Après cinq jours des discussions sur l'avenir des institutions congolaises à Sibiti, à l'ouest de Brazzaville, les participants au dialogue national ont appelé vendredi à un changement de la Constitution, qui limite à deux les mandats présidentiels, plutôt qu'à une simple révision.
On se dirige sans doute vers une nouvelle République au
Congo-Brazzaville. En tout cas, selon le communiqué final du forum politique
tenu du 13 au 17 juillet, une « nouvelle Constitution sans limite d’âge maximal
pour les candidats à la présidentielle ni restriction du nombre de mandats
autorisés à un chef de l’État » devrait bientôt être soumise à référendum. Une
voie ouverte à Denis Sassou Nguesso pour 2016.
À l’issue de ce dialogue national boudé par l’opposition, «
une forte majorité s’est [en effet] dégagée en faveur d’un changement de
Constitution qui concilierait les valeurs universelles de la démocratie et les
réalités politiques, sociales et culturelles de notre pays », indique ce
communiqué lu publiquement à Sibiti (250 km à l’ouest de Brazzaville) où
s’étaient ouvertes lundi les discussions.
« À cet effet, les réformes à engager porteront notamment
sur la fixation de l’âge pour être éligible à l’élection présidentielle à 30
ans minimum et la fixation de la durée du mandat présidentiel à cinq ans
renouvelable », ajoute le texte.
Par consensus, les participants au dialogue national ont
opté pour les réformes institutionnelles et s’en remettent au président de la
République, initiateur du dialogue, pour qu’il en tire les conséquences
conformément à ses prérogatives constitutionnelles.
« Un coup d’État constitutionnel », selon l’opposition
Sassou Nguesso a choisi de mettre le pays dans une situation
de chaos.
« Ce qui vient de se passer […], c’est la concrétisation du
coup d’État constitutionnel décidé par le président Sassou Nguesso », a dénoncé
de son côté Clément Miérassa, président du Parti social démocrate congolais au
nom de la coalition d’opposition, le Front républicain pour le respect de
l’ordre constitutionnel et l’alternance démocratique (Frocad).
« Nous sommes préoccupés parce que le président Sassou
Nguesso a choisi de mettre le pays dans une situation de chaos. C’est une
situation inacceptable », a ajouté Clément Miérassa.
« Notre responsabilité est d’œuvrer par des voies pacifiques
et démocratiques pour arrêter ce coup d’État », a-t-il renchéri. (Jeuneafrique)

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