Cameroun : Le Minfof réclame 230 millions aux trafiquants d’ivoire

Ce département ministériel et le WWF contestent un jugement du tribunal de première instance de Yokadouma.
Ce mardi 13 mars 2012, la Cour d’Appel de l’Est à Bertoua va statuer sur l’affaire ministère public et le ministère des forêts et de la faune contre 4 trafiquants des pointes d’ivoire. 
Enrôlée pour la première fois en appel le 6 mars 2012, l’affaire a été renvoyée au 13 mars pour citation des prévenus et comparution de toutes les parties.
Les 4 trafiquants avaient été arrêtés dans le Parc National de Lobéké dans la Boumba et Ngoko, le 12 décembre 2011, en possession de 44 pointes d’ivoires, issues de 22 éléphants tués dont des éléphanteaux, espèce intégralement protégée de la classe A. Les 44 pointes d’ivoire étaient dissimulées dans un camion qui transportait aussi 180 sacs du cacao. Après leur interpellation, les accusés avaient été placés en garde à vue à la prison de Yokadouma et leur camion saisi.

Le 20 janvier 2012, le tribunal de première instance de Yokadouma dans son jugement avait condamné les accusés à un mois d’emprisonnement ferme et à 3.860.000 Fcfa d’amende et de dommages et intérêts. Mais le mandataire, Conseil du MINFOF et de WWF basé à Yokadouma, M Sale Gongali Joseph, avait interjeté appel contre la décision du tribunal.

Réclamations

« Au regard de la loi forestière de 1994 et son décret d’application de 1995, la décision prononcée le 20 Janvier 2012 montre, à regret, la légèreté de l’application de ses dispositions par la justice » avait-t-il commenté. Dans ses réclamations, le Minfof avait produit conformément à la loi, les conclusions stipulant une condamnation de 1 à 3 ans et des dommages et intérêts d’un montant minimal de 230 millions Fcfa. La décision contestée aujourd’hui par le Minfof et le Wwf, apprend-t-on, avait surpris toute la communauté nationale et internationale impliquée dans la conservation des ressources forestières et fauniques.

Selon David Hoyle, Directeur de la Conservation de Wwf au Cameroun, « cette décision de justice a surpris la communauté nationale et internationale qui se trouve scandalisée et choquée ». Surtout que l’ampleur que prend le braconnage au Cameroun aujourd’hui, comme le cas récent du massacre massif des éléphants dans le parc Waza au Nord, est attribuée à la non application stricte aux sanctions prévues par la loi de 1994 portant sur la forêt et la faune par les Tribunaux.

Selon Dr Zacharie Nzooh, Chef de Projet du Fonds Mondial pour la Nature pour Lobéké, au rythme où les éléphants sont abattus au Sud-est Cameroun, dans les 10 à 15 prochaines années, on risquerait de parler de cette espèce emblématique au passé, si le carnage continue.

Les avocats du Minfof s’apprêtent donc à plaider pour une condamnation minimale de 1 à 3 ans et une amende de 230 millions contre ces trafiquants des pointes d’ivoire.
Camerounlink

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