L`universitaire revient sur la controverse impliquant le fils du président de la République par ailleurs créateur de richesses dans l`affaire des titres de Camtel.
Quel est le regard de l`universitaire que vous êtes sur le ramdam médiatique orchestré par une houle de journaux autour des 100 milliards Fcfa de détournement imputés à Franck Biya ?
Je pourrais plutôt dire le regard d`un citoyen indigné par l`investissement absolument négatif de ces entrepreneurs politiciens qui tentent de délégitimer le leadership présidentiel dans la conduite d`une opération d`assainissement perçue comme l`épicentre de ses politiques de construction de l`Etat de droit démocratique, de modernisation subséquente des mœurs publiques, en un mot, du développement du Cameroun.
La pièce instrumentale de cette vaste machination qui, au juste, dévoile une figure des résistances que suscite l`opération dite « Épervier », au sein des élites qui se sentent concernées par celle-ci pour des faits avérés, c`est la présentation de la famille biologique du chef de l`Etat, comme étant outrancièrement vénale, avec la bénédiction de ce dernier.
Toutefois, ce choix implique que ces hommes que « l’opération » dite "Épervier a rendus migraineux, n`ont aucun argument de fait, ni de droit à opposer au président Paul Biya. En effet, quel que soit ce qu`on pourrait reprocher à son fils Franck Biya, il demeure que Paul Biya reste Paul Biya et Franck Biya, Franck Biya. Sans confusion possible d`identité, ou de responsabilité.
Le faible investissement dans le collectif, corollaire de la-faiblesse du sentiment d`appartenance à une même communauté dont font montre, pour la circonstance sus évoquée, des manipulateurs mus exclusivement par des préoccupations d`ordre personnel à l`origine des manœuvres rétrogrades décriées ici, mettent, hélas, une hypothèque sur notre idée d`entreprise à savoir: devenir à moyen terme, un pays émergent.
En effet, ceux qui se donnent en spectacle devant les opinions publiques-nationale et internationale- en distillant, sans vergogne, des mensonges afin d`obtenir par un chantage qui s`appuie sur la construction de pseudo-scandales économiques imputés cyniquement aux proches du chef de l`Etat, montrent bien que nombre de concitoyens vivent encore dans la préhistoire de la logique d`institutionnalisation de la vie publique qui sous-tend le Renouveau national. D`où l`urgence de la formation de tous les citoyens à ladite logique.
A vous entendre, Franck Biya n`aurait donc pas grugé le trésor publique des 100 milliards comme dénoncé par une certaine presse ?
Absolument pas. En tout cas dans l`opération excipée d`achat de titres à Camtel, Franck Biya n`a grugé personne. Je vais m`expliquer au travers de deux questions qui me semblent fondamentales à la restitution de la vérité. D`abord, en vendant ses titres à Afrione, la Camtel a-t-elle fait une fleur au fils aîné du chef de l`Etat? Que nenni, parce que ces transactions régulières étaient ouvertes à tous. Et selon des informations indiscutables, vérifiables parce que rendues publiques, d`autres opérateurs en ont bénéficié. Ainsi, sur un total de 56,745 titres émis par le ministère de l`Economie et des Finances en faveur de la Camtel, 9400 seulement auront été cédés à Afrione, société dont Franck Biya est le Pca, le reste ayant bénéficié à des acquéreurs de tous horizons.
Or, la loi fondamentale de notre pays dans son préambule, décline l`attachement du peuple camerounais à des principes dont j`évoquerai deux qui nous intéressent pour le cas d`espèce: Tous les hommes sont égaux en droits et en devoirs. L`Etat assure à tous les citoyens, les conditions nécessaires à leur développement; « Tout homme a le droit et le devoir de travailler... », suite à quoi j`ai envie d`ajouter ceci: Franck Biya est égal à tous les autres citoyens camerounais en droits et en devoirs. Ceci concerne tous les droits et tous les devoirs, sous la protection de l`Etat, sans en exclure aucun. Il avait par conséquent parfaitement le droit, comme tout bon opérateur économique, de spéculer.
Aux confins de ce qui précède, il est permis de conclure que Franck Biya n`est ici jeté en pâture qu`en raison de ses origines. Un travers que pourtant prohibe formellement la constitution de la République du Cameroun dans son préambule en ces termes: "Nul ne peut être inquiété en raisons de ses origines..."
Ensuite, l`achat et la revente des titres avaient-ils permis à Afrione d`engranger 100 milliards de francs Cfa?
Dans une logique arithmétique, l`on peut affirmer que cela eût été impossible. Voyons pourquoi. La dette titrisée de l`Etat vis-à-vis de la Camtel s`élevait, selon des informations crédibles et irréfutables, à 56.745.769018 Fcfa C`est là une réalité objective qui implique que les 56.745.titres qui en découlent et dont seulement 9400 avaient été cédés par Camtel à Afrione, ne pouvaient rapporter 100 milliards à Franck Biya son promoteur, même si ce dernier avait acquis l`ensemble des-dits titres (56.745), nul ne pouvant donner ce qu`il n`a pas. Ceci est encore plus vrai s`agissant des 9400 titres achetés en fait par Afrione, lesquels représentent en espèces sonnantes et trébuchantes, la somme globale de 9.400.000.000 Fcfa, la valeur faciale d`un titre s`élevant à 1.000.000 Fcfa.
