La scène se déroule à l'entrée de la maternité de l'hôpital Laquintinie, à Douala, capitale économique du Cameroun. Alvine Monique Koumaté et ses bébés posés sur sa poitrine, ventre ouvert, sont exposés aux regards de tous. Les appareils photo et téléphones portables crépitent.
Au milieu des cris des membres de la famille éplorée, des infirmiers
et infirmières vaquent tranquillement à
leurs occupations.
Que s'est-il réellement passé pour qu'une femme soit ainsi «
opérée » à ciel ouvert sur le parvis de
l'un des plus grands hôpitaux publics du Cameroun ? Difficile à dire faute d'éléments factuels précis. « Nous
sommes arrivés à la guérite de l'hôpital
dans un taxi. On nous a demandé d'aller aux urgences, raconte, la voix
étranglée par le chagrin, l'homme qui se présente comme le compagnon de la
défunte. Là -bas, ils nous ont envoyés à
la maternité. Un infirmier est venu et nous a dit qu'elle était décédée
et nous a demandé d'aller à la morgue. »
L'un des employés de la morgue constate que le ventre d'Alvine Monique Koumaté
« bouge » et se propose de l'opérer pour sauver ses jumeaux. Il demande
l'accord des infirmiers, « sans succès ». Finalement, c'est une cousine «
éloignée », Rose Tacke, qui se rue à la
pharmacie, achète des gants et une « lame » et vient mener l'opération. « Elle
espérait au moins sauver les enfants », raconte un témoin de la scène, encore
sonné par l'horreur. « Les infirmières ont refusé, je vous le jure, refusé de
sauver les enfants de ma fille », répète en pleurant au Monde Afrique Beas Sen,
la mère de la défunte.
Lire aussi : Cameroun : les 33 ans au pouvoir de Paul Biya
laissent les jeunes sans illusion
C'est le scandale de trop. Lassés de ces multiples drames
qui frappent les familles qui se rendent dans les hôpitaux publics, des
Camerounais ont décidé d'agir dès le lendemain du drame. Près de cinq cents
personnes, vêtues de tee-shirts noirs et bougie à la main pour la plupart, se sont rassemblées
devant l'hôpital Laquintinie, sous le regard des forces de l'ordre (police et
gendarmerie). Ils ont entonné l'hymne national et ont demandé surtout « la
démission du ministre de la santé publique », « la démission du directeur de
Laquintinie » et « que Paul Biya agisse pour une fois ».
« Plus jamais de Monique Koumaté dans mon pays ! »,
pouvait-on lire sur des banderoles. Le rassemblement a été dispersé à coups de gaz lacrymogène, mais la colère
continue de s'exprimer sur les réseaux sociaux. « J'espère que ces médecins
brûleront en enfer. Que plus jamais on ne vivra ces événements », écrit un
internaute. « Si tu n'as pas d'argent, tu meurs dans les hôpitaux publics du
Cameroun, réagit un autre sur sa page Facebook. Mieux [vaut que] tu restes chez
toi [pour] mourir au moins dans la dignité. »
André Mama Fouda, le ministre de la santé publique, au cours
d'une conférence de presse tenue le même samedi, a pour sa part expliqué que
Monique Koumaté et ses bébés « étaient déjà
décédés » avant leur arrivée à
l'hôpital Laquintinie et qu'une autopsie serait pratiquée pour préciser
l'heure du décès. Le ministre donne des « éléments » qui mettent selon lui hors
de cause le personnel médical et demande que l'on cesse « de jeter l'anathème
sur l'hôpital public ».
Interpellés, Rose Tacke, la femme qui a effectué l'«
opération », Luc Monga, l'employé de la morgue, ainsi que l'infirmier en chef
et une infirmière ont été libérés mardi. Le collectif d'avocats constitué pour
défendre les deux premiers a annoncé continuer le combat pour que plus jamais
des innocents ne « meurent dans les hôpitaux publics ».
