La Monusco est de nouveau intervenue près de Goma, au Nord-Kivu, pour repousser les attaques des mutins du M23 contre les forces gouvernementales congolaises.
Ils avaient déjà survolé la région, il y a une douzaine de
jours, à la poursuite des mutins du M23. Mardi 25 juillet, après que les
rebelles ont attaqué les forces gouvernementales (FARDC), provoquant
d'importants mouvements de population, des hélicoptères des Nations unies sont
de nouveau entrés en action dans l'est de la République démocratique du Congo
(RDC).
Mamodj Mounoubaï, porte-parole de la Monusco, la force des
Nations unies en RDC, a justifié cette intervention par des « attaques contre
des populations civiles ».
Mardi matin, le M23 a attaqué des positions des FARDC, les
obligeant à reculer jusqu'à environ un kilomètre de Kibumba, une position
importante pour protéger la capitale provinciale du Nord-Kivu, Goma. Les
combats, ponctués de tirs de mortiers, se sont déroulés toute la journée avant
de se calmer. D'après le porte-parole de la Monusco, ces violences ont mis sur
les routes environ 2 000 réfugiés. Aucun bilan des affrontements n'a pu être
obtenu, tant auprès des FARDC que du M23.
"Dernier verrou avant Goma"
Alors que la situation était calme depuis environ deux
semaines, les combats ont repris à une trentaine de kilomètres au nord de Goma.
Ils se sont déroulés autour des localités de Rugari et de Kimumba après que,
selon le major Olivier Hamuli, porte-parole des FARDC dans le Nord-Kivu, les
mutins du M23 ont attaqué les positions de l'armée. Des tirs de mortiers ont
également été entendus par des témoins.
Le colonel Innocent Kayima, commandant des opérations dans
ce secteur pour le M23, a confirmé les combats sans donner plus de précisions
sur le nombre de blessés ou de tués. Selon des témoins, les forces
gouvernementales auraient reculé jusqu'à environ un kilomètre de la ville de
Kimumba, qualifiée de « dernier verrou avant Goma » par un diplomate. Si le M23
devait encore avancer, la situation des 10 000 réfugiés qui se trouvent à Goma
deviendrait catastrophique.
Le M23 est formé principalement d'ex-combattants de la
rébellion tutsi congolaise du Congrès national pour la défense du peuple
(CNDP), intégrés à l'armée congolaise dans le cadre d'un accord de paix avec
Kinshasa le 23 mars 2009, dont ils réclament la pleine application. Le CNDP
était soutenu par le Rwanda.
Depuis le mois de mai, les mutins s'opposent à l'armée
congolaise dans l'est du Nord-Kivu. Ils ont leurs bases dans le parc national
des Virunga, frontalier avec le Rwanda et l'Ouganda. Ils ont récemment pris
plusieurs villes de la province dont le poste frontière de Rubagana.
Tensions RDC-Rwanda
Le mois dernier, le Rwanda a été accusé d'apporter son
soutien actif aux mutins dans un rapport de l'ONU. Ces accusations ont
notamment poussé son allié américain à lui suspendre son aide militaire pour
cette année. Kigali dément aider la rébellion du M23 et accuse en retour la RDC
de soutenir les rebelles hutus des Forces démocratique de libération du Rwanda
(FDLR), actives dans l'est de la RDC.
Les chefs d'État de RDC, Joseph kabila, et du Rwanda, Paul
Kagamé, se sont récemment rencontrés à Addis-Abeba, lors du dernier sommet de
l'Union africaine, et ont convenu de mettre en place une « force neutre » pour
faire cesser les combats. Le gouvernement de RDC a depuis fait savoir que cette
force pourrait être formée à partir de la force des Nations unies présente dans
le pays.
Les chefs d'État de la Conférence internationale sur la
région des Grands Lacs (CIRGL), chargée de « travailler avec l'UA et l'ONU pour
la mise en place immédiate d'une force internationale neutre pour éradiquer le
M23, les FDLR et toutes autres forces négatives dans la région des Grands Lacs
» doivent de nouveau se réunir, les 6 et 7 août à Kampala, pour préciser la
composition et les modalités de déploiement de cette force.
Lu sur Jeuneafrique.com

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