Afrique - Tournèe africaine d'Hillary Clinton - L'Amérique fidèle à ses principes


La tournée entamée hier mercredi en Afrique par la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, s'inscrit très étroitement dans la dynamique des relations non complaisantes entre les Etats-Unis d'Amérique impulsée par Barack Obama. Tout comme lors de la première visite du président américain en Afrique, les pays devant être honorés par une escale de la cheffe de la diplomatie américaine ont été triés sur le volet. 




Le premier chef d'Etat noir américain avait choisi le Ghana pour l'exemplarité de sa démocratie et surtout de sa gouvernance qui traduit une réelle volonté d'émerger. La représentante du locataire de la Maison blanche ne dérogera pas à cette pragmatique bienséance.

Son dévolu a, en effet, été jeté sur le Sénégal, l'Afrique du Sud, le Ghana, l'Ouganda, le Kenya, le Malawi, le Soudan du Sud et e Ghana. Ces pays qui ont en partage la langue de Shakespeare (hormis le Sénégal) ont su, pour la plupart, adopter la culture démocratique anglo-saxonne. Quant à l'Etat le plus jeune du monde, il doit surtout percevoir ce geste américain comme une invite à savoir éviter d'emprunter les chemins tortueux sur lesquels le président dictateur de son voisin du Nord a mené son pays. 

L'ancienne first lady n'hésitera sûrement pas, dans les coulisses, de façon allusive, imagée ou sous le voile de la plaisanterie, à évoquer la situation de Omar El Béchir, wanted par la Cour pénale internationale (CPI), comme épouvantail pour exhorter le président Salva Kiir à aller à l'école de la bonne gouvernance. Le triple signe sous lequel la secrétaire d'Etat américaine a placé son séjour africain de 11 jours en dit d'ailleurs long sur la nature des questions qui seront abordées pendant ses 36 heures de travail. 
Elle marchera sans conteste sur les pas de son patron en insistant sur les principaux axes de la politique africaine des Etats-Unis présentée en juin dernier par le président Barack Obama. Le renforcement des institutions démocratiques, la croissance économique et surtout le maintien de la sécurité seront donc au centre des entretiens de l'émissaire du gouvernement américain. Ce n'est donc pas anodin si elle a entamé son périple par le Sénégal.

Les USA, on s'en souvient, s'étaient opposés à l'intention de l'ex-président sénégalais, Abdoulaye Wade, de se maintenir au pouvoir malgré sa forte impopularité. Le successeur de Gorgui a eu, à travers cette visite de la diplomate américaine, la confirmation du soutien américain à son égard. La secrétaire d'Etat n'a, du reste, pas été avare en compliments en déclarant que le pays de la Téranga était un partenaire africain important et extraordinaire. 

Le président sénégalais et son hôte ont inévitablement abordé la question de la sécurité qui est devenue très critique avec l'inquiétante avancée des terroristes dans la sous-région. La situation dans le Nord du Mali, entièrement occupé par les extrémistes, en est une parfaite illustration et l'on aimerait savoir si la position américaine quant à l'opportunité d'une intervention dans cette partie du pays connaîetra une évolution. Car, la super puissance mondiale, malgré l'important rôle qu'elle pourrait jouer dans une éventuelle opération militaire au Mali, du fait de sa force de frappe et de son expérience en matière de traque de terroristes, rechigne à s'y engager. Pour le reste du bilan des relations afro-américaines, chacun peut y aller de son appréciation selon ses attentes.

Bien des Africains se sont en effet permis de trop rêver d'un changement radical, voire d'une profonde réforme dans la politique africaine du gouvernement américain avec l'arrivée au pouvoir de Barack Obama. Oubliant que ce dernier est noir de peau mais profondément américain d'esprit et dans l'âme, ces rêveurs s'obstinent encore à s'éterniser dans leur léthargie en espérant que le premier des Américains fasse un miracle dans leur vie. Leur réveil sera des plus brutaux car, quel que soit son régime ou l'origine de son chef d'Etat, l'Amérique restera toujours fidèle à ses principes. Ceux qui s'attendent à ce qu'un président noir américain, au nom de ses origines africaines, verse dans la complaisance en développant des politiques favorables à des pays du continent noir qui n'en mériteraient pas, peuvent toujours attendre. Et l'un des charmes de l'american way of life, c'est du reste cette constance dans le respect des principes de transparence et d'équité qui fondent la gouvernance démocratique. 

De l'AGOA au MCC, les exigences du pays de l'Oncle Sam envers les Africains n'ont rien perdu de leur rigueur. Mieux, la barre a été placée encore plus haut pour éviter que l'aide serve à alimenter des pratiques qui seraient de nature à plomber les ailes du développement qu'elle est censée servir. Le chef de l'Etat américain a d'ailleurs fait ce qu'il y a de mieux pour prouver son amour pour le continent qui l'a vu naîetre. Le langage de vérité qu'il a adressé aux dirigeants africains lors de son passage à Accra au Ghana est ce qui manque le plus dans les relations franco-africaines où la complaisance, le laisser- faire et le laisser-aller n'ont d'égal que la démagogie et la flagornerie.

En invitant ses frères africains à préférer aux hommes forts, éphémères parce que mortels, des institutions fortes, qui verront se succéder plusieurs générations et résisteront à plusieurs siècles, Obama met le doigt à la fois sur le véritable problème de l'Afrique et les solutions idoines pour y remédier. Vivement que Hillary Clinton poursuive son oeuvre en mettant à profit sa tournée qui est avant tout une prime à la démocratie, pour rappeler aux Africains que leur histoire, c'est eux-mêmes qui l'écriront. En bien ou en mal, c'est à eux de choisir et, bien sûr, d'assumer ensuite les conséquences de ce choix.allafrica.com
Source : Allafrica






Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Chers intervenants,

Vous qui réagissez sur ce site , êtes priés de respecter certaines règles ; pas de propos à caractères : racistes, tribaux, antisémites ,xénophobes et homophobes, provocant à l’encontre des autres

Le non-respect de ces règles conduira à des sanctions ; l’effacement des messages sans avertissement et exclusion définitive du site.