Opinions.


Et si  la jalousie, la calomnie et la médisance étaient de véritable  freins à l'épanouissement des Hommes dans la société.





La médisance  se définie comme l'Action de médire, dire du mal de quelqu'un ou de quelque chose. Il est trop présent dans notre monde et dans la société, et est à l’origine de nombreux conflits. « La médisance est encore le plus grand lien des sociétés. » remarque  Edmond et Jules de Goncourt.Elle est présente en famille, au travail, entre amis : que cachent ces perfidies, honteuses mais tellement réjouissantes...

« Louis a encore obtenu la mission la plus intéressante. Pas étonnant, avec la drague qu’il fait à la directrice »,s’énerve celui qui aimerait être promu. « Quoi ? Cette maigrichonne ? Je suis sûre qu’elle est anorexique », assène son interlocutrice. Ah, le savoureux plaisir de la médisance, petite méchanceté partagée sur le ton de la confidence !..Un comportement réservé aux pervers manipulateurs ?...Chacun sait que ce n’est pas bien de médire. Et personne n’aime passer pour une langue de vipère. Mais rares sont ceux qui partent quand l’histoire est croustillante…

'La mégère, reine de la médisance est à la société ce qu'est la commère dans vos quartiers. Ces gens vivent de vos faits et gestes, savent tout et rien de vous, salissent votre image et de leur méchanceté savourent leur bonheur. Pire que dans chaque quartier, il y en ait une pour entretenir la vie de gens qui s'en intéressent à s'en ressembler d'ignominie virulente.' 
Pourquoi plongeons-nous irrésistiblement dans ce plaisir coupable ?



Détester ensemble...
  
Médire crée du lien social. "Comme les primates s’épouillent, l’homme moderne cancane !« Détester ensemble forge des liens plus forts que de partager du positif », révèle Laurent Bègue.
Deux inconnus se sentiront plus familiers s’ils médisent sur un tiers que s’ils en disent du bien.Ils s’assurent ainsi de partager les mêmes valeurs.« L’absent est le mauvais objet ; par opposition,le calomniateur devient le bon objet, le gentil », souligne Frédéric Fanget, psychiatre. À cela s’ajoute le délicieux frisson de la transgression, puisque la norme sociale implicite veut que l’on soit aimable et positif. 
Celui qui dit du mal prend donc le risque d’être mal vu. Pourtant, c’est le contraire qui advient : l’air sincère, le médisant montre à son interlocuteur qu’il lui fait confiance. Touché, ce dernier est alors plus disposé à partager, à son tour, ses secrets.

Malgré sa mauvaise réputation, la médisance a une fonction positive : transmettre les normes et les valeurs du groupe.En désignant ce qu’il ne faut pas faire et en jetant l’opprobre sur ceux qui transgressent, elle tient le rôle d’un mécanisme de contrôle.Elle met la pression sur ceux qui s’écartent du chemin, comme sur les nouveaux venus, auxquels elle donne des informations nécessaires à leur intégration. 

« En écoutant les cancans, j’ai appris plein de choses sur ma nouvelle entreprise, raconte Marie, 38 ans. Par exemple, qu’il était considéré comme inhumain de ne pas appeler ses enfants plusieurs fois par jour alors que, dans mon ancienne équipe, tout coup de fil perso était banni ! » C’est, en outre, un atout dans la progression sociale. Nous répétons les mésaventures de nos rivaux, surtout s’ils sont du même sexe que nous et de statut supérieur. Le but caché : utiliser ces informations pour grimper socialement.

La médisance est dévastatrice. Parce qu’elle colle, en douce, une étiquette à celui qui en est victime, elle le prive de défense et de liberté, tout geste étant ensuite interprété à l’aune de l’accusation. 

