Incertitudes politiques, ralentissement économique... et crispation religieuse. Les lendemains de la révolution sont hasardeux. Voire périlleux. Enquête sur un pays sous haute tension.
Mais la troïka au pouvoir est incertaine. Constituée du président Moncef Marzouki (Congrès pour la République, CPR, centre gauche), du chef du gouvernement Hamadi Jebali (Ennahdha, islamiste) et du président de l'Assemblée constituante Mustapha Ben Jaafar (Ettakatol, social-démocrate), elle est jugée lente et incohérente de tous côtés. Bientôt six mois qu'elle est en place, et les régions oubliées par l'ancien régime ne voient rien venir, sauf des ministres dont les projets de développement sont contestés et qualifiés par leurs opposants « d'inventaire à la Prévert » ou « de resucée de l'ère Ben Ali ».
La Constituante n'a guère dépassé la rédaction de l'article 1. Le gouvernement tarde à choisir dans tous les domaines, peut-être alourdi par ses 78 membres ayant rang de ministre, peut-être embarrassé par des personnalités islamistes sorties depuis peu de la prison politique et ignorantes de la chose publique, peut-être obsédé par la crainte de faire des bêtises avant les élections du printemps 2013.
Trois partis au pouvoir, eux-mêmes traversés de courants hétéroclites, cela donne beaucoup de zigzags. Un jour, le ministère de la Justice révoque sans jugement 81 magistrats pour collaboration avec la dictature ou corruption ; le lendemain, il fait savoir que les intéressés peuvent faire appel de cet oukase. Un jour, le gouvernement refuse à tous les fonctionnaires une prime mensuelle de 76 dinars (37,50 euros) accordée l'an dernier à leurs collègues de la primature ; un autre, les Constituants se votent une hausse de plus de 70 % de leur rémunération ; pour finir, le chef du gouvernement annonce une baisse du salaire des ministres et des députés. Un jour, un député islamiste réclame l'inscription de la charia dans la Constitution ; un autre, Rached Ghannouchi, le chef d'Ennahdha, déclare qu'il n'en est pas question. Commentaire de Mahmoud Ben Romdhane, consultant et opposant de toujours : « Les islamistes ne reculent que sous la pression de la société civile. »(Jeuneafrique.com)

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Chers intervenants,
Vous qui réagissez sur ce site , êtes priés de respecter certaines règles ; pas de propos à caractères : racistes, tribaux, antisémites ,xénophobes et homophobes, provocant à l’encontre des autres
Le non-respect de ces règles conduira à des sanctions ; l’effacement des messages sans avertissement et exclusion définitive du site.