Cameroun : Paul Biya ne répondra pas aux lettres ouvertes de Marafa


De passage à Ebolowa dans la région du Sud après avoir procédé au lancement officiel des travaux du barrage hydroélectrique de Memve’ele, le président de la République, dans une brève interview accordée à la CRTV, affirme qu’il ne veut pas «commenter les commentaires» de Marafa Hamidou Yaya, 

son ancien secrétaire général de la Présidence de la République et ancien ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, aujourd’hui détenu au Secrétariat d’Etat à la défense. 

La courte interview a été diffusée au JT de la télévision nationale samedi soir, 16 juin 2012. « Monsieur le Président, une question d’actualité concernant vos anciens collaborateurs qui sont en délicatesse avec la justice et dont certains s’illustrent par une abondante activité éditoriale. Cela vous laisse-t-il indifférent? », interroge Charles Ndongo. Et Paul Biya de répondre avec un grand sourire : «La justice est indépendante. On la laisse agir et les résultats qui en sortiront, nous les accepterons. D’autre part, je n’ai pas à commenter les commentaires.» 

En effet, accusé de « détournement de deniers publics en coaction et complicité » probablement dans l`affaire de l`acquisition d’un avion présidentiel BBJ-II (Boeing 737800), Marafa Hamidou Yaya a interpelé les Camerounais et Paul Biya lui-même, dans différentes lettres ouvertes adressées au président de la République et aux Camerounais, largement diffusées par la presse : «Il semblerait qu`après mon départ du secrétariat général de la présidence de la République, d`après la lettre en date du 04 septembre 2003 adressée à l`ambassadeur du Cameroun àWashington par la société Boeing et dans laquelle cette société exprimait son étonnement et son embarras, l`on se serait orienté vers l`acquisition d`un Boeing 767-300 VIP en lieu et place du BBJ-II (737-800). Et qu`en attendant la fabrication de ce nouvel aéronef, un avion de type 767-200 d`occasion aurait été loué. C`est ce dernier qui aurait été baptisé L`Albatros. De ce fait, le contrat entre Camair et Gia-International aurait été rompu et notre pays aurait engagé des poursuites aux Etats-Unis à l`encontre de Gia International; poursuites ayant abouti à un jugement en août 2006 à Portland, dans la région de l`Oregon, par lequel le Cameroun aurait été indemnisé», écrit-il. 


Puis, il s’interroge : «Pour quelle raison le ministre de l`Economie et des Finances a-t-il préféré transférer l`argent de Gia International plutôt que d`utiliser la solution sécurisée de la «stand by letter of credit» qui était proposée? Qui a décidé d`utiliser le guichet SNH pour payer les trente et un (31) millions de dollars? Pourquoi avoir décidé d`acquérir un Boeing 767-300 Vip en lieu et place du BBJ-II (Boeing 737-800) déjà fabriqué?» 

Pour Marafa Hamidou Yaya, les réponses à ces questions permettraient d`édifier les Camerounais et prouveront son innocence. Dès lors, écrit-il, «plus que tout autre, je réclame et je revendique toute la transparence à travers un procès équitable, dans le cas où ce serait pour cette affaire que je suis incarcéré, afin que toutes les responsabilités soient établies et que, le cas échéant, l`honneur et la dignité de ceux qui sont injustement incriminés soient restaurés». 
Camerounlink

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