'On peut comprendre le besoin de se donner quelques repères utiles qui agiront comme raccourcis lors de nos rapports avec les autres. L'étiquette que nous accolons à quelqu'un peut servir d'accélérateur pour faciliter notre contact avec l'autre. Nous pouvons ainsi, parfois, saisir plus rapidement des messages, mieux interpréter des comportements et même, au besoin, adapter nos communications à notre interlocuteur. 
Ces étiquettes sont alors au service de notre relation à l'autre. Mais cette habitude anodine peut avoir un effet pervers. Le danger survient lorsque l'étiquette, au lieu de servir le rapport avec une autre personne, devient un écran, un obstacle au contact avec cette personne. Au lieu de nous ouvrir des portes, elle nous enferme alors dans une perception étroite et rigide de l'autre. 
Ce qui devrait servir d'agent facilitateur devient un outil utilisé pour dépersonnaliser et chosifier des personnes, discriminer et isoler quelqu'un et quelquefois, ghettoïser certains groupes. L'étiquette et le mode d'emploi 
prennent le dessus sur la réalité de la personne qui est en face de nous et remplissent alors une autre fonction,celle d'ostraciser des personnes ou de réduire à quelques généralités la richesse de quelqu'un.'1

         
Se rassurer sur sa normalité


Pourquoi toute cette haine ? « Frustration, colère, jalousie… toutes les raisons qui expliquent les comportements agressifs », détaille Laurent Bègue. 
Et qui font la nature humaine. « La médisance apparaît dans la toute petite enfance, quand, hors du giron familial, nous nous comparons aux autres »,constate Virginie Megglé. Interdits de mordre et de donner des coups de pelle, nous passons à la violence verbale. « Pour rester le préféré de nos parents, nous dévalorisons nos camarades, poursuit- elle. Pour nous rassurer sur notre propre normalité, nous disons du mal de celui qui paraît différent. »

« C’est un échec de l’affirmation de soi, affirme Frédéric Fanget. Lorsque l’on ne s’estime pas, on s’évalue par rapport aux autres, on se dénigre. »

Nous médisons pour dire nos angoisses, solliciter du réconfort, de l’aide… Pour dire indirectement du bien de nous et de celui qui nous écoute, complice. 
Nous avons aussi le plaisir d’attiser la curiosité, de monopoliser l’espace de parole, de signaler que nous détenons des informations…Le « T’as vu comme la jupe de ma soeur est courte, c’est indécent ! » susurré à l’oreille de notre conjoint peut cacher un besoin de nous rassurer sur notre propre pouvoir de séduction. D’autant que nous visons celui qui pointe nos défaillances, qui nous dérange là où nous nous sentons fragiles. Nous nous rassurons de nos insuccès, en nous convainquant, par exemple, que « le voisin a magouillé pour avoir son permis de construire ». « Par projection, nous pouvons aussi attribuer à autrui un défaut que nous refusons d’avoir », éclaire Virginie Megglé. « Elle est arriviste », dit ainsi celui qui a des scrupules à réussir. « Car la médisance n’est pas nécessairement malveillante »,reprend Frédéric Fanget. Pourquoi dire du nouveau chef de projet qu’il a eu un blâme dans son ancien poste ? ..

Mais « la médisance est un sport risqué, observe Laurent Bègue : d’habileté sociale, elle peut vite faire mauvais genre…et devenir un motif de mise à l’écart ». Dangereuse, elle l’est aussi, bien sûr, pour celui qui en est la victime. « Il s’agit bien d’une volonté de détruire, même si c’est symbolique », insiste Virginie Megglé...Comment y mettre fin ? « En rétablissant la communication. » Par exemple, Paul a dit du mal de vous en présence de Léa, qui vous en informe. Vous pouvez répondre à Léa que vous allez vérifier l’information auprès de lui. Puis, à Paul : 
« Il paraît que tu dis cela de moi. Je comprends que tu n’aies pas pu me le dire directement, mais, comme cela me concerne,j’aimerais qu’on en parle. » S’il tente de reporter la faute sur Léa, « cette pipelette », ne vous laissez pas embarquer : 
« Je ne veux pas médire sur elle, je préfère que l’on parle de ce qui se passe entre nous. » Et s’il nie ? « C’est l’occasion de lui demander ce qu’il pense de votre travail, de rétablir le dialogue », propose Frédéric Fanget...


"Peu de chance qu’il recommence si vous avez réagi avec calme et dans un souci d’apaisement, c'est encore la meilleure façon de couper la tête du serpent... avant la plainte pour diffamation, bien sur !".

Saurons-nous tout dépasser pour partir à la découverte de tout ce beau monde?

©Wao : Béatrice Seupa Ng.


Source : 
Trommenschlager F Psychanalyste/Psy-luxeuil : medisance et perfidie un fleau
(1) usherbrooke /psychologie/quant une étiquette vous colle a la peau

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