Dès lors, doit-on vivre, sans délirer, sous le mode de l`évidence des allégations tendant à dire qu`on peut gagner 100 milliards en spéculant sur des tares valant seulement 9 milliards de Fcfa? Non.
Alors je me suis permis de me demander mais qu`est-ce que Afrione a gagné sur ces opérations, en même temps, qu`est-ce que son partenaire étatique qui a racheté les titres avant leur maturité y a perdu? La réponse à ce questionnement m`a été suggérée par ma fille élève au C.M.2 sur la base des formulations Ci-après: Le bénéfice (ce qu’Afrione a gagné) équivaut au différentiel prix de revient-(prix d`achat soit 3.500.000.000, représentant les 40% des 9 milliards, obtenus sur emprunt bancaire auprès d`Afriland first Bank+ les frais: intérêts bancaires, timbres, enregistrement...) prix de vente soit 70% des 9 milliards. Cette soustraction permet de dire avec autorité que l`entreprise dont Franck Biya est promoteur a gagné quelque chose dans une opération qui était tout compte fait, a but lucratif. C`est dire que même en attendant d`être payé à la date de maturité de ses titres, Afrione aurait gagné ce quelque chose, puisque l`Etat aurait payé lesdits litres à leur valeur faciale assortie des intérêts produits. Mais un quelque chose de valeur epsilon, par rapport a la somme faramineuse de 100 milliards instrumentalisée par certains médias peu soucieux d`objectivité.
L`on doit à la vérité de reconnaître que c`est plutôt l`Etat à qui Afrione a par ailleurs, payé les frais d`enregistrement et des timbres, qui s`en sort le mieux. En effet, exposés à payer à leur maturité les titres émis à leur valeur faciale (9.400.000.000 Fcfa pour le cas d`espèce) majorée des intérêts générés, les pouvoirs publics ont acquis par anticipation, lesdits titres minorés de 30% de valeur faciale. On n`a pas besoin à ce niveau d`être un expert financier (je suis loin de l`être), pour effectuer les calculs arithmétiques permettant d`avoir l`évaluation chiffrée des gains de l`Etat dans sa démarche. Alors a vos crayons...
Selon vous, que visent les menées que vous dévoilez, peuvent elles prospérer?
Il convient d`abord d`observer que lesdites menées constituent un concentré d`intérêts primaires dissimulés, selon un procédé de mensonge conscient, derrière de pseudo-mobiles plus ennoblissant et, de ce fait, populaires. (Dénoncer les détournements, réclamer la justice pour tous).
L`astuce a consisté à monter en épingle une opération- l`achat et la revente de titres — sans intérêt véritable par rapport à l`opération dite "Épervier, en grossissant de manière exponentielle, le montant des gains prétendument réalisés au détriment du trésor public, par l`opérateur économique "vénal" Franck Biya, qui "bénéficierait de la protection de son père". Une manière de signifier à la masse dont on recherche l`appui, que ses intérêts sont en jeu et ainsi, exciter la haine de celle-ci contre le chef de l`Etat et sa famille qui menaceraient l`intérêt général. Avec à la clé, le blocage de l`opération "Épervier".
Mais l`étude de l`élaboration et de la mise en œuvre de la politique publique de lutte contre la corruption conduite par le président Paul Biya révèle que le recours au chantage, sous forme de menaces, d`attaques personnelles et de critiques peu objectives, n`a jamais réussi à fléchir le chef de l`Etat. Des exemples qu`il serait fastidieux d`évoquer ici le démontrent à suffisance.
Mais une certaine presse pense que le chef de l`Etat protège sa famille...
Mais, c`est dans l`objectif que j`ai relevé plus haut. Malheureusement pour ces manipulateurs qui veulent ainsi "crétiniser le peuple, cette fausse perception est contraire à celle suggérée par l`analyse de la politique publique de lutte contre la corruption Conduite contre vents et marées par le président Paul Biya. Laquelle politique dévoile plutôt la démarcation du leader présidentiel vis-à-vis des réseaux (famille, région, ethnie, croyance religieuse, parti politique, secte ésotérique etc.), impuissants à faire pression sur celui-ci, comme le prouvent des fans constants. Je laisse pour cela parler maître Akéré Muna, alors représentant local de Trancparency international: "on dira tout ce qu`on veut du Président Biya, mais il faut reconnaître que le Cameroun est le seul pays d`Afrique où le Président du jour au lendemain, arrête des cadres de son gouvernement dont au moins 80% sont de son ethnie. Vous me direz qu`ils sont les plus nombreux aux affaires, mais quel que soit le cas, je ne connais pas d`autres pays où la corruption pourtant sévi avec la même vigueur que chez nous où le chef de l`Etat a réagi comme ça. Dans beaucoup de régimes, il y a plus un souci de protection des siens (source Le Jour n°0653 du 23 mars 2010). Parlez-moi d`une stratégie de lutte anti-corruption ayant pour matrice structurante la suprématie du droit, n est-ce pas?
Source : camerounlink

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