Discutant avec des journalistes lors d’une visite en terre camerounaise qui s’est achevée le 27 juin 2012 dernier, l’économiste en chef de la Banque Mondiale pour l’Afrique a réexpliqué la vision de cette institution sur des questions clés comme l’emploi des jeunes, les subventions de carburant et l’agriculture.
De nombreux experts locaux, même s’ils sont d’accord sur le constat, le sont moins sur les causes et encore moins sur les solutions à mettre en place. Pour Dieudonné Essomba ingénieur statisticien en service au ministère de l’économie, le Cameroun est victime d’un système économique mondial, qui confine des zones comme l’Afrique subsaharienne dont fait partie le Cameroun, à n’être qu’un vaste espace de consommateurs. «Ceux aujourd’hui qui sont les grands opérateurs économiques au Cameroun, les Fotso, les Sohaing et autres, n’ont pas la particularité d’être ceux qui sont le plus allés à l’école et une récente rencontre au GICAM dernièrement l’a encore démontré» explique-t-il. Selon cet expert, le sous-emploi provient d’une combinaison de facteurs aussi complexes que, l’accès à l’éducation que la seule amélioration de la santé ne peut résorber, tout autant qu’une amélioration de l’environnement des affaires ou de la gouvernance. «La vérité est que le système économique au Cameroun est bloqué. Toutes les autres situations ne sont que des facteurs aggravants. De nombreuses personnes aujourd’hui qui sont dans l’informel du commerce notamment, ont la réputation d’être aussi des diplômés de l’enseignement supérieur, qui s’y retrouvent faute de mieux», explique M. Essomba. L’économiste en chef de la Banque Mondiale pour l’Afrique, a reconnu que le problème était complexe et qu’il n’existait pas de solution magique. «Il faudrait déjà que le gouvernement du Cameroun s’y mette. Un bon exemple de solution à ce problème aura été la mise en place des filets sociaux comme au Brésil, des filets qui ont permis l’amélioration des conditions de vie de nombreux paysans. La Banque possède d’autres exemples et expertises dans le monde qu’elle est prête à partager», a-t-il expliqué. Pourtant et à la différence du Brésil par contre, la mise en place de filets sociaux au Cameroun, conduisant à l’amélioration poserait un autre problème, celui du creusement de la balance des paiements, dans un pays qui ne produit pas autant qu’il consomme et où les secteurs à fort potentiel de croissance sont soutenus par les investissements directs étrangers avec possibilité de rapatriement total des bénéfices ou l’aide internationale d’avantage conçue pour renforcer la croissance et la domination des pays donateurs.
@Journalducameroun.com

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