Au lendemain de l'investiture de la nouvelle Commission présidée par Jean-Claude Juncker, un nouveau sommet européen est prévu à Bruxelles, ce jeudi 23 octobre. Au menu des discussions entre les chefs d'Etat et de gouvernement, le plan d'action de l'Union européenne sur le climat dans la perspective de la conférence de Paris qui aura lieu l'an prochain.
Il sera
également question du renforcement de la lutte contre l'épidémie de fièvre
Ebola, et bien sûr d'économie.
40 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre par
rapport à leur niveau de 1990 : c'est l'engagement pour 2030 que devrait
prendre l'Union européenne, à l'issue de ce sommet de deux jours. Le but est de
parvenir à limiter à 2 degrés la hausse globale des températures.
Pour y parvenir, il faudrait réduire l'émission de ces gaz à
un niveau compris entre 80 % et 95 % en 2050. Le choix retenu par les
Vingt-Huit est celui de la fourchette basse, et c'est le rapport du Giec de
2009 qui a servi de support à cette décision.
Mais entretemps, le Groupe d'experts intergouvernemental sur
l'évolution du climat a publié un nouveau rapport. C'était cette année. Un
rapport qui concluait que le rythme du réchauffement climatique s'accélérait et
qu'il fallait encore plus accentuer les efforts, plutôt que de se contenter du
minimum.
Pourtant, si l'on en croit les documents de travail qui ont
fuité avant ce sommet, c'est bien ce choix - celui du minimum -, qu'a fait
l'Union européenne. Un signal plutôt ambigü envoyé aux partenaires
internationaux, un an avant la Conférence mondiale sur le climat organisée à
Paris.
Il ne sera pas seulement question de climat lors de ce
Conseil européen de Bruxelles. Vendredi, les questions économiques seront aussi
abordées. Lors de leur dernière rencontre, les Vingt-Huit avaient surtout parlé
des institutions et des nominations pour la prochaine législature. Ce sera
encore le cas cette fois-ci pour accueillir Jean-Claude Juncker, président
d'une Commission fraîchement investie par le Parlement, mais pas seulement.
Car entretemps, les craintes se sont matérialisées autour
d'un chiffre : le zéro. Zéro comme la croissance dans la zone euro au deuxième
trimestre. Zéro comme le chiffre dont l'inflation européenne se rapproche
dangereusement, avec 0,3 % en rythme annuel.
C'est pour tenter de trouver des solutions qu'une rencontre
spécifique des dirigeants de la zone euro est prévue lors de ce sommet. Ce
n'est pas encore la panique, mais c'est l'inquiétude et de nombreux pays, la
France en tête, réclament de l'investissement pour relancer l'activité. Une
initiative franco-allemande est en cours de constitution, et Jean-Claude
Juncker a lui-même évoqué un plan de 300 milliards d'euros. Mais les gardiens
de l'orthodoxie budgétaire seront là eux aussi, et il y a fort à parier qu'ils
demanderont que tout cela se fasse à budget constant.
Du budget, il en sera aussi question en ce qui
concerne les Etats membres, et la France ne sera pas épargnée. François
Hollande tentera à nouveau de convaincre ses partenaires du bien-fondé du
déficit public français, quelques jours avant l'avis redouté de la Commission
europée.(rfi)

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