révolte
populaire devenue conflit armée, Riad Hijab, un sunnite, « a fait défection »,
a affirmé Rami Abdel Rahmane, chef de l'OSDH, sans toutefois pouvoir dire où se
trouvait l'ex-Premier ministre.
La télévision officielle a, elle, annoncé qu'il avait été
démis de ses fonctions et que Omar Ghalawanji, vice-Premier ministre et
ministre de l'Administration locale, était désigné pour "expédier
temporairement les affaires courantes".
Selon le quotidien gouvernemental Techrine, M. Hijab avait
présidé dimanche deux réunions centrées « sur les mesures à prendre pour
réaménager les régions purifiées des groupes terroristes armées », terme par
lequel les autorités désignent opposants et rebelles.
Avant lui, trois officiers des renseignements politiques à
Damas, dont deux frères issus du clan du vice-président sunnite Farouk
al-Chareh, ont fait défection dimanche et trouvé refuge en Jordanie, a assuré à
l'AFP le colonel Kassem Saad Eddine, porte-parole de l'Armée syrienne libre
(rebelles) en Syrie.
Par ailleurs, le premier cosmonaute syrien, le général
Mohammad Ahmad Fares, 61 ans, s'est, lui, réfugié en Turquie, selon l'agence
Anatolie.
L'annonce de la défection de Riad Hijab est intervenue
quelques heures après un attentat au siège de la radio-télévision d'Etat qui
n'a fait que des blessés légers et n'a pas perturbé la poursuite des
programmes.
Portée symbolique
Pour autant, cette attaque a eu une forte portée symbolique
puisqu'elle a visé le principal outil d'information du régime, de surcroît dans
un quartier ultra-protégé de la capitale. Pour pénétrer dans l'immeuble, il
faut se prêter à plusieurs contrôles des services de sécurité
Cet attentat est intervenu alors que l'armée a affirmé il y
a deux jours contrôler totalement la capitale après avoir repris le quartier de
Tadamoun.
La chaîne officielle d'information en continu al-Ikhbaria a
montré le ministre de l'Information inspectant le troisième étage au milieu de
murs éventrés, de chaises renversées, de fils électriques pendant du plafond,
de canalisations d'eau rompues, et alors que des secouristes évacuaient un
blessé.
Samedi déjà, les rebelles avaient attaqué sans succès le
bâtiment de la télévision d'Etat à Alep (nord), et le même jour, l'Observatoire
syrien des droits de l'Homme (OSDH) confirmait qu'un présentateur de la même
chaîne, Mohammad al-Saïd enlevé à la mi-juillet à son domicile à Damas, avait
été exécuté.
Alors que de plus en plus de déserteurs et de civils
prennent les armes face à la répression sanglante du régime, Bassma Kodmani,
une des porte-parole du Conseil national syrien (CNS), principale coalition de
l'opposition, a affirmé que le Qatar, l'Arabie saoudite et la Libye
fournissaient des armes aux rebelles.
À Alep, poumon économique du pays, des bombardements et des
tirs d'arme automatique avaient lieu lundi dans plusieurs quartiers, causant la
mort de huit civils et d'un commandant rebelle, selon l'OSDH.
Depuis le début de la journée, 28 personnes ont été tuées à
travers la Syrie, dont 21 civils et huit rebelles, selon l'organisation basée à
Londres qui tire ses informations et ses bilans d'un réseau de militants et de
témoins en Syrie.
Dimanche, 131 personnes ont péri, dont 79 civils, 42 soldats
et 10 rebelles, selon l'OSDH. Compte tenu des restrictions imposées par les
autorités, il est impossible de vérifier ces bilans de source indépendante.
"Massacre" à Hama
Par ailleurs, le CNS a accusé les forces fidèles à Bachar
al-Assad d'avoir « massacré » une quarantaine d'habitants dans la province de
Hama (centre).
Selon le CNS, ce massacre commis à Harbnafsa, 8 000
habitants, dans une province sunnite « s'inscrit dans le cadre d'un exode
confessionnel » forcé.
Le CNS précise que les troupes ont d'abord pilonné la
localité à l'aide de chars pendant plus de cinq heures, avant de la prendre
d'assaut, faisant une quarantaine de morts et quelque 120 blessés, en majorité
grièvement touchés.
Toutefois, l'OSDH a de son côté fait état de 11 civils tués,
dont cinq enfants. En vue de la bataille d'Alep qu'elle juge « décisive »,
l'armée a achevé dimanche l'envoi d'importants renforts dans cette deuxième
ville du pays, théâtre d'affrontements depuis le 20 juillet.
Selon un responsable de la sécurité, au moins 20 000
militaires ont été déployés sur le front d'Alep, où les rebelles comptent pour
leur part entre 6 000 et 8 000 hommes, d'après le journal al-Watan, proche du
pouvoir.
Les rebelles disent tenir la moitié de la ville et affirment
que, malgré les bombardements, par l'artillerie et l'aviation, les soldats ne
parviennent pas à avancer au sol.
Source : Jeuneafrique

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