Lire aussi : Cameroun : ce que révèle la mort tragique d'une
mère et de ses jumeaux dans un hôpital
La scène se déroule à
l'entrée de la maternité de l'hôpital Laquintinie, à Douala, capitale économique du Cameroun.
Alvine Monique Koumaté et ses bébés posés sur sa poitrine, ventre ouvert, sont
exposés aux regards de tous. Les appareils photo et téléphones portables
crépitent. Au milieu des cris des membres de la famille éplorée, des infirmiers
et infirmières vaquent tranquillement à
leurs occupations.
Que s'est-il réellement passé pour qu'une femme soit ainsi «
opérée » à ciel ouvert sur le parvis de
l'un des plus grands hôpitaux publics du Cameroun ? Difficile à dire faute d'éléments factuels précis. « Nous
sommes arrivés à la guérite de l'hôpital
dans un taxi. On nous a demandé d'aller aux urgences, raconte, la voix
étranglée par le chagrin, l'homme qui se présente comme le compagnon de la
défunte. Là -bas, ils nous ont envoyés à
la maternité. Un infirmier est venu et nous a dit qu'elle était décédée
et nous a demandé d'aller à la morgue. »
L'un des employés de la morgue constate que le ventre d'Alvine Monique Koumaté
« bouge » et se propose de l'opérer pour sauver ses jumeaux. Il demande
l'accord des infirmiers, « sans succès ». Finalement, c'est une cousine «
éloignée », Rose Tacke, qui se rue à la
pharmacie, achète des gants et une « lame » et vient mener l'opération. « Elle
espérait au moins sauver les enfants », raconte un témoin de la scène, encore
sonné par l'horreur. « Les infirmières ont refusé, je vous le jure, refusé de
sauver les enfants de ma fille », répète en pleurant au Monde Afrique Beas Sen,
la mère de la défunte.
Lire aussi : Cameroun : les 33 ans au pouvoir de Paul Biya
laissent les jeunes sans illusion
C'est le scandale de trop. Lassés de ces multiples drames
qui frappent les familles qui se rendent dans les hôpitaux publics, des
Camerounais ont décidé d'agir dès le lendemain du drame. Près de cinq cents
personnes, vêtues de tee-shirts noirs et bougie à la main pour la plupart, se sont rassemblées
devant l'hôpital Laquintinie, sous le regard des forces de l'ordre (police et gendarmerie).
Ils ont entonné l'hymne national et ont demandé surtout « la démission du
ministre de la santé publique », « la démission du directeur de Laquintinie »
et « que Paul Biya agisse pour une fois ».
« Plus jamais de Monique Koumaté dans mon pays ! »,
pouvait-on lire sur des banderoles. Le rassemblement a été dispersé à coups de gaz lacrymogène, mais la colère
continue de s'exprimer sur les réseaux sociaux. « J'espère que ces médecins
brûleront en enfer. Que plus jamais on ne vivra ces événements », écrit un
internaute. « Si tu n'as pas d'argent, tu meurs dans les hôpitaux publics du
Cameroun, réagit un autre sur sa page Facebook. Mieux [vaut que] tu restes chez
toi [pour] mourir au moins dans la dignité. »
André Mama Fouda, le ministre de la santé publique, au cours
d'une conférence de presse tenue le même samedi, a pour sa part expliqué que
Monique Koumaté et ses bébés « étaient déjà
décédés » avant leur arrivée à
l'hôpital Laquintinie et qu'une autopsie serait pratiquée pour préciser
l'heure du décès. Le ministre donne des « éléments » qui mettent selon lui hors
de cause le personnel médical et demande que l'on cesse « de jeter l'anathème
sur l'hôpital public ».
Interpellés, Rose Tacke, la femme qui a effectué l'«
opération », Luc Monga, l'employé de la morgue, ainsi que l'infirmier en chef
et une infirmière ont été libérés mardi. Le collectif d'avocats constitué pour
défendre les deux premiers a annoncé continuer le combat pour que plus jamais
des innocents ne « meurent dans les hôpitaux publics ».(@ sen360)

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