Les islamistes armés, maîtres du nord, confisquent l’aide alimentaire destinée aux populations. Elle fait l'objet d'un chantage peu charitable.
En temps de crise, l’aide humanitaire destinée aux populations est un enjeu.
Chantage alimentaire
Dans un premier temps, ce mouvement a interdit aux humanitaires l’accès au territoire qu’il contrôle. Il récupérait l’aide destinée aux réfugiés à la «frontière» et se chargeait de la distribuer ensuite.
Dans un deuxième temps, ces islamistes se servaient d’abord avant de donner le reste aux vrais destinataires et bénéficiaires. Là encore, n’y a pas droit qui veut mais qui accepte de se soumettre aux diktats des barbus enturbannés du désert. Un véritable chantage alimentaire qui consiste à faire allégeance avant d’avoir de quoi manger.
Ventre affamé n’est pas seulement sourd; il est aussi malléable, taillable et corvéable à souhait. En d’autres termes, ventre affamé n’a le choix que de suivre, à la lettre, ce qui lui est dicté afin d’avoir de quoi se mettre sous la dent. Faire subir cela à des personnes dans le besoin est tout simplement inhumain.
Détournement criminel
Passe encore si c’est le mouvement qui avait déboursé quelque chose pour avoir l’aide. Ce n’est pas le cas. Les «défenseurs de l’islam» l’ont récupérée des mains d’autres bons samaritains pour en disposer à leur guise.
On imagine toute la peine de ces derniers de voir l’usage qui est fait de leurs bonnes œuvres. Malheureusement, ils ne peuvent pas faire grand-chose, au risque de voir les nouveaux maîtres interdire complètement toute aide aux populations qui risquent de pâtir beaucoup plus de cette situation.
Les donateurs semblent être condamnés à assister, impuissants, au double crime qui se commet sous leurs yeux. Un crime de détournement, d’accaparement d’une aide alimentaire doublé d’un chantage consistant à amener des ventres vides à épouser une cause à laquelle ils n’ont pas voulu adhérer de leur plein gré.
Une pratique contraire aux préceptes de l’islam
Pour des gens qui se disent religieux, donc agissant en fonction des préceptes de l’islam qui prône des valeurs comme la solidarité et l’altruisme, c’est à ne rien comprendre. Cette religion interdit également de profiter indûment de ce qui ne vous appartient pas ou ne vous revient pas.
Le faire, c’est se rendre coupable de «haram» ou d’illicéité et, par extension, de péché. En s’accaparant de l’aide alimentaire qui ne lui est pas destinée, Ansar Dine flirte avec le haram.
Comme quoi, la charia devrait être appliquée aussi à ses promoteurs, qui sont tout sauf des saints. Car en plus d’affamer les populations, ils ne se privent pas de les torturer par des flagellations en public.(Slateafrique)

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