D’après lui, Gia a seulement viré 2 millions de dollars à Boeing, contrairement aux 4 millions régulièrement avancés.L’on attendait d’autres témoins, mais l’accusation a de nouveau appelé devant la barre Hubert Patrick Marie Otélé Essomba, Dg de Apm Cameroun. Il a audité les contrats de location d’avions signés entre la Camair et des loueurs d’avions.
Et c’est sur cette expertise que s’est fondée l’accusation
pour établir les responsabilités d’Yves Michel Fotso et Marafa Hamidou Yaya
dans l’affaire concernant l’achat de l’avion présidentiel pour lequel ils sont
poursuivis pour co-action de détournement de deniers publics, et complicité de
coaction de détournement de deniers publics évalués à 29 millions de dollars.
Soit environ 24 milliards de Fcfa.
Hier, Otélé Essomba a poursuivi sa charge contre Yves
Michel Fotso. Dans un premier temps, il a essayé de démontrer que des 4
millions de dollars versés à Boeing via Gia, et confirmés par Jérôme Mendouga à
l’époque ambassadeur du Cameroun aux Etats-Unis, seulement 2 millions de
dollars ont été effectivement virés par Gia. Les 2 autres millions ont été
virés directement par la Camair.
Ceci un an après le virement des 24 milliards de la Snh à
Gia et alors que les biens de Gia, tombée en faillite, avaient déjà été
transférés à l’entreprise TLL pour un dollar symbolique.
Nous avons par ailleurs appris de la bouche du témoin de
l’accusation que 2, 757 milliards Fcfa, argent au départ destiné au « règlement
des échéances du Boeing 767-200 débité sur le compte de la Camair à la Cbc »,
ont été décaissés des guichets de Cbc à Douala, sur le compte de l’entreprise
Beith Limited. Il poursuit : « l’argent arrivé le 27 mars, le même jour a été
entièrement décaissé par deux chèques de guichet ».
Soit 1, 342 milliard Fcfa par un certain Davoum Saïbou et
un deuxième chèque par un certain Pimkié à hauteur de 1, 442 milliard Fcfa. Tout en relevant quand même
que le lendemain, l’Adg de la Camair signe « un contre-ordre» ordonnant que «
l’on mette l’argent sous séquestre en attendant le règlement du conflit
Gia-Camair».
En plus de ces accusations, le ministère public a présenté
un ensemble de documents tendant à justifier le fait que Beith Limited
appartenait à Yves Michel Fotso. Des documents qui parlent de lui en terme d’ «
Ayant droit économique ». C’est-à-dire propriétaire à part entière de
l’entreprise. Pour mieux comprendre le rôle de cette entreprise, il faut savoir
que les 29 millions de dollars ont été virés en deux tranches : une première de
16 millions de dollars (12.5 milliards FCfa) effectué le 23 août 2001, et une
2e de 13 millions de dollars (10 milliards de F Cfa) effectuée le 24 août 2001.
Ajouté à ces deux virements les 2 millions de dollars (1.5
milliards de F Cfa) virés à la Cbc pour le déposit devant servir comme caution
de l’avion, soit un total de 31 millions de dollars (24 milliards de Fcfa).
Puis, 16 millions de dollars ont été virés à Beith Ltd dans son compte
domicilié à la Cbc Douala par Bank of America sur ordre de Gia.
Jusqu’ici, tout allait bien pour Marafa Hamidou Yaya
jusqu’au moment où le procureur de la République produit une lettre signée
d’Yves Michel Fotso et datée du 8 septembre 2003, avec pour objet : «
Concernant le BbJ-II » et adressée à Marafa Hamidou Yaya. Ce dernier n’est plus
Sgpr, mais ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation.
Par ailleurs, il a affirmé n’avoir plus été informé sur le processus d’achat de
l’avion présidentiel, après son départ du secrétariat général de la présidence
de la République.
Or, nous sommes en 2003. Le ministère public interroge le
témoin : « est-ce que le Minatd devait en être informé ? A Otélé Essomba de
souligner : « la tutelle technique de la Camair c’est le ministère des
transports et la tutelle financière le ministère des Finances ». C’est alors
qu’il produit une déposition de Marafa où l’ex-Minatd soulignait que : « malgré
mon départ de la présidence de la République, j’ai continué à suivre le
processus d’acquisition d’un avion pour le président de la République. Le
nouveau Sg-pr et le Minfi ont remis en cause le montage financier ».
Sur cette base, le procureur de la République, pour
souligner les affinités entre Yves Michel Fotso et Marafa, lit au tribunal une
déclaration de Fotso contenue dans le Journal le Jour, faite dans une chaîne de
télévision en 2008 où il déclarait : « Je ne suis pas l’ami du ministre d’Etat
Marafa Hamidou Yaya, je suis l’ami de Marafa Hamidou Yaya. Je le connais avant
qu’il ne devienne ministre ». Une déposition à l’issue de laquelle la défense
des trois accusés a refusé de répliquer par le contre interrogatoire du témoin.
Source : cameroononline

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