PAS DE BEBE DE VANESSA, ZERO 11 FEVRIER!

Ce jour, 3 février 2012, j’ai appelé Vanessa Tchatchou : un appel téléphonique que je n’oublierai plus jamais. Car au bout du téléphone, une voix déchirée m’a fendu le cœur. ‘Aidez-moi ! On veut me tuer!’, me criait-elle. ‘Aidez-moi! Le commissaire m’a mis quelque chose dans la bouche! On s’est moquée de moi! On m’a insultée!' pleurait-elle. Il était 20 heures 24, le commissaire divisionnaire Pierre Nith venait d’accomplir sur cette jeune mère la sale besogne que lui avait donné la veille en public, le ministre de la communication, Issa Tchiroma : 

prélever la salive de la mère au bébé volé, pour des tests d’ADN qui ne sont faits dans aucun hôpital au Cameroun, tests à comparer avec ceux d’un cadavre qui de toute évidence n’est pas celui du bébé de Vanessa. En plus d’avoir violé son ventre, volé les fruits de ses entrailles, violé ses oreilles par les mensonges d’Etat, violé sa bouche par la police, les ambitions criminelles l’ont insultée et se sont moqués d’elle. Ah, voilà donc les grandes réalisations dont on nous parlait !

Et pendant ce temps, Paul Biya, président de la république du Cameroun comme on nous dit, se trouve dans l’hôtel Intercontinental qui lui sert de maison en Suisse, avec sa nombreuse suite, pour nous dit-on aussi, suivre de près l’éducation de ses enfants à lui qui y vont à l’école. Il a très peu d’échéances devant lui, Paul Biya, à part se reposer de son repos à Kribi, sinon ce 11 février qui approche, au cours duquel il doit lire pour la vingt-neuvième fois un discours que nous connaissons déjà : un autre discours à la jeunesse. Discours à la jeunesse ! Merde ! Tandis qu’à l’hôpital de Ngousso, une jeune femme de 17 ans dont l’enfant a été arraché dans des conditions les plus barbares, dont le corps a été violé de la manière la plus inadmissible, une jeune femme qui après avoir porté pendant neuf mois dans son ventre un enfant, une fille, n’a même pas vraiment eu le temps de serrer celui-ci dans son ventre. Dans le lit de l’hôpital où elle attend depuis six mois, oui, six mois !, Vanessa découvre soudain que cet Etat nommé Cameroun qu’on nous dit être dirigé par un président de la république nommé Paul Biya est au fond pris en otage par des truands qui ne reculent même pas devant un nourrisson.

Compatriotes, quel discours Paul Biya peut-il donc dire ce 11 février 2012 de Genève qui calme les larmes, les pleurs, la colère, la détresse de cette jeune femme dont l’enfant a été volé ? Que peut dire Biya qui ne soit insensé devant cette femme à qui l’Etat du Cameroun doit son enfant ? Elle ne bouge pas de son lit ; non, elle y fait la résistance la plus héroïque que le Cameroun ait jamais connu. C’est que rien, mais alors rien ne peut remplacer un enfant volé, même pas les billets de banque que Tchiroma jette toujours aux familles endeuillées (Koum Koum, Njawe, et autres) avec les compliments de Paul Biya. Rien ne peut remplacer pour sa maman Vanessa, cet enfant que des informations fiables nous disent être entre des mains complices de serviteurs de l’Etat tyrannique qui nous étrangle : dans la maison d’une magistrat de notre république. Rien ne peut remplacer cet enfant dans ce lit d’hôpital où cette Ghandi camerounaise demeure assise malgré la violence policière qu’elle subit, Vanessa. Et depuis, la république émue se lève avec elle, s’émeut avec elle, se scandalise avec elle, se réveille avec elle, se regroupe autour d’elle. Car 
a seule chose que nous voulons, c’est le bébé de Vanessa ! Et la chaine de solidarité est formée : ils sont des centaines, des milliers qui pour elle cherchent, qui n’ont aucune oreille pour la prose roque au beignet haricot de cet homme qu’on nous dit président de la république du Cameroun alors qu’il a fait un coup d’Etat, qu’on nous dit père de famille d’ailleurs, mais qui n’a pas de temps pour le bébé de Vanessa que tous nous recherchons ! Paul Biya peut tenir son discours s’il veut, de son hôtel Intercontinental de Genève s’il veut, ou d’ailleurs de la lune s’il veut, au milieu de ses trois ou deux enfants à lui s’il veut ; nous on s’en fout ! On se fiche pas mal de ce qu’il va dire ce 11 février, car PAS DE BEBE DE VANESSA, ZERO FETE DE LA JEUNESSE !
Patrice Nganang

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