Niger - manifestation contre "Charlie Hebdo", un centre culturel français incendié

Une manifestation contre l’hebdomadaire "Charlie Hebdo" a dégénéré, vendredi, à Zinder, deuxième ville du Niger. Le centre culturel français de la ville a été incendié, ainsi que des édifices religieux et des commerces tenus par des chrétiens.


​Charlie Hebdo: le Centre culturel français incendié, trois églises saccagées à Zinder

Vendredi 16 janvier, une manifestation contre l'hebdomadaire "Charlie Hebdo" a dégénéré à Zinder, la deuxième ville du Niger, située dans le sud, non loin de la frontière avec le Nigeria.

"Tout a commencé ce matin juste après la prière. Plusieurs centaines de personnes ont déferlé sur la ville en sortant des mosquées, en hurlant des slogans hostiles à 'Charlie Hebdo'", raconte Jean-Karim Fall, journaliste à France 24, spécialiste de l'Afrique. "Ils se sont attaqués à un certain nombre d’édifices religieux. La mission catholique a été entièrement saccagée. Ils ont également totalement détruit et incendié une école catholique. Plusieurs débits de boisson, des bars, ont été détruits dans la ville."

L'AFP rapporte que trois églises, une catholique et deux protestantes, ont été saccagées par les manifestants. "On n'a jamais vu ça à Zinder", a indiqué une source administrative, qui a aussi mentionné l'incendie du siège d'un parti au pouvoir. "C'est un vendredi noir", a-t-elle déploré Le centre culturel français incendié

Le centre culturel français (CCF) a aussi été incendié par des manifestants en colère, a annoncé son directeur, cité par l’AFP. Une cinquantaine de personnes ont "cassé la porte" d'entrée puis "mis le feu" à la cafétaria, à la médiathèque et à des locaux administratifs du CCF, malgré des "tirs de sommation" de "deux policiers" présents pour protéger le complexe, a déclaré Kaoumi Bawa, le directeur du centre de Zinder. "Ça brûle encore. Les pompiers ne sont jamais venus", a-t-il regretté, "en colère".

La police a utilisé des gaz lacrymogènes contre la foule, qui comptait plusieurs centaines de personnes. "Les manifestants crient, en langue haoussa : ‘Charlie’ est le diable, que l’enfer engloutisse ceux qui soutiennent ‘Charlie’", a déclaré Aboubacar Mamane, un commerçant joint par téléphone par l’agence Reuters.

Aucun bilan officiel n'a pour l'instant été communiqué. L'intervention de l'armée a permis de ramener le calme en fin de journée, mais un calme précaire, dit-on, après une situation quasiment insurrectionnelle.
Source : France24

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