Alors qu'il est en visite en France, où il doit rencontrer ce jeudi son homologue François Hollande, le président ivoirien Alassane Ouattara est revenu sur les violences du 20 juillet à Duékoué (Ouest). Assurant qu'une commission d'enquête était sur pied pour que toute la lumière soit faite sur les événements, et que les coupables seraient punis.
Alors qu’aucun de ses partisans n’est encore poursuivi pour
crime de sang pendant la crise postélectorale de 2010-2011, le président
ivoirien n’a pas hésité à le réaffirmer haut et fort, mercredi 25 juillet sur
TV5 Monde : personne ne sera épargné par la justice ivoirienne, notamment pour
les récentes exactions commises près de Duékoué.
Selon l’ONU, au moins sept personnes – une dizaine selon des
ONG - ont été tuées et quarante blessées le 20 juillet quand, en représailles
au meurtre de cinq habitants d’un quartier peuplé surtout de Malinkés, une
foule comprenant vraisemblablement des soldats ivoiriens des FRCI et des
supplétifs dozos (chasseurs traditionnels), a attaqué un camp de déplacés
abritant surtout des Guérés, considérés comme pro-Gbagbo.
« Ce qui s'est passé à Duékoué est parti d'un acte criminel,
que je condamne. Ensuite, un groupe de population a voulu se venger. Ceci est
inadmissible. On ne peut pas faire justice soi-même », a affirmé le président
ivoirien. « Je condamne la violence. J'ai mis en place une commission
d'enquête, nous aurons ses conclusions et nul ne sera épargné », a-t-il ajouté,
à la veille d’une rencontre, jeudi, avec son homologue français François
Hollande
Impunité prégnante
L’attaque a suscité une levée de boucliers de la part des
organisations des droits de l’homme qui estiment que l’impunité règne toujours
en Côte d’Ivoire, plus d’un an après la chute de Laurent Gbagbo. Le Front
populaire ivoirien (FPI), parti de Laurent Gbagbo, a de son côté accusé mercredi
l'armée d'avoir pris part à l'attaque meurtrière du 20 juillet, devant des
Casques bleus restés impassibles, et a dénoncé un massacre.
« Les autorités ivoiriennes et l'Onuci (la mission onusienne
dans le pays) sont responsables de ce drame par leur légèreté, pour ne pas dire
leur connivence dans la gestion de ces événements », a affirmé le FPI dans une
déclaration, à Abidjan.
Lu sur Jeuneafrique.com

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